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Posts Tagged ‘poitrine’

A TRAVERS LES RUELLES SOUILLEES (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

Otto Dix   Painting 032 [1280x768]

A TRAVERS LES RUELLES SOUILLEES

En courant, j’atteignis la porte,
sur mon front et sur ma poitrine,
les perçant de gouttes alertes,
la terreur soudain s’installa.
J’inspectai le ciel et le rauque
aboiement des armes, tout comme
le pas pressé de mes comparses,
martelait mon coeur. Des étoiles
brillaient bien au-dessus de moi.

Temps lointains, temps d’après l’orage
largement enrichis d’ozone,
vous dont je crois à la venue,
gardez-nous en votre mémoire
hommes et filles d’un bonheur
futur, nous qui nous faufilions
à travers les ruelles souillées,
dans la dispersion et la crainte,
tendant une main hésitante
pleine d’amour à la recherche
d’un chaleureux embrassement
pour qu’en naissent vos âmes fortes.

(Gyula Illyès)

Illustration: Otto Dix 

 

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Chant de mai (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020


Chant de mai

Les oiseaux chantent avec ravissement
Loin dans l’épaisseur du bois ;
Les champs ensoleillés s’étendent
Sous les gracieux rayons de mai.
Les ruisseaux murmurent doucement
A travers la campagne fleurie
Où jubile l’alouette.
Oh peut-il se donner chose plus belle
Que le mois de mai, que le seul mai ?

Ce qui m’attristait le coeur,
Le faisait sombre et désemparé,
Ce qui était vaste désert et frisson,
Cela est à présent rayonnant de soleil.
Les fleurs se dressent gracieuses
Dans les prés aux riches éclosions,
Où bourdonnent les abeilles.
Oh peut-il se donner chose plus belle
Que le mois de mai, le seul mai ?

Ô plénitude infinie
De pure béatitude !
O délice, oh enveloppe
Mon coeur avec sa peine
Fais passer et s’évanouir
Ce qui ne murmure pas sur mon coeur
Comme des souffles printaniers !
Oh peut-il se donner chose plus belle
Que le mois de mai, le seul mai?

Je voudrais me plonger
Dans cette mer de volupté ;
Cette douce pensée
Soulève déjà de joie ma poitrine.
Je voudrais t’embrasser
Et ne plus jamais me séparer de toi,
Ô printemps, viens, entre!
Il ne peut rien se donner de plus beau
Que le mois de mai, que le seul mai!

(Friedrich Nietsche)

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Imitation des fleurs (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2020



Illustration
    
Imitation des fleurs

Puisque l’on vous dit
Que les fleurs parlent,
N’écoutez plus les gigolos.
Imitez donc les abeilles
Les papillons, les coccinelles.

Les lilas sont infidèles
Bien plus que les artichauts.
Les chardons et les résédas.
Imitez donc la glycine tendre
Comme la poitrine d’un oiseau.

Votre emblème n’est-il pas la pensée
Cœur clairvoyant fleur sincère
Aussi fragile qu’une larme.

Mais après les fleurs de la terre
Acceptez toutes les fleurs du ciel
Qui chantent le jour, rêvent la nuit.

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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L’ennui (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2020


Des usines où l’ennui sévit
sortent des ouvriers
qui portent ses couleurs
nul d’entre eux n’a fait le tour du monde
pas plus que la fille qui ramène
le lait glacé et le pain blême
et quand tout le monde est rentré
pour tromper l’attente éternelle
elle chante seule
le chant nuptial
qui vit dans sa rose poitrine.

(Jean Follain)

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A MINUIT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



 

Sam Wolfe Connelly    jjrl [1280x768]

A MINUIT

La logique a sombré en la ténèbre.
Dans le vide se déchaîne
L’effrayant Non-sens.
Le chaos des idées
Chauffe la tête au rouge,
Oppresse la poitrine,
S’abîme dans l’obscur.

La rivière murmure dans le lointain noir.
Tout souffre.
Les idées sont en feu.

La flamme invisible
Brûle minuit,
La malédiction de l’inexorable
Oppresse la poitrine,
Cingle le visage

Âpre Non-sens.
Temps mort.
O mort,

Aie pitié de nous!

(Srecko Kosovel)

Illustration: Sam Wolfe Connelly

 

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POÈME AVANT LA MORT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

Zdzislaw Beksinski .11

POÈME AVANT LA MORT

Tous atteindront le but,
Moi seul ne l’atteindrai pas…
Gorgé de feu, comblé de forces,
Inexploité, j’irai au tombeau.

Le feu dans ma poitrine brûlera,
Mais ne saura en cendres me réduire,
Intact, je tendrai au repos
Mais je ne pourrai m’endormir.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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LE VILLAGE KARSTIQUE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020


 


 

LE VILLAGE KARSTIQUE

I
Seul
par le village.
Dans la nuit
hurlent les espaliers
— le bora escalade
les murs, cogne
à la vitre : « Qui ? ,

La fenêtre éclaire
la nuit.
Et au bout du village
le pin gémit,
tressaille
quand il me reconnaît.

II
Les toits abrupts dans l’ombre
dorment;
toits de chaumes, toits de pierre,
lugubres tous
avec leurs fronts bas.

Les gens ont les bras croisés
sur la poitrine.

Comment ?
Pourquoi ?
« Meurs, ou reviens sur tes pas! »

III
L’océan des pins
mugit sombrement
— l’Adriatique, martèle le rivage,
cogne les ténèbres,
le bora heurte
la fenêtre morte.

La nuit pèse sur le village karstique.
Qui désespère ?
Qui se lamente,
que je le maudisse
en ce coeur malade ?

Qui ?

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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Quand j’étais petite (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020




    
Quand j’étais petite
la nuit se tenait devant notre porte
et elle chantait d’étranges chants.
Pour les oiseaux qu’on ne voit pas.
Pour les pierres du chemin.
La nuit chantait
et moi
je dormais ou je veillais ?
Est-ce que je rêvais ?

Est-ce que je suis seule à entendre
le chant de la nuit sur la terre
aux portes des maisons ?

Qui berce le sommeil de ceux qui rêvent ?

La nuit a été une voix
qui m’a gardée
de toutes peurs.

Et puis la nuit s’est tue
et je suis restée seule.

Je suis sortie sur le seuil de la maison
J’ai appelé très doucement
Aucun son ne m’a répondu.
Dans ma poitrine
l’écho.

Assise sur le seuil
J’ai pleuré.
J’ai attendu le matin.
Et rien.

La nuit s’était tue pour toujours.

Je suis partie.

(Jeanne Benameur)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: L’exil n’a pas d’ombre
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Je ne recherche point de rimes (Adam Mickiewicz)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



 

Walenty Wańkowicz  Mickiewicz

Je ne recherche point de rimes, de syllabes, ni de glose,
J’avais tout écrit avant comme devant vous je cause,
Je frappe seulement ma poitrine, il en jaillit une source;
Et si une étincelle de Dieu surgit en sa course,
Elle n’est pas l’enfant du rêve, pas même de la raison;
Elle me vient sur l’aile de Dieu, vêtue d’inspiration…

(Adam Mickiewicz)

Illustration: Walenty Wańkowicz

 

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Que seront milliers d’amours vives (Lord Byron)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2020


 


 

Atsushi Suwa - (23)

Que seront milliers d’amours vives

Préserve encor cette amour entière,
Ou brise la poitrine qui te presse.
Le Temps faiblit l’amour, mais ne la prive
De l’espoir enfui, qui la fait plus forte:
Oh! que seront milliers d’amours vives
Pour qui ne peut délaisser l’amour morte?

(Lord Byron)

Illustration: Atsushi Suwa

 

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