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HOMMES DE MON PAYS (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



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HOMMES DE MON PAYS

Dans nos montagnes il y a des hommes,
ce sont des amis de la nuit;
leurs yeux brillent du noir des chèvres,
leurs gestes raides comme la pluie.
Ils ont pour maître l’olivier,
simple vieillard aux bras croisés.
Eux,
leurs mains sont de chardons,
leurs poitrines sanctuaires,
« le ciel tourne autour de leurs fronts,
comme un insecte lourd à la chaude saison ».
Dans nos montagnes il y a des hommes,
qui ressemblent au tonnerre,
et savent que le monde est gros comme une pomme.

(Nadia Tueni)

 

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Mais j’ai peur parce que bientôt… (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




Après tout ce vent et ce froid,
Il faisait bon se chauffer près du feu.
Je n’ai pas fait attention à mon coeur,
Et on me l’a volé.

La fin du nouvel an se prolonge solennelle,
Roses du nouvel an, vos tiges sont humides.
Dans ma poitrine on ne sent plus
Le tremblement des sauterelles.

On sait bien qui est le voleur.
Je l’ai reconnu à ses yeux.
Mais j’ai peur parce que bientôt… bientôt…
Il va rapporter son butin lui-même.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Chanson de la dernière fois (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



Chanson de la dernière fois

J’avais froid sans recours à la poitrine.
Et pourtant je marchais légèrement.
J’ai mis par mégarde à la main droite
Le gant de la main gauche.

J’ai pensé: il y a beaucoup de marches.
II y en a trois. Je le savais.
Entre les érables une voix d’automne
Me chuchotait: «Meurs avec moi! »

II m’a trompée, il est lugubre,
Il est changeant, méchant, mon destin.
J’ai répondu: «Mon amour! mon amour!
Moi aussi. Je vais mourir avec toi! »

C’est la chanson de la dernière fois.
J’ai jeté un coup d’oeil dans la maison obscure.
Rien, sinon, près du lit, dans la chambre,
Les bougies, leur lumière jaune, indifférente.

(Anna Akhmatova)

 

 

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La vraie tendresse, on ne peut la confondre avec rien d’autre (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



La vraie tendresse, on ne peut la confondre
Avec rien d’autre. Et elle est calme.
Tu prends soin d’entourer de fourrures
Mes épaules, ma poitrine. Tu as tort.
Tu as tort de prononcer des mots dociles,
De parler d’un premier amour.
Je connais bien ces regards,
Insistants, jamais repus, tes regards.

(Anna Akhmatova)

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Hier soir j’ai donné à une étoile (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 

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Hier soir j’ai donné à une étoile un message pour Toi :
« Présente », lui dis-je, « mon hommage à cette beauté de lune ».

Je m’inclinai, et dis : « Apporte cet hommage au Soleil
Qui dore l’ âpre roc de sa brûlure ».

Je dénudai ma poitrine, je lui montrai mes blessures.
« Donne des nouvelles de moi », dis-je, « à cet Aimé qui s’abreuve de mon sang ».

De çà de là me balançai, pour que l’enfant — mon coeur — s’apaise,
— Bercé, l’enfant s’endort dans son berceau —.

Ô toi qui à chaque instant soulages cent déshérités comme moi,
Donne à mon coeur-enfant le lait, délivre-nous de ses pleurs !

La demeure du coeur, de toute éternité, est la cité de l’union.
Combien de temps laisseras-tu dans l’exil ce coeur désolé ?

(Mawlana Rûmî)

 

 

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L’amour (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 


    
L’amour, c’est s’envoler vers le ciel;
l’amour, c’est déchirer cent voiles à chaque souffle

Dès le premier souffle, interrompre le souffle;
dès le premier pas, se couper des pas

Regarder ce monde comme rien, et regarder son propre regard
Je dis: «ô mon cœur, sois le bienvenu, pour ton arrivée au cercle des amants»

Regarder au-delà du regard,
courir dans les ruelles des poitrines
(…)

S’il n’aimait pas d’amour,
le firmament ne contiendrait pas en son sein la pureté

Si le soleil lui-même n’aimait pas d’amour,
sa face n’aurait pas en elle cette clarté

Si la terre et les montagnes n’aimaient pas d’amour,
les plantes, de leur ventre, ne pourraient pas pousser

Et si la mer n’avait eu vent de l’amour,
elle aurait trouvé une attache où se poser

Toi, aime d’amour afin de connaître l’amour,
sois fidèle pour voir la fidélité

Ce fardeau du dépôt, le ciel l’a refusé,
car il aimait d’amour, il eut peur de manquer

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Une légère brise (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017




    
une légère brise pousse les nuages blancs
vers les montagnes bleues
je marche au milieu des chênes et des hêtres
sur un chemin silencieux
ma joie, qui peut la comprendre

je ne ramène rien de la forêt
ni bois mort ni champignon
je cueille seulement un bouquet de silence
qui brûle doucement dans ma poitrine

dans l’herbe sèche piquée de fleurs jaunes et bleues
le vent soulève des vagues d’or
le ciel de septembre est vide et bleu
en bas, à travers les buissons d’aubépine
je vois la rivière qui serpente au fond de la vallée

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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La campagne s’abandonne (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



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La campagne s’abandonne au premier ruisseau venu.
C’est contre ses berges, c’est par-dessus son eau
qu’elle arrondit sa pleine poitrine d’herbes,
c’est en lui qu’elle se sent la plus nue.

On passerait sa vie à rester immobile
loin des villages caillés, loin des routes trop sûres,
avec la respiration du jour sur le visage,
avec le bleu du ciel dans la bouche entr’ouverte.

On voudrait mourir ici
avec le soleil soudé aux yeux comme une applique,
avec la tête prise dans la grande maille de l’espace,
avec au cou le collier des moissons.

Mais je reste tout entier dans la pierre
que le silence a jetée du haut du monde,
retenu seulement par le fil
que mon coeur tend à mon poignet.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Les allées du jardin, une à une, sortent de l’ombre (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



Les allées du jardin, une à une, sortent de l’ombre,
et le premier oiseau et la première abeille
Encore mal dégagés de la chevelure des ténèbres et des rumeurs
Dans leur vol liquide se cognent contre les étoiles et les fleurs.
Poète, à mon métier, tandis que se défait l’immense toile d’araignée céleste,
la page du cahier où je travaille et que j’oubliais sur l’écritoire
Fut un miroir à son dernier quartier où toute la nuit s’est penchée, où vinrent boire,
Écartant les souffles lascifs des roseaux, les bêtes nocturnes, la source nue
Et je n’ai, sur le calque de leurs traces, qu’à repasser à l’encre par-dessus.

J’écris avec les pattes des lièvres qui n’ont cessé de courir dans les prés,
Avec le frôlement de la sauvagine et des astres,
et tout ce qu’ils auront à me dire je ne le saurai que bien après.
J’écoute la joie de vivre et de sentir battre un cœur universel dans ma poitrine.
Et l’aube me reçoit debout, pasteur des mots,
comme un à qui l’on confia un troupeau et qui se réveille le gardien des collines.

(Jean Malrieu)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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Dans la tiédeur des noyers (Francis Tessa)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Dans la tiédeur des noyers tout est clos par le midi d’été.
Battent seulement les poitrines, touches dispersées en silence

(Francis Tessa)

Illustration: Vladimir Kush

 

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