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Posts Tagged ‘porcelaine’

Jeu de la mort de l’infidèle (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Jeu de la mort de l’infidèle

Une fleur de porcelaine
pour la fille pour ma haine.
Une fleur à fleur de peau
pour la fille au bord de l’eau.
Une rose d’épouvante
pour la fille mal aimante.
Une fleur de mandragore
pour apprivoiser sa mort.
Une langueur sans remède
pour qu’elle devienne laide
comme son coeur
une langueur
pour qu’elle meure
pour qu’elle en meure.
La nuit appelle en frémissant
les barons morts aux mains de sang.
La nuit appelle en frémissant
les hérons morts près de l’étang.
La nuit appelle en frémissant
les amants morts aux gants de vent.
La nuit appelle en frémissant
hérons barons morts tes amants.

(Armand Lanoux)


Illustration

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C’EST UNE CITE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Gaston Bussiere (French, 1862-1929)   Juventa

C’EST UNE CITE

C’est une cité avec beaucoup de lumière.

As-tu jamais vu des maisons pétrifiées
En rêve ou en éveil ?
Tout est fragile comme porcelaine,
Avec des portes automatiques qui s’ouvrent et se referment.

Si tu remues la main elle se brise

Pleines de lustres dans les salles à miroirs,
Elles multiplient la lumière terrible, la disloquent
Sur les planchers où nagent des cygnes peints.
De belles femmes avec des hanches et des seins
Observent leur visage dans les eaux et attendent les cygnes.

Personne n’y habite. Tous ont été
Enterrés dans des tombes de marbre.

Tu peux les visiter
Comme on visite les musées.
Chacune possède son nom sur la plaque,
Son numéro, son genre, ses rêves.

Nous avons souffert des excès de lumière d’un été sec.
Mais ce fut beau, très beau.

(Georges Themelis)

Illustration: Gaston Bussiere

 

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LE VIN LE PAVILLON DE PORCELAINE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




Illustration: Maison chinoise à Berlin
    
LE VIN
LE PAVILLON DE PORCELAINE
Li-Taï-Pé
 
Au milieu du petit lac artificiel, s’élève un pavillon de porcelaine verte et blanche ;
on y arrive par un pont de jade, qui se voûte comme le dos d’un tigre.
Dans ce pavillon, quelques amis, vêtus de robes claires, boivent ensemble des tasses de vin tiède.
Ils causent gaiement, ou tracent des vers, en repoussant leurs chapeaux en arrière, en relevant un peu leurs manches,
Et, dans le lac, où le petit pont, renversé, semble un croissant de jade,
quelques amis, vêtus de robes claires, boivent, la tête en bas dans un pavillon de porcelaine.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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GÂTEAU AUX PRUNES (Ewa Lipska)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018




    
GÂTEAU AUX PRUNES

J’ôte de ton visage
une miette croustillante de gâteau aux prunes.
Minuscule caractère de tendresse.

Loin de toutes pensées
je la pose sur la vieille feuille de porcelaine.
Qu’elle s’inscrive à jamais.

On ne sait quand
le courant d’air a tout soufflé.
Quelqu’un a ouvert la fenêtre. Quelqu’un a ouvert la porte.

Des années après
je me promène toujours dans les confiseries.
Je regrette que tu ne sois qu’un rêve.
Même la nuit ne peut deviner
quand nous sommes ensemble.

(Ewa Lipska)

 

Recueil: Moi ailleurs l’écharde
Traduction: Isabelle Macor-Filarska et Irena Gudaniec-Barbier
Editions: Grèges

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Sonnet (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



Illustration: Goyo Hashiguchi
    
Sonnet

Pour veiner de son front la pâleur délicate,
Le Japon a donné son plus limpide azur ;
La blanche porcelaine est d’un blanc bien moins pur
Que son col transparent et ses tempes d’agate ;

Dans sa prunelle humide un doux rayon éclate ;
Le chant du rossignol près de sa voix est dur,
Et, quand elle se lève à notre ciel obscur,
On dirait de la lune en sa robe d’ouate ;

Ses yeux d’argent bruni roulent moelleusement ;
Le caprice a taillé son petit nez charmant ;
Sa bouche a des rougeurs de pêche et de framboise ;

Ses mouvements sont pleins d’une grâce chinoise,
Et près d’elle on respire autour de sa beauté
Quelque chose de doux comme l’odeur du thé.

(Théophile Gautier)

 

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Ce matin qui vient se poser (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Katarina Smuraga
    
ce matin qui vient se poser si frais dans tes yeux
tout pleins encore de fragiles porcelaines
le jour poreux
son long baiser de laine
tout ce corps resté pour nuit quelque part.

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: Sol absolu et autres textes
Traduction:
Editions: Gallimard

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POUR OUBLIER SES PENSÉES (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
POUR OUBLIER SES PENSÉES
Ouan-Oui

Réjouissons-nous ensemble
et remplissons de vin tiède, nos tasses de porcelaine.

Le frais printemps s’éloigne,
mais il reviendra ;
buvons tant que nos lèvres auront soif.

Et peut-être oublierons-nous,
que nous sommes à l’hiver de notre âge.
Et que les fleurs se fanent.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Elle n’était même pas atterrante comme un Ange (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018



Lorenzo Costa_Marie 004 [800x600]

Hommage aux anges
[40]

Ceci n’est ni rune ni symbole,
ce que je veux dire est — c’est si simple

pourtant aucune ruse du stylo ou du pinceau
ne pourrait capter cette impression ;

ce que je voulais indiquer était
une nouvelle phase, une nouvelle distinction de couleur ;

je voulais dire, j’ai dit
qu’il n’y avait ni éclat, ni reflet,

ni ombre ; quand j’ai dit blanc,
je ne voulais pas dire blanc de sculpteur ou de peintre,

ni porcelaine ; blanc pâle ne pourrait pas
en donner l’idée, car quand

la neige fraichement tombée (ou la neige
au moment où elle tombe) est-elle pâle ?

pourtant maintenant, nous titubons, nous sommes perdus —
que pouvons-nous dire ?

elle n’était pas impalpable comme un spectre,
elle n’était pas terrifiante comme un Esprit,

elle n’était même pas atterrante
comme un Ange.

[41]

Elle portait un livre, soit pour suggérer
qu’elle était des nôtres, avec nous,

soit pour indiquer qu’elle était satisfaite
de notre intention, un tribut aux Anges ;

pourtant bien que le campanile ait dit,
Gabriel, Azraël,

bien que le campanile ait répondu,
Raphaël Urgel,

bien qu’une note distante sur l’eau
ait sonné Annaël, et que Michel

ait été implicite dès le début,
une autre cloche, profonde, sans nom, résurgente

a répondu, couvrant toutes les autres :
souviens-toi, là où il n’y avait

que faire de la lune pour luire…
je ne vis point de temple.

***

This is norune nor symbol,
what Î mean is-it is so simple

yet no trick of the pen or brush
could capture that impression;

what I wanted to indicate was
a new phase, a new distinction of colour;

I wanted to say, I did say
there was no sheen, no reflection,

no shadow; when I said white,
I did not mean sculptor’s or painter’s white,

nor porcelain; dim-white could
not suggest it, for when

is fresh-fallen snow (or snow
in the act of falling) dim?

yet evenino’o we`stumble, we are lost—
what can we say?

she was not impalpable like a ghost,
she was not awe-inspiring like a Spirit,

she was not even over-whelming
like an Angel.

She carried a book, either to imply
she was one of us, with us,

or to suggest she was satisfied
with our purpose, a tribute to the Angels

yet though the campanili spoke,
Gabriel, Azrael,

though the campanili answered,
Raphael, Uriel,

thought a distant note over-water
chimed Annael, and Michael

was implicit from the beginning,
another, deep, un-named, resurging bell

answered, sounding through them all:
remember, where there was

no need of the moon to shine .. .
I saw no temple.

(Hilda Doolittle)

 Illustration: Lorenzo Costa

 

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CRIS DE PARIS (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
CRIS DE PARIS

On n’entend plus guère le repasseur de couteaux
le réparateur de porcelaines le rempailleur de chaises
on n’entend plus guère que les radios qui bafouillent
des tourne-disques des transistors et des télés
ou bien encore le faible aye aye ouye ouye
que pousse un piéton écrasé

(Raymond Queneau)

 

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Ste-Léocadie (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Le vieux Monsieur
Dans un pays de verre
A pris entre deux doigts
La petite Madame en porcelaine
Et je suis passé bien vite
Sur le trottoir

(Pierre Albert-Birot)

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