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BROUILLARD LÉGER SUR LA COLLINE (Emily Jane Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



 

 

BROUILLARD LÉGER SUR LA COLLINE

Brouillard léger sur la colline
Et qui ne parle pas d’orages pour demain :
Le jour a pleuré tout son saoul,
Épuisé sa réserve de muet chagrin.

Oh! je suis revenue aux jours de ma jeunesse,
Me voici enfant à nouveau,
Et de sous le toit paternel où je m’abrite,
De la porte du vieux château,

Je regarde le soir lourd de nuées descendre
Après une journée de pluie :
Des brumes bleues d’été, de tendres brumes tendent
Les montagnes de l’horizon.

Une moiteur imprègne la longue herbe verte,
Telles les larmes du matin,
Et des bouffées de senteur passent comme en rêve,
Respirant les jours anciens.

***

MILD THE MIST UPON THE HILL

Mild the mist upon the hill
Telling not of storms to-morrow;
No; the day has wept its fill,
Spent its store of silent sorrow.

Oh, I’m gone back to the days of youth,
I am a child once more;
And ‘neath my father’s sheltering roof,
And near the old hall door,

1 watch this cloudy evening fall,
After a day of rain:
Blue mists, sweet mists of summer pall
The horizon’s mountain-chain.

The damp stands in the long, green grass
As thick as morning’s tears;
And dreamy scents of fragrance pass
That breathe of other years.

(Emily Jane Brontë)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Retouche à l’avenir (Daniel Boulanger)5

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



retouche à l’avenir

il se fait vieux et s’adosse au fond de l’impasse
à la porte en trompe l’oeil du néant

(Daniel Boulanger)

Illustration: Claude Verlinde

 

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Tout devient possible (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017


Magritte_amants



Elle se plaît à figurer le seuil
qui sans cesse camoufle un autre accès
s’éloigne
Et lui il tourne autour confond
Le code et la distance
Parfois la porte se rapproche
Une boucle échappe au temps
par l’embrasure
Et tout devient possible.

(Charles Dobzynski)

Illustration: René Magritte

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La Porte du Soleil (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2017



La Porte du Soleil

Lorsqu’il faudra sortir du monde vert
que ce soit par la porte du soleil,
la gueule du lion, qui tourne et flambe
sur les parvis de sable,

que ce soit par des chemins de feu,
le rugissement et l’orage.

Laissons la terre aux larves, aux racines,
à la moiteur des naissances futures.

Laissons l’air qui nous trompa.
Dans le ciel où rôde la foudre
un ange bleu s’évapore.

Et que l’eau fume, la sorcière,
sur les laves incendiées.

Dans l’au-delà de la peur
règne un dieu nu
dont la mâchoire brûle.

(Jean Joubert)

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A la porte du cimetière (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2017



A la porte du cimetière
un enfant joue
avec les petits morts

(Jean Joubert)

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La Visiteuse (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2017



La Visiteuse

Celle qui vint par le défaut du jour,
la faille noire,
la porte incontestée,

baisse les yeux,
pose avec soin le Livre
puis s’inclinant s’efface dans la nuit.

Tu vois alors comme le Livre s’ouvre
où brûle un mot
flagrant et inconnu.

Il t’éblouit, éclaire ton visage,
indéchiffré, brusque présent de feu,
vite réduit à sa trace de cendre.

Si tu le prends, le Livre se fait pierre,
la Bête sort du règne souterrain,
darde vers toi sa lance de vipère.

Celle qui vint s’éloigne, se dissout,
ne laisse qu’un parfum d’encens,
l’ombre d’une aile, l’ombre de son sourire.

(Jean Joubert)


Illustration: Carolus Duran

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Absente de ce lieu (Jacques Jouet)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2017



Absente de ce lieu
première lettre entre toutes les lettres
et cette infirmité
ouvre le livre et découvre une porte.

(Jacques Jouet)

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Ferme les yeux (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2017



Ferme les yeux –
Le maître frappe
A la porte de derrière

***

Close your eyes –
Landlord knocking
On the back door

(Jack Kerouac)

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BLUES DE LA PORTE DE CUISINE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



Illustration
   

BLUES DE LA PORTE DE CUISINE

La vieille lady est morte d’un banal coup de froid.
Elle fumait des cigares à quatre-vingt-dix ans.
L’était mince comme feuille, des os de cerf-volant :
Par la porte d’la cuisine s’est envolée un soir.

Bon je suis pas plus jeune qu’était ma vieille lady,
Quand elle a perdu pied, j’ai fumé des cigares.
Me sens en bout de course et j’ai l’air d’un pauv’ gars,
Alors pour l’amour de Dieu, ferme la porte d’la cuisine !

***

KITCHEN DOOR BLUES

My old lady died of a common cold.
She smoked cigars and was ninety years old.
She was thin as paper with the ribs of a kite,
And she flew out the kitchen door one night.

Now I’m no younger ‘n the old lady was,
When she lost gravitation, and I smoke cigars.
I feel sort of peaked, an’I look kinda pore,
So for God’s sake, lock that kitchen door!

(Tennessee Williams)

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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CABANE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017




    
CABANE

La cabane était douillette et des roses trémières
Ornaient la porte quand il chuchota au travers.
Le soleil sur le seuil était d’un jaune ardent
Lorsqu’elle ouvrit à cet homme ou cet ouragan.

À présent la cabane s’effondre au vent d’hiver
Les cloisons tombent où dans le péché ils s’aimèrent.
Et la longue et blanche pluie balaie toute la cabane
Comme une vieille sorcière de son balai de paille !

***

CABIN

The cabin was cozy and hollyhocks grew
Bright by the door till his whisper crept through.
The sun on the sill was yellow and warm
Till she lifted the latch for a man or a storm.

Now the cabin falls to the winter wind
And the walls cave in where they kissed and sinned.
And the long white rain sweeps clean the room
Like a white-haired witch with a long straw broom!
From Blue Mountain

(Tennessee Williams)

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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