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Posts Tagged ‘poreux’

COMPLAINTE DU VERBE ÊTRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2020




    
COMPLAINTE DU VERBE ÊTRE

Je serai je ne serai plus je serai ce caillou
toi tu seras moi je serai je ne serai plus
quand tu ne seras plus tu seras
ce caillou.

Quand tu seras ce caillou c’est déjà
comme si tu étais n’étais plus,
j’aurai perdu tu as perdu j’ai perdu
d’avance. Je suis déjà déjà
cette pierre trouée qui n’entend pas
qui ne voit pas ne bouge plus.

Bientôt hier demain tout de suite
déjà je suis j’étais je serai
cet objet trouvé inerte oublié
sous les décombres ou dans le feu ou l’herbe froide
ou dans la flaque d’eau, pierre poreuse
qui simule un murmure ou siffle et qui se tait.

Par l’eau par l’ombre et par le soleil submergé
objet sans yeux sans lèvres noir sur blanc
(l’oeil mi-clos pour faire rire
ou une seule dent pour faire peur)
j’étais je serai je suis déjà
la pierre solitaire oubliée là
le mot le seul sans fin toujours le même ressassé.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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TRAIN DE NUIT (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2020




    
Illustration   

(Recueil Le professeur Frceppel)
TRAIN DE NUIT
Le train fonçait dans la nuit.
Mon coeur et mes pensées
battaient sur le même rythme
que les roues aux éclairs cachés.

Les voyageurs se touchaient sans se voir,
replongés dans la joie des racines.
Les rêves s’échappaient avec lourdeur
ils coulaient le long des jambes,
ne laissant que des formes vides
poreuses et pétrifiées.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Comment seras-tu entraîné dans Sa danse (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




    
Comment seras-tu entraîné dans Sa danse
Si ton chant ne se fait poreux à Sa lumière ?

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Leurs corps demeurent amis (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
Leurs corps demeurent
amis
même après l’amour

Poreuses
les peaux
et les rêves
poissons agiles
traversent
les frontières

Au matin
nulle nécessité
de les raconter
à cet autre

embué de nuit
qui n’a pas encore
pris le temps
d’être à nouveau

l’autre

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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L’émerveillement du silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018


enfant

Seuls les êtres poreux
se laissent envahir
par l’émerveillement du silence
Il suffit d’un rien, d’un éclair

(Michel Camus)

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Le merveilleux (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018



Le merveilleux rôde autour de nous,
devant nos fenêtres fermées, le mur
d’angoisse de notre face, la chambre
obscure de notre coeur
Seulement les êtres poreux se laissent
envahir par l’émerveillement
du silence

Et l’horreur?
Et si l’horreur venait de l’homme
coupé du merveilleux?

(Michel Camus)

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Je suis léger (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Je suis léger, l’aube se lève sur ma bouche.
J’oublie le goût du feu et des vieilles blessures.
Je marche nu, poreux, sur des chemins de sable.
Et tout ceci par amitié d’un corps,
double plaisir, silence partagé.

(Jean Joubert)


Illustration: William Bouguereau

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Ce matin qui vient se poser (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Katarina Smuraga
    
ce matin qui vient se poser si frais dans tes yeux
tout pleins encore de fragiles porcelaines
le jour poreux
son long baiser de laine
tout ce corps resté pour nuit quelque part.

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: Sol absolu et autres textes
Traduction:
Editions: Gallimard

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La vie est un bol de cerises (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
la vie est un bol de cerises juteuses
tu goûtes
la chair sucrée de la Voie lactée
autant d’âmes
qu’il existe d’étoiles
tu prêtes enfin
attention à la splendeur
les limites se déchirent
l’impossible vient se blottir
dans ta gorge
ta vision devient tactile
tu files
vers le bleu rubis
vers le rouge outremer
invocation
de celui qui
s’incline
au fond de lui-même
invocation
ininterrompue
laisse fredonner l’intensité
laisse
fredonner la
spirale nocturne
laisse-la monter
laisse
la nuit poreuse
chanter dans tes veines

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Tout mon corps est poreux (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2017



Tout mon corps
est poreux
au vent frais
du printemps.

(Paul Fort)

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