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Poésie

Posts Tagged ‘pont’

Des jeunes filles (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2018



Illustration: Marie Laurencin 
    
Des jeunes filles

D’autres iront sur les longues routes
vers les obscurs poètes;
demandant toujours à quelqu’un
s’il n’en a pas vu un chanter
ou poser ses doigts sur les cordes.
Les jeunes filles seules ne demandent
le pont qui conduit aux images,
et sourient seulement, plus clair que rivières
de perles en des coupes d’argent.

De leur vie, chaque porte s’ouvre
sur un poète
et sur le monde.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil
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Eau, gaz et électricité (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2018



Illustration
    
Je me souviens des heures passées, en classe de troisième je crois,
à essayer d’alimenter en eau, gaz et électricité, trois maisons, sans que les tuyaux se croisent
(il n’y pas de solution tant que l’on reste dans un espace à deux dimensions;
c’est un des exemples élémentaires de topologie,
comme les ponts de Koenigsberg ou le coloriage des cartes).

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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Le coeur au bord des lèvres (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018



    

Le coeur au bord des lèvres
les lèvres au bord tendre du néant
le néant près du cercueil
par un beau jour d’enterrement

ah fanaison tragique
des plus lointaines choses
au bas du jour s’écoule un fleuve
dont aucun pont ne bêle plus

temps amours
la vie s’élève et la mort plane
le sein pavane et puis se fane

les joyeux parlent comme des ânes
les tristes se trompent tout le temps.
Tout le temps

(Jean Pérol)

 

Recueil: À part et passager
Traduction:
Editions: De la Différence

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Emmenez-moi (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018




    
Emmenez-moi

Vers les docks où le poids et l’ennui
Me courbent le dos
Ils arrivent le ventre alourdi
De fruits des bateaux

Ils viennent du bout du monde
Apportant avec eux des idées vagabondes
Aux reflets de ciels bleus
De mirages

Traînant des senteurs poivrées
De pays inconnus
Et d’éternels étés où l’on vit presque nus
Sur les plages

Moi qui n’ai connu toute ma vie
Que le ciel du nord
J’aimerais débarbouiller ce gris
En virant de bord

[Refrain]
Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil

Dans les bars à la tombée du jour
Avec les marins
Quand on parle de filles et d’amour
Un verre à la main

Je perds la notion des choses
Et soudain ma pensée
M’enlève et me dépose
Un merveilleux été
Sur la grève

Où je vois tendant les bras
L’amour qui comme un fou
Court au devant de moi
Et je me pends au cou
De mon rêve

Quand les bars ferment, que les marins
Rejoignent leur bord
Moi je rêve encore jusqu’au matin
Debout sur le port

[Refrain]
Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil

Un beau jour sur un rafiot craquant
De la coque au pont
Pour partir je travaillerais dans
La soute à charbon

Prenant la route qui mène
À mes rêves d’enfant
Sur des îles lointaines
Où rien n’est important
Que de vivre

Où les filles alanguies
Vous ravissent le cœur
En tressant m’a t’on dit
De ces colliers de fleurs
Qui enivrent

Je fuirais laissant là mon passé
Sans aucun remords
Sans bagage et le cœur libéré
En chantant très fort

[Refrain]
Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil…

Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil…
Lalalalalalalalalalalalalalalala…
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil…
Lalalalalalalalalalalalalalalala…

(Charles Aznavour)

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Que c’est triste Venise (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018




    
Que c’est triste Venise

Que c’est triste Venise
Au temps des amours mortes
Que c’est triste Venise
Quand on ne s’aime plus
On cherche encore des mots
Mais l’ennui les emporte
On voudrait bien pleurer
Mais on ne le peut plus

Que c’est triste Venise
Lorsque les barcaroles
Ne viennent souligner que les silences creux
Et que le coeur se serre
En voyant les gondoles
Abriter le bonheur des couples amoureux

Que c’est triste Venise
Au temps des amours mortes
Que c’est triste Venise
Quand on ne s’aime plus
Les musées, les églises
Ouvrent en vain leurs portes
Inutile beauté
Devant nos yeux déçus

Que c’est triste Venise
Le soir sur la lagune
Quand on cherche une main
Que l’on ne vous tend pas

Et que l’on ironise
Devant le clair de lune
Pour tenter d’oublier
Ce que l’on ne se dit pas

Adieu tous les pigeons
Qui nous ont fait escorte
Adieu Pont des Soupirs
Adieu rêves perdus

C’est trop triste Venise
Au temps des amours mortes
C’est trop triste Venise
Quand on ne s’aime plus

(Charles Aznavour)

 

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Traverse-le (Henn)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



Ce monde n’est qu’un pont.
Traverse-le
mais n’y construis pas ta demeure.(Henn)

 Illustration retirée sur demande de son auteur http://www.tripalbum.net/borneo/pont-de-singe/

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Brume du soir (Issa)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2018


 

 

Brume du soir
Le cheval se souvient
De l’ornière du pont

(Issa)

 

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Petites leçons d’érotisme (Giaconda Belli)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

Illustration: François Joxe
    
Petites leçons d’érotisme

1
Parcourir un corps dans son extension de voile
C’est s’ouvrir sur le monde
Traverser sans boussole la rose des vents
Îles golfes péninsules digues battues par des vagues furieuses
Pour être plaisante, ce n’est point tâche facile
Ne pense pas y parvenir en un jour ou une nuit de draps en bataille
Il est des secrets dans les pores pour combler tant de lunes

2
Le corps est une carte astrale en langage chiffré
Découvres-tu un astre, peut-être te faudra-t-il alors
Changer de cap lorsque nuée ouragan ou hurlement profond
Te feront tressaillir
Conque de la main que tu ne soupçonnais pas

3
Parcours plusieurs fois telle étendue
Découvre le lac aux nénuphars
Caresse de ton ancre le centre du lys
Plonge suffoque distends-toi
Ne te refuse point l’odeur le sel le sucre
Les vents profonds cumulus rhumbs des poumons
Brume dans le cerveau
Tremblement des jambes
Raz-de-marée assoupi des baisers

4
Attends pied dans l’humus sans peur de la fatigue sans hâte
Ne prétends pas atteindre le terme
Retarde l’entrée au paradis
Place ton ange retombé ébouriffe sa dense chevelure
De l’épée de feu usurpée
Croque la pomme

5
Sens
Ressens
Échange des regards salive imprègne-toi
Tourne et retourne imprime des sanglots peau qui s’éclipse
Pied découverte à l’extrémité de la jambe
Suis cherche secret du pas forme du talon
Courbure de la démarche baies croquant une allure cambrée
Savoure…

6
Écoute conque de l’oreille
Comme gémit l’humidité
Lobe qui s’approche de la lèvre rumeur de la respiration
Pores qui se dressent formant de minuscules montagnes
Sensation frémissante de peau insurgée au toucher
Pont suave nuque descends à la houle poitrine
Marée du coeur susurre à ton oreille
Découvre la grotte de l’eau

7
Franchis la terre de feu la bonne espérance
Navigue fou là où se rejoignent les océans
Traverse les algues arme-toi de coraux hulule gémis
Émerge avec le rameau d’olivier pleure fouissant des tendresses
occultes
Dé‚nude des regards stupéfaits
Éveille le sextant depuis le haut des cils
Hausse les sourcils dilate les narines

8
Aspire soupire
Meurs un peu
Doucement lentement meurs
Agonise contre la pupille accrois la jouissance
Plie le mât gonfle les voiles
Navigue cingle vers Vénus
Étoile du matin
— la mer comme un vaste cristal étamé —
endors-toi naufragé‚.

(Giaconda Belli)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Passionnaire (Alain Borer)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018




Illustration: Rene Magritte
    
Passionnaire
Noèmes

en un mot commençant
le temps mort d’écrire
entre nous soit dit

le désir
né du corps
meurt dans vie

la courbe devient femme
au bout du doigt de qui
se perd à dessein

condamné à vie
dans ce corps-là
je n’en sors qu’en toi

la nuit d’amour se prolonge
tandis que je sommeille au loin
changeant sans fin de position

d’un pont inemprunté

le bond d’amour:
arche pure
d’être à pensée

payse de la nuit
disparue
entre ma lampe et l’aube

nus au balcon
dans la nuit étoilée
jusqu’aux fleurs de midi.

(Alain Borer)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Quand je vois toute blanche (Chûnagon Yakamochi)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2018



Quand je vois toute blanche
La gelée qui se trouve
Sur le Pont jeté
par les Pies,
C’est que la nuit est bien avancée!

(Chûnagon Yakamochi)


Illustration: Hokusaï

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