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LES GARS QUI VONT A LA FÊTE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Aymeric Noa

    

LES GARS QUI VONT A LA FÊTE

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Pour y boire chopinette,
Y goûter le vin nouveau,

Y tirer la carabine,
Y sucer le berlingot.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Sont rasés à la cuiller,
Sont raclés dessous la peau,

Ont passé la blouse neuve,
Le faux-col en cellulo.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Y faire danser les filles,
Chez Julien le violoneur,

Des polkas et des quadrilles
Et le pas des patineurs.

Le piston, la clarinette
Attendrissent les costauds.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau.

On boit à la riginglette
Si le branle donne chaud.

Quand ils ont bu, se disputent
Et se cognent sur la peau,

Puis vont culbuter les filles
Au fossé sous les ormeaux.

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau,

Reboivent puis se rebattent
Jusqu’au chant du premier jô,

Le lendemain on en trouve :
Sont couchés dans le ruisseau…

Les gars qui vont à la fête
Ont mis la fleur au chapeau.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Bal (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



Bal

De joie de se trouver réunies après tant de vicissitudes,
les premières fleurs de retour se décident à donner un bal
avant de reprendre leur forme primitive.

Enfin l’orchestre commença,
il était entièrement composé de rossignols
membres du conservatoire de la Fée de la musique.
L’oiseau bleu le dirigeait, en marquant la mesure
avec un bâton d’or inscrusté de diamants.
Les musiciens jouèrent d’abord une contredanse,
puis une polka, puis une valse,
ainsi que cela se pratique maintenant dans les salons du grand monde.

Au bout de deux contredanses les fleurs se sentirent fatiguées.
Comment avons-nous pu voir un plaisir dans la danse,
se disaient-elles avec étonnement?
La belle-de-nuit elle-même ne comprenait pas la passion
qu’elle avait eue pour les bals masqués.
Tous ces pas, disait le lis,
ne valent pas le doux balancement que m’imprime le zéphire.

Elle a raison, répétèrent toutes ses compagnes, plus de danse,
allons supplier la Fée de mettre fin à notre métamorphose,
et de nous rendre aux doux balancements du zéphire.
En reconnaissant leur ancien asyle,
le premier sentiment qu’elles éprouvèrent fut un sentiment de joie
auquel succéda bientôt la crainte.
Quel accueil allait leur faire la Fée?
Elles étaient parties malgré elle, sans vouloir écouter ses sages avertissements.
Maintenant les trouverait-elles assez punies, consentirait-elle à les recevoir?

(J.J. Grandville)

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Les rennes (Gérard Bialestowski)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016



Les rennes

allons enfants de la toundra
voir passer le roi des rennes
il nous apprendra la polka
que l’on danse en Alaska
quand sept jours font une semaine

(Gérard Bialestowski)

 

 

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Dimanches (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2015




Dimanches

Oh ! ce piano, ce cher piano,
Qui jamais, jamais ne s’arrête,
Oh ! ce piano qui geint là-haut
Et qui s’entête sur ma tête !

Ce sont de sinistres polkas,
Et des romances pour concierge,
Des exercices délicats,
Et La Prière d’une vierge !

Fuir ? où aller, par ce printemps ?
Dehors, dimanche, rien à faire….
Et rien à fair’ non plus dedans….
Oh ! rien à faire sur la Terre !….

Ohé, jeune fille au piano !
Je sais que vous n’avez point d’âme !
Puis pas donner dans le panneau
De la nostalgie de vos gammes….

Fatals bouquets du Souvenir,
Folles légendes décaties,
Assez ! assez ! vous vois venir,
Et mon âme est bientôt partie….

Vrai, un Dimanche sous ciel gris,
Et je ne fais plus rien qui vaille,
Et le moindre orgu’ de Barbari
(Le pauvre !) m’empoigne aux entrailles !

Et alors, je me sens trop fou !
Marié, je tuerais la bouche
De ma mie ! et, à deux genoux,
Je lui dirais ces mots bien louches :

« Mon cœur est trop, ah trop central !
Et toi, tu n’es que chair humaine ;
Tu ne vas donc pas trouver mal
Que je te fasse de la peine ! »

(Jules Laforgue)

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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La polka du roi (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2015



 

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La polka du roi

Voulez-vous danser, marquise?
Voulez-vous danser le menuet?
Vous serez vite conquise
Donnez-moi la main, s´il vous plaît

{Refrain:}
Ah ah ah ah, ah ah ah ah
Entrons en danse, quelle cadence
Ah ah ah ah, ah ah ah ah
Le menuet c´est la polka du roi

Pendant que le marquis sommeille
Je veux poser un baiser sur vos doigts fluets
Et sur votre bouche vermeille
Moi, pour l´amour, je suis toujours prêt

{au Refrain}

Montons sans faire de tapage
Tout en dansant le menuet là-haut
Montons jusqu´au troisième étage
Du bonheur nous aurons bientôt

{au Refrain}

J´enlève votre jolie robe
Et, doucement, j´ouvre votre corset
Votre perruque est mal commode
Il faut vous en débarrasser

{au Refrain}

Oh doux émoi, minute brève
C´est dans la joie, la soie et le satin
Que j´accomplis mon plus beau rêve
Chérie, je vous possède enfin!

{au Refrain}

Mais soudain! Qu´y a-t-il marquise?
Je ne vous sens plus très bien dans mes bras
Vous fondez comme une banquise
Expliquez-vous, je ne comprends pas!

{au Refrain}

Hélas, Monsieur, je suis en cire
Et vous, vous êtes au Musée Grévin
Louis XIV? ah triste sire!
Nous ne sommes plus des humains

Ah ah ah ah, ah ah ah ah
Finie la danse, plus de cadence
Ah ah ah ah, ah ah ah ah
Ainsi s´achève la polka du roi!

(Charles Trenet)

Illustration: Abraham Bosse

 

 

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