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Poésie

Posts Tagged ‘pont’

Retouche à la canicule (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Retouche à la canicule

la sève au plus profond
devient le fleuve de l’attente

l’âme y jette un pont
pour que l’ombre de l’arche au passant soit l’auberge
où s’arrête
la joie nocturne et lente

(Daniel Boulanger)


Illustration: Francine Van Hove

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FOUGÈRE (Gottfried Benn)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



FOUGÈRE

Fougère, fougère qui bruit,
annonce l’heure en bruissant;
ciel, les ciels guettent
qui peut encore être vivant.
Chacun connaît les jours
où nous voyons les lointains :
Vivre : jeter des ponts
sur des fleuves qui passent.

Fougère, fougère qui bruit,
c’est l’éternité
où l’automne et les roses
échangent un regard de mort lointaine;
alors montent aussi des mers les accords de l’inapaisé,
le reflet de vague
des plages blafardes et des récifs.

Fougère, fougère inclinant
trop profondément la musique;
ce qui meurt veut se taire :
Silence panique;
d’abord jeter les ponts,
le plateau de sang,
puis, lorsque les ponts portent,
les fleuves — où sont-ils ?

(Gottfried Benn)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Sainte-Barbe (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Sainte-Barbe

Le chemin de fer traverse la rue
Sur un pont
Quand le train passe
Il a peur

(Pierre Albert-Birot)


Illustration

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A un ami (Tou Mou)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



Illustration: Jenny Wong
    
A un ami

La montagne bleue apparaît, disparaît,
l’eau coule vers l’Infini.

L’automne s’achève au Sud du Fleuve,
mais l’herbe n’est pas flétrie.

Les vingt-quatre ponts brillent
dans la nuit lunaire,

D’où, homme de jade,
faites-vous jouer de la flûte?

(Tou Mou)

 

 

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LES DIMENSIONS DU JOUR (X) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017




    
LES DIMENSIONS DU JOUR (X)

L’été devient le plus grand poisson
que peuvent contenir les ruisseaux.
L’été devient le plus haut cristal
que nous pouvons porter à deux.

De ma tête au point culminant de l’air,
il n’y a que la distance d’un mètre de lumière
avec lequel je cherche à mesurer l’être
qui va et vient de mon visage à ton visage.

Les chemins s’avancent vers moi
comme les branches d’un arbre
qui aurait pour racine l’endroit
où tu poses les pieds.

Dans la forêt, nous marchons sur la clarté
comme sur des serpents domestiqués
mais le soir ils s’enfuient sous le pont
que le couchant jette sur son propre fleuve.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (VII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



Illustration: Margarita Sikorskaia
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (VII)

Je cherche dans ta bouche la source
du fleuve souterrain qui te parcourt
en rejetant en haut des cuisses
son écume de plante fraîchement coupée.

Quand tu écrases ton ventre contre moi,
quand mes doigts aiguisent ta gorge,
tu as des mots doux comme la salive,
des mots qui auraient poussé après un orage.

De ton corps je fais un pont
qui me conduit dans un monde
où nos dents se cognent contre le même verre d’air,
où nos regards à force d’être proches font la nuit entre eux.

Je ne vis plus au jour le jour
puisque tes baisers font partie de mon avenir
et nous allons jusqu’au bout de la lueur
que la foudre trace en remontant nos veines.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Sur le pont d’Avignon, l’on y danse, l’on y danse (Anonyme XVème siècle)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017




Sur le pont d’Avignon,
L’on y danse, l’on y danse,
Sur le pont d’Avignon
L’on y danse tout en rond.
Les belles dames font comme ça
Et puis encore comme ça.
Sur le pont d’Avignon
L’on y danse tout en rond.

Sur le pont d’Avignon,
L’on y danse, l’on y danse,
Sur le pont d’Avignon
L’on y danse tout en rond.
Les messieurs font comme ça
Et puis encore comme ça.
Sur le pont d’Avignon,
L’on y danse, l’on y danse,
Sur le pont d’Avignon
L’on y danse tout en rond.

[…]

Les jardiniers font comm’ ça
Et puis encore comm’ ça

[…]

Les couturiers font comm’ ça
Et puis encore comm’ ça

[…]

Les vignerons font comm’ ça
Et puis encore comm’ ça

[…]

Les blanchisseus’s font comm’ ça
Et puis encore comm’ ça

[…]

Les officiers font comme ça
Et puis encore comm’ ça

[…]

Les bébés font comme ça
Et puis encore comm’ ça

[…]

Les musiciens font comme ça
Et puis encore comm’ ça

[…]

Et les abbés font comme ça
Et puis encore comm’ ça

[…]

Et les gamins font comme ça
Et puis encore comm’ ça

[…]

Les laveuses font comme ça
Et puis encore comm’ ça

(Anonyme XVème siècle)

Illustration: Laurence Cleyet-Merle

 

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Je ne reconnais pas une voix (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017




    
Je ne reconnais pas une voix dans le vent,
pas un visage au haut des têtes béantes
et la ville est seule au milieu des avenues
avec des pierres qui fixent le ciel sans le voir.

Les rues sont nues comme des femmes mortes
auxquelles on n’a pas fermé les yeux
et les fenêtres font remuer le couchant
de toute la marée obscure de leurs carreaux.

Placées comme des arches sous l’éternité,
les cheminées attendent qu’un pont les relie.
Des lampes respirent d’un seul coup leur clarté
et c’est la nuit comme si rien n’avait existé,

la nuit haute comme une montagne
qu’un seul trait de foudre peut terrasser
parmi des murs qui se dressent et se relaient
redoutables comme autant de passants qui s’arrêtent.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Tout ce que je vis (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Pablo Picasso

    

Tout ce que je vis, ce dont je dois mourir
n’a pas de place hors de mon attente.
Dans les mains que je serre, que je retiens,
que reste-t-il de moi ?

Le sang coule sous les ponts qui vont de mon coeur
aux êtres, aux regards dont je n’approche
que par des signes de la main, des lèvres
et auxquels je ne m’unis que par la solitude.

Les chemins partent du fond de la nuit
et vont attendre le jour sur les collines.
Par la fenêtre où brûle une bougie
ils voient les morts entourés de vivants

qui ne croient pas aux prières qu’ils disent
et les morts restent seuls sous leurs paupières
sans reconnaître les chemins qui passent
en blanchissant un peu la nuit.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Ta main s’élève (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



Illustration: Christian Schloe    
    
Ta main s’élève en un adieu
que je n’ai pas vu retomber.
Nos bouches n’ont pu finir leurs baisers
qui restent entre nous comme un pont coupé

Ton dernier regard est une jetée
pour la vie dont je touche le fond
de toute ma peau sans visage,
de tout le poids de la terre

Bientôt l’espace se mettra entre nous
et nous ne serons plus que deux êtres
en qui dure tout un passé de joie
comme un peu de soleil éclaire encore

les murs qu’il vient de quitter.
Ton corps ne bougera pas plus
qu’une fenêtre allumée dans la nuit
chassée par le vent et la pluie.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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