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Poésie

Posts Tagged ‘pollen’

Vérité du coeur (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018



Vérité du coeur : un moment hors du temps,
Grain de pollen à la dérive,
Si fin, si petit,
D’or sur le souffle de l’esprit
Semé dans cette chambre calme.

***

Heart’s truth: a moment out of time,
Pollen grain adrift,
How small and fine,
Golden upon the spirit’s breath
Into that quiet chamber sown.

(Kathleen Raine)

 

 

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LIT DE RIVIÈRE (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2018



Illustration: Josephine Wall

    

Entends la palpitation de l’espace
Ce sont les tambours de l’été
Les pas de la saison en rut
Sur les braises de l’année
C’est son bruit d’ailes et de crotales
Sous sa robe de racines et d’insectes
La terre crépite
La soif s’éveille élève
Ses grandes cages de verre
Là tu chantes ta chanson furieuse
Ta chanson heureuse
D’eau captive
Tu chantes nue
De pollen le visage
Les seins et le ventre tachés
Sur le paysage aboli
Ton ombre est un pays d’oiseaux
Que le soleil disperse
D’un geste

(Octavio Paz)

 

Recueil: Versant Est
Traduction: Yesé Amory,Claude Esteban,Carmen Figueroa,Roger Munier,Jacques Roubaud
Editions: Gallimard

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Aigle (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



dans tes épaules serres brûlantes
braises sans nombre entredévorées
en chocs d’avril ailes toutes harpes
sont ruisseaux de clarté qui t’inondent

souffles de force en circuits de rires
mer au soleil de muscle empennée
palpites aigle en envols de grives
tempête d’aile : un mai de pollen

(Bernard Manciet)

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Leucanthemum (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



 

Leucanthemum

Lorsqu’une caravane de fourmis passe sous les touffes des marguerites,
les architectes s’arrêtent et laissent aller devant eux les ouvriers.
Ils les laissent monter sur des échelles de poils jusqu’à la moulure du calice,
empoigner les pucerons gorgés et les charger comme des sacs de farine sur leur dos.
Parfois, un bourdon s’écrase sur la plate-forme de la fleur
et déverse entre les pétales une tonne de pollen :
les ouvriers reviennent tout jaunes et retrouvent au sol les architectes
qui contemplent encore ces colonnes charnues portant les chapiteaux où s’appuie la voûte des nuages.

(Luc Dietrich)

Illustration

 

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COMPARAISONS (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018


 


Ettore Aldo Del Vigo  1

 

COMPARAISONS

Comme dans le sommeil, quand tu passes
A l’autre éclat de la nuit.

Le corps, le vêtement, le fruit.

Comme dans le sommeil, comme en amour,
Quand tu t’abandonnes totalement.

Tu restes sans corps, nu.

Le jour, la nuit, le temps,
Une histoire imaginaire.

Comme si les murs s’ouvraient en dedans, comme
s’ils faisaient choir
Les miroirs trompeurs qui nous couvrent,
Nous passons à travers un rêve,
Un rêve incessant atteint par la nuit.

Sans cloche et sans réveil.

Comme si nous passions dans le cercle des
Incorporels
Dans un isolement parfaitement clos.

Comme une lampe, qu’on a oubliée
Dans une chambre vide et fermée,
Seule, toute seule dans la solitude.

Qui nous connaîtra, qui nous soupçonnera ?

D’autres yeux, d’autres secrets
Derrière ces murs
Derrière les gardiens.
D’autres ombres déambuleront dans les chambres
Frôlant les choses, nos choses
Plus fragiles et rendues plus denses par notre amour.

Habitués, obéissants, et à peine délaissés
Ils recherchent des mains serrées comme nos mains,

Ils recherchent nos yeux messagers.

Ainsi que des fruits, qui ont mûri
Et restent encore suspendus au soleil,
Attendant l’oiseau, la main et la faucille,
Ici, se tiendra l’arbre de la cour,
Seul, stérile, désespéré.
Sans ailes et sans pollen
Dans un calme terrible.
Ici se penchera la fenêtre dans le vide,
Comptant le vent : doit-il tomber, ne pas tomber,
Notre toit toujours frais, comme au printemps ?

Au-dessus de lui un ciel désertique.

Jusqu’à ce que vienne Avril en son lent avenir
Avec tout l’éclat et la gloire, jusqu’à ce que vienne Pâque la Grande

Avec les nouvelles jacynthes, avec les ressuscités.
Pour que je te pare de la pourpre royale dans ta grande fête,
Bijou de grand prix :
Afin que tu sois beau parmi les beaux.

(Georges Themelis)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Pollen (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Blessure d’âme appel de la
plante en péril Les corolles
s’empourprent au passage
des dieux

(Edmond Jabès)

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LA GLOIRE DE LA MORT (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Illustration: Frederic Leighton
    
LA GLOIRE DE LA MORT

c’était un matin voluptueux
véritable résumé des temps hellénistiques
la certitude se répandait alentour
comme le pollen des fleurs
tandis qu’avec assurance et savoir-faire
Épicure établissait sa théorie
sur la mort
plus convaincant encore que le matin
qu’il avait choisi pour son cours
la mort n’est rien pour nous
répétait-il avec insistance
comme s’il cherchait à convaincre la mort elle-même
et non pas ses élèves
comme s’il attendait que le plus fervent
se dresse et interrompant
sa théorie dise
que la volupté régit tout
et que si elle ne peut nous retenir à la vie
elle nous retient pour toujours à la mort

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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HIÉROGLYPHE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

HIÉROGLYPHE

Le langage des murs.
Ou un dernier mot—
coupé
du visible.

Premier mai. La métamorphose
du sceau de Salomon
en pierre. La juste
damnation du chemin
tracé, effiloché dans les remous
de la mémoire-pollen
et graine. N’
apparais pas, Eden. Reste
dans la bouche des condamnés
qui te rêvent.

Sur tonnerre et épine : l’air furtif
arme
le genêt foudroyant et le silence
de chaque ciel fauve
au-dessous. Sang Hébreu. Ou ce que
traduit
le retour de mon corps
à une image de terre.

Ce couteau
que je tiens contre ta gorge.

(Paul Auster)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Aujourd’hui, c’est un envol de libellules (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




    
Aujourd’hui, c’est un envol de libellules
qui devient nuage

et le nuage
un tourbillon de pollens

tout est si libre, si
léger, j’existe à peine

je m’abandonne sans défense
à l’esprit de l’air.

(Claude Esteban)

 

Recueil: La mort à distance
Traduction:
Editions: Gallimard

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Papillon de mer et de chemin (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Viens
à ta fragile forteresse
de papier et de brise
papillon de mer et de chemin.

Sel de lumière
ombre dorée
feu de poussière
pollen vivant.
Ceci est ta maison.

(Luis Mizón)

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