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Poésie

Posts Tagged ‘poney’

Chanson du chiffonnier (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



chanson du chiffonnier

le chiffonnier du faubourg
que personne n’écoute
fait le tour de la ville
avec son poney bleu

il sait seules permises
les chansons sans paroles
et pourtant il fredonne
une complainte étrangère

à son passage les seins
des femmes ignorantes
s’émeuvent doucement
blanches bêtes captives

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Edouard Manet

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J’écris (Pierre Thiry)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



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J’écris

J’écris parce que je sais pas
Compter, j’écris car je sais pas
Danser, j’écris car je sais pas
Chanter, j’écris car je sais pas

Jouer du piano des dix doigts
J’écris car j’ignore les lois
Car je sais pas scier du bois
Et j’ai cassé ma deux-cent-trois.

J’écris pour une île et sa crique
J’écris pour partir en Afrique
J’écris car j’ai peur des poneys.

J’écris car j’ai très peur de l’eau
J’écris car je suis dactylo
J’écris pour pondre des sonnets.

(Pierre Thiry)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Recueil: Sansonnets un cygne à l’envers
Traduction:
Editions:Books on Demand

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Les choses que je préfère (Richard Rodgers)(Oscar Hammerstein)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2018



 

Les choses que je préfère

Les roses mouillées par la pluie et les moustaches des chatons
Les bouilloires en cuivre brillant et les chaudes mitaines en laine
Les paquets emballés qu’attachent des ficelles
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Les poneys couleur crème et les streudels aux pommes bien croustillantes
Les sonnettes et les clochettes et du snitzels avec des nouilles
Le vol des oies sauvages, le reflet de la lune sur leurs ailes
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Les jeunes filles en robe blanche, leurs écharpes de satin bleu
Les flocons de neige s’accrochant à mon nez et à mes cils
L’hiver d’un blanc argenté qui devient printemps
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Quand le chien mord
Quand l’abeille pique
Si je me sens triste
Je n’ai qu’à penser aux choses que je préfère
Et alors, tout va bien

Les roses mouillées par la pluie et les moustaches des chatons
Les bouilloires en cuivre brillant et les chaudes mitaines en laine
Les paquets emballés qu’attachent des ficelles
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Les poneys couleur crème et les streudels aux pommes bien croustillantes
Les sonnettes et les clochettes et du snitzels avec des nouilles
Le vol des oies sauvages, le reflet de la lune sur leurs ailes
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Les jeunes filles en robe blanche, leurs écharpes de satin bleu
Les flocons de neige s’accrochant à mon nez et à mes cils
L’hiver d’un blanc argenté qui devient printemps
Voilà quelques unes des choses que je préfère

Quand le chien mord
Quand l’abeille pique
Si je me sens triste
Je n’ai qu’à penser aux choses que je préfère
Et alors, tout va bien

***

My Favorite Things

Raindrops on roses and whiskers on kittens
Bright copper kettles and warm woollen mittens
Brown paper packages tied up with strings
These are a few of my favorite things2

Cream colored ponies and crisp apple strudels
Doorbells and sleigh bells and schnitzel with noodles
Wild geese that fly with the moon on their wings
These are a few of my favorite things.

Girls in white dresses with blue satin sashes
Snowflakes that stay on my nose and eyelashes
Silver white winters that melt into springs
These are a few of my favorite things

When the dog bites, when the bee stings
When I’m feeling sad
I simply remember my favorite things
And then I don’t feel so bad

Raindrops on roses and whiskers on kittens
Bright copper kettles and warm woolen mittens
Brown paper packages tied up with strings
These are a few of my favorite things

Cream colored ponies and crisp apple strudels
Doorbells and sleigh bells and schnitzel with noodles
Wild geese that fly with the moon on their wings
These are a few of my favorite things

Girls in white dresses with blue satin sashes
Snowflakes that stay on my nose and eyelashes
Silver white winters that melt into springs
These are a few of my favorite things

When the dog bites, when the bee stings
When I’m feeling sad
I simply remember my favorite things
And then I don’t feel so bad.

Découvert ici: https://misstakeontheropeblog.wordpress.com (Dans une Reprise par Björk)
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Nous allons la même route (Robert Marteau)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Nous allons la même route, la mésange et moi:
Elle de fil en piquet, moi posant un pas après l’autre.
Le poney somnole derrière les barbelés. La sauge
Fait des cartes de marine en bordure du pré.
Les vaches, les genêts adoubent de beurre la campagne
Que le ciel embrasse dans la brume. Le frêne penche
Sur la mare ses pendentifs. Le corbeau décortique
Déjà les châtaignes d’automne, éraille le concert
Dont l’agneau se mêle, et le ruisseau qui descend
Du bois vert, triangle incliné dont une pointe touche
L’enclos où la ferme se pose à l’abri des bourrasques.
C’est samedi: le merle saute sous le cerisier.
Les plantes mettent du mauve au sommet de leur tige. Un chien
Jappe. Les grillons signent la partition des oiseaux.

(Robert Marteau)

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JANE ÉVEILLÉE (Frank O’Hara)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



 

Cayetano De Arquer-Buigas   8faa5e7cdb27 [1280x768]

JANE ÉVEILLÉE

Les opales qui se cachent sous tes paupières
quand tu dors, quand tu chevauches des poneys
mystérieusement, surgissent et s’épanouissent
comme les fleurs bleues de l’automne

toujours à neuf heures. Et des boucles
dégringolent langoureusement vers
l’élastique qui bâille, brun,
ta main repoussant tout

ce sommeil noir rebelle dans
la forme tranquille de la lumière du jour
et son indifférence radieuse aux
volutes lumineuses, oh !

et les valses bourgeonnantes
où nous fonçons des nuits durant.
Avant l’aube tu rugis
les yeux fermés, sans sourire,

ta chair volcanique cache
tout au vigile,
et les vrilles des rêves
étranglent les policiers qui courent

trop lentement pour t’échapper,
la course des vagues vertigineuses
de ton besoin murmurant. Mais
c’est le saint gardien du jour

ce policier, et te penchant
par la fenêtre ouverte tu lui
demandes quelle robe porter et comment
modestement te coiffer,

car tel est désormais ton mode.
Seulement par hasard trébuchant dans l’escalier
refais-tu la danse, et
alors, dans la parfaite variété, celle

atténuée, impeccablement déguisée,
ambiance blanche noire rose bleue safran
et dorée, trouvons-nous
le sauvage nocturne, en transe.

(Frank O’Hara)

Illustration: Cayetano De Arquer-Buigas

 

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Une pluie dure va tomber (Bob Dylan)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



Une pluie dure va tomber

Où as-tu été, mon fils aux yeux bleus?
Où as-tu été, mon cher petit?
J’ai trébuché sur le bord de douze montagnes brumeuses,
J’ai marché et rampé sur six chemins tordus,
J’ai pénétré au cœur de sept forêts tristes,
J’ai été à la rencontre d’une douzaine d’océans morts,
J’ai marché dix mille miles dans la bouche d’un cimetière,
Et c’est une dure, et c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure,
Et c’est une pluie dure qui va tomber.

Qu’as-tu vu, mon fils au yeux bleus?
Qu’as-tu vu, mon cher petit?
J’ai vu un nouveau né entouré de loups du désert,
J’ai vu un chemin de diamants avec personne dessus,
J’ai vu une branche noire dégoulinante de sang,
J’ai vu une pièce pleine d’hommes avec leurs marteaux qui saignaient,
J’ai vu une échelle blanche toute couverte d’eau,
J’ai vus dix mille bavards dont la langue était cassée,
J’ai vu des fusils et des épées effilées dans les mains de jeunes enfants,
Et c’est une dure, et c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure,
Et c’est une pluie dure qui va tomber.

Qu’as-tu entendu, mon fils aux yeux bleus?
Qu’as-tu entendu, mon cher petit?
J’ai entendu le son du tonnerre, rugir un avertissement,
Entendu le hurlement d’une vague qui pourrait noyer le monde entier,
Entendu cent batteurs dont les mains étaient en flamme,
Entendu dix mille chuchotements que personne n’écoutait,
Entendu une personne affamée, et entendu beaucoup de gens rire,
Entendu la chanson d’un poète qui mourait dans le caniveau,
Entendu le cri d’un clown qui pleurait dans la rue,
Et c’est une dure, et c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure,
Et c’est une pluie dure qui va tomber.

Qui as-tu rencontré, mon fils aux yeux bleus
Qui as-tu rencontré, mon cher petit?
J’ai rencontré un jeune enfant aux côtés d’un poney mort,
J’ai rencontré un homme blanc qui promenait un chien noir,
J’ai rencontré une femme dont le corps brûlait,
J’ai rencontré une jeune fille qui m’a donné un arc-en-ciel,
J’ai rencontré un homme qui était blessé par l’amour,
J’ai rencontré un autre homme qui était blessé par la haine,
Et c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure,
C’est une pluie dure qui va tomber.

Que vas-tu faire, mon fils aux yeux bleus?
Que vas-tu faire, mon cher petit?
Je vais sortir avant que la pluie ne commence à tomber,
Je vais marcher au plus épais de la plus noire et épaisse forêt,
Où les gens sont nombreux et ont les mains vides,
Où les boulettes de poison ont envahi leurs eaux,
Où la maison dans la vallée ressemble à la prison sale et humide,
Où le visage du bourreau est toujours bien caché,
Où le désir est laid, où les âmes sont oubliées,
Où noire est la couleur, où zéro est le nombre,
Et je le dirai et je le penserai et je le raconterai et je le soufflerai,
Et je le projetterai de la montagne pour que chacun puisse le voir,
Et puis, je resterai sur l’océan jusqu’à ce que je commence à sombrer,
Mais je connaîtrai bien ma chanson avant de commencer à chanter.
Et c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure, c’est une dure,
C’est une pluie dure qui va tomber.

***

A Hard Rain’s A Gonna Fall

Oh, where have you been, my blue-eyed son?
Oh, where have you been, my darling young one?
I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains,
I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways,
I’ve stepped in the middle of seven sad forests,
I’ve been out in front of a dozen dead oceans,
I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard,
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard,
And it’s a hard rain’s a-gonna fall.

Oh, what did you see, my blue-eyed son?
Oh, what did you see, my darling young one?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it,
I saw a black branch with blood that kept drippin’,
I saw a room full of men with their hammers a-bleedin’,
I saw a white ladder all covered with water,
I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken,
I saw guns and sharp swords in the hands of young children,
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard,
And it’s a hard rain’s a-gonna fall.

And what did you hear, my blue-eyed son?
And what did you hear, my darling young one?
I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin’,
Heard the roar of a wave that could drown the whole world,
Heard one hundred drummers whose hands were a-blazin’,
Heard ten thousand whisperin’ and nobody listenin’,
Heard one person starve, I heard many people laughin’,
Heard the song of a poet who died in the gutter,
Heard the sound of a clown who cried in the alley,
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard,
And it’s a hard rain’s a-gonna fall.

Oh, who did you meet, my blue-eyed son?
Who did you meet, my darling young one?
I met a young child beside a dead pony,
I met a white man who walked a black dog,
I met a young woman whose body was burning,
I met a young girl, she gave me a rainbow,
I met one man who was wounded in love,
I met another man who was wounded with hatred,
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard,
It’s a hard rain’s a-gonna fall.

Oh, what’ll you do now, my blue-eyed son?
Oh, what’ll you do now, my darling young one?
I’m a-goin’ back out ‘fore the rain starts a-fallin’,
I’ll walk to the depths of the deepest black forest,
Where the people are many and their hands are all empty,
Where the pellets of poison are flooding their waters,
Where the home in the valley meets the damp dirty prison,
Where the executioner’s face is always well hidden,
Where hunger is ugly, where souls are forgotten,
Where black is the color, where none is the number,
And I’ll tell it and think it and speak it and breathe it,
And reflect it from the mountain so all souls can see it,
Then I’ll stand on the ocean until I start sinkin’,
But I’ll know my song well before I start singin’,
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard,
It’s a hard rain’s a-gonna fall.

(Bob Dylan)

 

 

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