Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘port’

A un ami qui part pour le Wu (Du Xun-he)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
A un ami qui part pour le Wu

Au sud du fleuve, dans la ville de Gu-su
Les maisons, toutes, sont bordées d’eau
Près de l’ancien palais, peu de lieux délaissés
Dans le quartier du port, que de ponts minuscules…

Au marché de nuit on vend fruits et racines de lotus
Les barques de printemps transportent soies et satins
Loin de toi, sous la même lune qui veille
Je te rejoindrai dans le chant d’un pêcheur

(Du Xun-he)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

… Et voilà (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2020



Illustration: Fabienne Contat
    
Un marin a quitté la mer
son bateau a quitté le port
et le roi a quitté la reine
un avare a quitté son or
… et voilà

Une veuve a quitté le deuil
une folle a quitté l’asile
et ton sourire a quitté mes lèvres
… et voilà

Tu me quitteras
tu me quitteras
Tu me quitteras
tu me reviendras
tu m’épouseras
tu m’épouseras

Le couteau épouse la plaie
rarc-en-ciel épouse la pluie
le sourire épouse les larmes
les caresses épousent les menaces
… et voilà

Et le feu épouse la glace
et la mort épouse la vie
comme la vie épouse l’amour

Tu m’épouseras
Tu m’épouseras
Tu m’épouseras.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Embrasse-moi
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous nous aimions (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



Nous nous aimions

Nous nous aimions sur ce rivage
Quand le phare perçait la brume
Qui tombait sur la mer sauvage
Dont le flot se couvrait d’écume.

Nous nous aimions dans ce vieux port,
En regardant les vieux bateaux
Ancrés au pied du vieux château
Que survolait l’oiseau de mort.

Nous nous aimions sur cette plage,
Près d’un tapis de coquillages,
D’une passion impérissable
Comme tous les châteaux de sable.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

CHERCHE L’AMOUR (Anie Shamri)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2019



Illustration: Monique Levallois

    
CHERCHE L’AMOUR

Cherche l’amour, mais n’en demande point mesure,
De lui n’exige point exactitude et loi.
La vague vient portant une averse d’écume
Elle te lave avec les astres et l’azur.

Cherche l’amour, mais ne rappelle point son nom
Au port dans le tumulte des navires,
Se gonflent les courants, flammes et tourbillons,
Mais dans les profondeurs les perles se retirent.

Cherche l’amour à la margelle des étoiles,
Au loin, là-bas où se nouent tant de voiles,
Où la mer sur le ciel déverse tout son sable
Et le tamise avec le tamis de la lune.

Cherche l’amour, mais ne l’attache point à l’ancre,
Prends à la mer un seul instant de bleu lustral
Et quand s’enfuit la vague – alors remercie-la
Et que la suive ton regard : deux calmes voiles.

(Anie Shamri)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vision (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019




    
Vision

Un coup de tonnerre, pour la troisième fois déjà !
Lentement de la mer surgissent vaisseau après vaisseau.
Des vaisseaux engloutis au mât carbonisé,
des vaisseaux engloutis à la poitrine défoncée,
au corps à demi en lambeaux.

Et ils voguent muets,
inaudibles à travers la nuit.
Et nulle vague ne se referme derrière eux.

Ils n’ont pas de route, ils n’en trouveront pas,
nul vent n’osera s’en saisir fermement,
nul port ne s’ouvrira pour eux.
Le phare peut faire semblant de dormir !

Si ces vaisseaux atteignent le rivage…
Non, pas le rivage !
Nous mourrons comme les bans de poissons ballottés
autour d’eux au gré des vastes flots,
cadavres par milliers !

***

Vision

Jetzt schon zum dritten Mal der Donnerschlag!
Und aus dem Meer taucht langsam Schiff auf Schiff
Versunkne Schiffe mit verkohltem Mast,
versunkne Schiffe mit zerschossner Brust,
mit halbzerfetztem Leib.

Und schwimmen stumm,
unhörbar durch die Nacht.
Und keine Welle schlißt sich hinter ihnen.

Sie haben keinen Weg, sie werden keinen finden,
kein Wind wird wagen, fest in sie zu greifen,
kein Hafen wird sich öffnen,
Der Leuchtturm kann sich schlafend stellen!

Wenn diese Schiffe bis ans Ufer kommen…
Nein, nicht ans Ufer!
Wir werden sterben wie die Fischzüge,
die rund um sie auf breiten Wogen wiegen
zu abertausend Leichen!

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une Louise dans chaque port (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2019



Illustration: René Leforestier

    

Une Louise dans chaque port

C’était au bon temps des voiles latines
Nous, on naviguait sur la Madelon
Le patron c’était Jules d’Essertines
Il était beau comme Apollon
Il fallait le voir commander sa barque
Oeil clair, torse nu, gorgé de soleil
Plein de majesté, comme un vrai monarque
Doré ma foi jusqu’aux orteils
Un tombeur de charme, et un tout bon type
Les belles partout guettaient son retour
Il aimait la vie, il aimait sa pipe
Son bateau, le vin, et l’amour

(Refrain)
Car après Dieu seul maître à bord
Comme tous les marins du monde
Il avait pour son réconfort
Une Louise dans chaque port

Par le Bouveret, c’était, grassouillette
L’Angèle une blonde aux jolis yeux pers
Qui lui tricotait maillots et chaussettes
Pour qu’il s’enrhume pas l’hiver
A Thonon l’Irma, la belle cafetière
L’abreuvait d’amour et de vin clairet
Mais il apprenait les belles manières
Avec une Anglaise à Revers
Y avait l’Amanda, la muse de Morges
Qui lui donnait tout dans sa véranda
Son corps, son esprit, sa superbe gorge
C’était lui l’amant d’Amanda

(Au refrain)

On le surnommait parfois « Fend-la-bise »
Mais le plus souvent « Jules-le-tombeur »
Pour bien bourlinguer entre les Louises
Fallait un fort navigateur
Y avait les maris, y avait les tempêtes
Le soleil, la pluie, et le calme plat
On restait des jours sans bouger en quête
D’un souffle d’air et puis voilà
Le coup de Vauder, escale à l’auberge
Douchy où l’Esther, l’ange du quartier
Lui jouait au piano « La prière d’une vierge »
Qu’il exauçait bien volontiers

(Au refrain)

Mais le vent tournait, rabattait les voiles
Et la Madelon, chargée de graviers
Mettait cap à l’ouest, et Jules en sandales
Veillait au grain sans sourciller
Le vent fraîchissait, on voyait les grèves
Défiler ma foi vite et joliment
Puis on débarquait au port de Genève
Ahuri sans savoir comment
Pour nous accueillir, toutes les grandes gueules
De Piogre étaient là, ça faisait du bruit
La grande Lulu disait : « Pas de meule
J’emmène Jules pour la nuit »

(Au refrain)

C’était le bon temps, mais trop de Louises
Et trop de bordées, c’est bien épuisant
C’est ainsi qu’un soir, notre Fend-la-bise
Il allait sur ses cinquante ans
En faisait escale au port de Villeneuve
Est tombé, ma foi, mort en plein bonheur
Dans les bras douillets d’une jolie veuve
On peut bien dire « au champ d’honneur »
Au navigateur de charme et d’eau douce
On a fait alors un bel enterrement
Toutes étaient là, les blondes, les rousses
Toutes les perles du Léman

Et les pirates de tous bords
Pour fleurir la tombe où repose
Désormais celui qui est mort
D’une Louise dans chaque port

(Jean Villard–Gilles)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Pour un ami (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



 

Salvador Dali __ Portrait du violoncelliste Ricardot Pichot  1920 [1280x768]

Pour un ami

Pour un ami qui souffre, pour l´enfant qui dort,
Pour un chagrin d´amour, qui ne veut pas finir,
Pour une nuit d´hiver en Méditerranée,
Pour un verre de vin partagé à plusieurs,
Pour que dansent les vagues captives dans le port,
Pour que chantent les filles à la tombée du jour,
Et pour que le silence semble plus léger,
Je joue cette musique qui traînait dans la rue.
Elle vient de quelque part, je ne sais plus très bien,
J´ai visité le monde et j´en suis revenu.
J´ai gaspillé mon âme et j´ai perdu le nord
Je joue cette musique pour ne penser à rien.

(Georges Moustaki)

Illustration: Salvador Dali

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pêcheur (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



 

DCF 1.0

Pêcheur

{Refrain:}
Pêcheur, pêcheur, pêcheur d´amour
Pêcheur, pêcheur à la tombée du jour
Tout seul, tout seul sur un bateau de bois
Tout seul, tout seul, je suis seul avec moi

Dans mes filets ce sont des diamants
Ce sont les larmes de l´océan
Mais au matin elles s´évaporent
Le cœur léger je rentre au port

{au Refrain}

Tout seul je vais où me pousse le vent
La terre est si loin derrière ou devant
Et personne ne m´attend nulle part
Ma vie n´est faite que de départs

{au Refrain}

Lorsque la mort viendra me chercher
Qu´elle me brise contre un rocher
De mes filets qu´elle fasse un linceul
J´y dormirai tout seul, tout seul, tout seul, tout seul…

Pêcheur, pêcheur, pêcheur d´amour
Pêcheur, pêcheur à la tombée du jour

(Georges Moustaki)

Illustration: Sylvain Horréard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bahia (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



Bahia

Bahia

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

C´est là qu´un beau jour a commencé le Brésil
Et sa première capitale
C´est là que l´Afrique vit encore en exil
Et parle la langue du Portugal

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

C´est là que les hommes savent encore se battre
A pieds nus ou à mains nues ou au couteau
Pour les beaux yeux d´une jolie mulâtre
Au risque d´y laisser la peau

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

J´ai écouté chanter les fils de Gandhi
J´ai vu danser les filles de Xango
C´est là que j´ai retrouvé le paradis
Du côté de chez Jorge Amado

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador

Comme ma chanson n´était pas terminée
Je l´ai emportée avec moi
Je reviendrai un jour te la fredonner
Sur la plage d´Itapoa

Bahia des pêcheurs des marins
Bahia des filles du port
Bahia de tous les saints
Bahia de Saint-Salvador…

(Georges Moustaki)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE PORT ENSEVELI (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



    
Illustration
    
LE PORT ENSEVELI

Y pénètre le poète
et retourne à la lumière avec ses chants

et les disperse

De cette poésie
il ne me reste
qu’un rien
d’inépuisable secret

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :