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Poésie

Posts Tagged ‘pommier’

Pâques (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



Pâques

Des pommiers, se détachèrent, tous blancs,
les premiers papillons; ils jouaient deux par deux,
S’acheminaient vers l’orient…
Nous ouvrîmes les yeux.

(André Frénaud)


Illustration

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Quand tu passas sous le pommier (Eugène Savitzkaya)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2020



    

Quand tu passas sous le pommier
ton sein était ferme
ronde et forte ta cuisse
doucement moussu de bouclettes ton ventre
je me souviens d’une rose
profonde écarlate
comme d’une fureur fraîche
je mangeai l’herbe avec
la fleur, est-ce du vol ?

(Eugène Savitzkaya)

 

Recueil: A la cyprine
Traduction:
Editions: Les Editions de Minuit

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PORTRAIT D’UNE DAME (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



 

Jean-Honoré Fragonard - Young Woman Playing with a Dog

PORTRAIT D’UNE DAME

Vos cuisses sont des pommiers
dont les fleurs touchent le ciel.
Quel ciel ? Le ciel
où Watteau suspendit une pantoufle
de femme. Vos genoux
sont une brise du sud — ou
une rafale de neige. Ah ! quelle
sorte d’homme était ce Fragonard ?
— comme si cela répondait
à quoi que ce soit. Ah, oui — au-dessous
des genoux, puisque par là
s’écoule la musique, c’est
un blanc jour d’été,
les hautes herbes de vos chevilles
tremblent sur le rivage —
Quel rivage ? —
le sable se colle à mes lèvres —
Quel rivage ?
Ah, des pétales peut-être. Comment
le saurais-je ?
Quel rivage ? Quel rivage ?
J’ai dit des pétales de pommier.

***

PORTRAIT OF A LADY

YOUR thighs are appletrees
whose blossoms touch the sky.
Which sky ? The sky
where Watteau hung a lady’s
slipper. Your knees
are a southern breeze — or
a gust of snow. Agh ! what
sort of man was Fragonard ?
— as if that answered
anything. Ah, yes — below
the knees, since the tune
drops that way, it is
one of those white summer days,
the tall grass of your ankles
flickers upon the shore —
Which shore? —
thesand clings to my lips —
Which shore ?
Agh, petals maybe. How
should I know ?
Which shore? Which sho re?
I said petals from an appletree.

(William Carlos Williams)

Illustration: Jean-Honoré Fragonard

 

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RELÈVE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
RELÈVE

À notre place
On a posé
Des soldats frais
Pour amorcer
La mort d’en face.
Il a fallu toute la nuit pour s’évader.
Toute la nuit et ses ténèbres
Pour traverser, suant, glacé,
Le bois martyr et son bourbier
Cinglé d’obus.
Toute la nuit à se tapir,
À s’élancer éperdument,
Chacun choisissant le moment,
Selon ses nerfs et son instinct
Et son étoile.
Mais passé le dernier barrage,
Mais hors du jeu, sur la route solide,
Mais aussitôt le ralliement
Aux lueurs des pipes premières,
Dites, les copains, les heureux gagnants,
Quelle joie titubante et volubile !
Ce fut la joie des naufragés
Paumes et genoux sur la berge
Riant d’un douloureux bonheur
En recouvrant tout le trésor ;
Tout le trésor fait du vaste monde
Et de la mémoire insondable
Et de la soif qu’on peut éteindre
Et même du mal aux épaules
Qu’on sent depuis qu’on est sauvé.
Et l’avenir ! Ah ! l’avenir,
Il sourit maintenant dans l’aube :
Un avenir de deux longues semaines
À Neuvilly dans une étable…

*

Ah ! les pommiers qui sont en fleurs !
Je mettrai des fleurs dans mes lettres.
J’irai lire au milieu d’un pré.
J’irai laver à la rivière.
Celui qui marche devant moi
Siffle un air que son voisin chante ;
Un air qui est loin de la guerre :
Je le murmure et le savoure.
Et pourtant ! les tués d’hier !
Mais l’homme qui a trébuché
Entre les jambes de la Mort
Puis qui se relève et respire
Ne peut que rire ou sangloter :
Il n’a pas d’âme pour le deuil.
La lumière est trop enivrante
Pour le vivant de ce matin ;
Il est faible et tout au miracle
D’aller sans hâte sur la route.
Et s’il rêve, c’est au délice
D’ôter ses souliers pour dormir,
À Neuvilly, dans une étable.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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Question (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2020



cheval sous un pommier f9

Question

Les gens qui peuplent mes rêves
d’où viennent-ils
et le cheval aveugle
sous le pommier
auquel je donne le pain de la charité

si ses yeux voyaient
qui me reconnaîtrait
au bruit de mes pas

(Anise Koltz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration

 

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Chanson de la côte (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2020



 

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Chanson de la côte

Voici rentrer l’officier de marine,
Il a des favoris noirs.
Le vent de mer a gonflé sa narine,
Il dit combien de vaisseaux il a pris.

Voici rentrer l’officier de marine,
Il a deux beaux galons d’or.
Il veut surprendre, au logis, Mathurine
Sa femme, son plus précieux trésor.

Voici rentrer l’officier de marine,
Il veut revoir sa maison,
Son lard qui sèche et ses sacs de farine,
Ses pommiers lourds de pommes à foison.

Repars bien vite, officier de marine,
Tes pommiers on a coupé,
Tes sacs vidés, ton lard frit. Mathurine,
Avec des gens de la terre, t’a trompé.

Repars bien vite, officier de marine,
Pour un voyage bien long.
Tes favoris seront blancs, ta narine
Sera ridée au troisième galon.

(Charles Cros)

Illustration

 

 

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Les pommes (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Les pommes

Les pommes sont rouges ou jaunes
Dans le pommier vert
Comme des seins bien ronds
Dans un corsage de verdure
Le gui s’accroche aux branches
En colliers de perles blanches

Le ciel est bleu
Cela dépend des jours
Les pommes sont de reinette
Du Mans ou du Canada
De « gros-gars » ou de « lambeurre »
Dans le pommier vert
Nous les feront tomber dans l’herbe verte
Et nous les croquerons

Au « cul » du tonneau
De la chantepleure
Coule un cidre bien gouleyant
Dont l’odeur imprègne
L’air du cellier
Et nous en buvons
Une délicieuse bolée.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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De quoi sera faite la nuit ? (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2020



De quoi sera faite la nuit ?
Je m’en vais solitaire
au bras de mon parapluie.

Un chat noir et malin
sort d’un pommier en fleur
et coupe mon chemin.

De quoi sera faite la nuit ?
La femme qui m’aimait
sur les épaules m’a lancé
sa haine et son balai
et comme une casserolée d’eau sur la nuque
le sang déjà fané de sa blessure.

De quoi sera faite la nuit
si elle n’est plus la forêt
où l’on pouvait s’étendre
dans des cabanes de ténèbres ?

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

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LE POMMIER SUR LA ROUTE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



Illustration: Henri Eisenberg
    
LE POMMIER SUR LA ROUTE

Je suis un pommier tout près de la route
Que ne longe pas de clôture.
Ils sont rouges mes fruits,
Ils flamboient dans mes branches.
Sers-toi, passant, on ne te dira rien.
Et si tu tiens à remercier quelqu’un,
Remercie la terre où j’ai mes racines,
Ce pays-ci qui nous berce tous deux,
Qui me nourrit, qui te nourrit aussi.

Quand au printemps le soleil devient bon,
Je sens se faire en moi une nuée de fleurs,
Quand l’été me verse un suc vénéré,
J’incline jusqu’au sol mes branches
Pour rendre grâce à la terre,
Et lui dire humblement
Ce que je veux lui dire,
Je ne sais trop comment.

Quand vient l’automne
Et que mes branches ploient sous la foison des fruits,
Je les offre aux humains,
Puis quand commence à tomber ma parure,
Quand la neige me fait une fourrure épaisse,
J’étreins très fort le sol de toutes mes racines
Afin que la tempête
Ne puisse m’arracher à mes assises,
Et d’année en année je porte plus de fruits
Et chaque année je veux en donner davantage.

Je chéris les enfants balancés dans mes branches,
Portant le foulard rouge
Qui parle d’un drapeau.
Et je chéris aussi les jeunes filles
Dont les pieds blancs parcourent mon feuillage,
Poches, tabliers tout remplis de pommes,
Criant de joie, les joues en feu.

J’arrive alors à oublier les gens
Qui ont jeté des pierres
Dans ma boule de feuilles.
Je me souviens que le printemps passé
Deux jeunes gens se sont appuyés à mon tronc
Et se sont embrassés,
Que le garçon, joyeux,
Mit une fleur à son chapeau
Et partit en chantant.

Je suis un pommier tout près de la route
Que ne longe pas de clôture.
Ils sont rouges, mes fruits,
Ils flamboient dans mes branches.
Sers-toi, passant, on ne te dira rien.
Et si tu tiens à remercier quelqu’un,
Remercie la terre où j’ai mes racines,
Ce pays-ci qui nous berce tous deux,
Qui me nourrit, qui te nourrit aussi.

(Mihai Beniuc)

 

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LA PIE (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2020



 

pie

LA PIE

L’averse a cessé; le vieux soleil rit
Sur la route rose et blanche
Mais il reste encor des gouttes aux branches
Du pommier gris.

La carriole roule comme une folle
Et l’essieu mal huilé crie;
La pie secoue ses plumes dans la prairie
Puis s’envole.

Ma vie est ainsi :
Certes la douleur ancienne est assoupie
Et le passé peu à peu s’effeuille;
Mais des larmes pourtant pointent parfois aux cils
Et mon coeur reste en demi-deuil,
Comme cette pie.

(Tristan Klingsor)

Illustration

 

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