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Poésie

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J’habite le Possible (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



J’habite le Possible —
Maison plus belle que la Prose —
Aux Croisées plus nombreuses —
Aux Portes — plus hautes —

Des Salles comme les Cèdres —
Imprenables pour l’OEil —
Et pour Toit impérissable
Les Combles du Ciel —

Pour Visiteurs — les plus beaux —
Mon Occupation — Ceci —
Déplier tout grands mes Doigts étroits
Pour cueillir le Paradis —

***

I dwell in Possibility —
A fairer House than Prose —
More numerous of Windows —
Superior — for Doors —

Of Chambers as the Cedars —
Impregnable of eye —
And for an everlasting Roof
The Gambrels of the Sky —

Of Visitors — the fairest —
For Occupation — This —
The spreading wide my narrow Hands
To gather Paradise —

(Emily Dickinson)


Illustration: Sylvie Lemelin

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Le Poète (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017


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C’était un Poète – Ce
Qui extrait un sens surprenant
De Signes ordinaires –
Une si vaste Essence

Des espèces familières
Ayant péri à la Porte –
Qu’on s’étonne de ne pas Soi-même
L’avoir captée – d’abord –

D’Images, Révélateur –
Le Poète – Lui et nul autre –
Par Contraste – Nous investit –
D’une perpétuelle Pauvreté –

De la Partie – si inconscient – qu’un Vol –
Ne saurait le léser –
Lui-même – est pour Lui – un Trésor –
Au temps – étranger –

***

This was a Poet — It is That
Distills amazing sense
From ordinary Meanings —
And Attar so immense

From the familiar species
That perished by the Door —
We wonder it was not Ourselves
Arrested it — before —

Of Pictures, the Discloser —
The Poet — it is He —
Entitles Us — by Contrast —
To ceaseless Poverty —

Of portion — so unconscious —
The Robbing — could not harm —
Himself — to Him — a Fortune —
Exterior — to Time —

(Emily Dickinson)

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Retouche à la consolation (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



retouche à la consolation

rieuse en couleurs et sans pagne
la nuit vêtue de rêves m’accompagne
ma rue que je croyais connaître
mentait des portes aux fenêtres

(Daniel Boulanger)

 Illustration

 

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Quand ma chienne me regarde (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



Quand ma chienne me regarde
ses yeux se posent en vérité
dans mon dos sur le vaisselier
ou sur la ligne des arbres
par la fenêtre ouverte.
Elle me regarde
comme à travers une porte en perles
et c’est l’au-delà qu’elle voit
et par moments qui l’inquiète.

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

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Extase (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Extase

Lorsque les yeux fermés
J’ai écrit un poème, tout à coup
Ma main a été brûlée,
Et quand je suis parti
de ce feu noir,
Le papier a respiré
Un nom comme un lys : Dieu.
Mais ma plume, dans la crainte et l’émerveillement,
a percé le mot
Et écrit à la place
Un mot plus familier : l’Homme.

Depuis lors, une voix inconnue
Me hante comme un oiseau invisible
Qui picore, picore contre la porte de mon âme :
Est-ce pour cela que tu m’as échangé ?

(Avrom Sutzkever)

 

 

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Ton rire (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Ton rire

Tu peux m’ôter le pain,
m’ôter l’air, si tu veux :
ne m’ôte pas ton rire.

Ne m’ôte pas la rose,
le fer que tu égrènes
ni l’eau qui brusquement
éclate dans ta joie
ni la vague d’argent
qui déferle de toi.

De ma lutte si dure
je rentre les yeux las
quelquefois d’avoir vu
la terre qui ne change
mais, dès le seuil, ton rire
monte au ciel, me chercha
et ouvrant pour moi toutes
les portes de la vie.

A l’heure la plus sombre
égrène, mon amour,
ton rire, et si tu vois
mon sang tacher soudain
les pierres de la rue,
ris : aussitôt ton rire
se fera pour mes mains
fraîche lame d’épée.

Dans l’automne marin
fais que ton rire dresse
sa cascade d’écume,
et au printemps, amour,
que ton rire soit comme
la fleur que j’attendais,
la fleur guède, la rose
de mon pays sonore.

Moque-toi de la nuit,
du jour et de la lune,
moque-toi de ces rues
divagantes de l’île,
moque-toi de cet homme
amoureux maladroit,
mais lorsque j’ouvre, moi,
les yeux ou les referme,
lorsque mes pas s’en vont,
lorsque mes pas s’en viennent,
refuse-moi le pain,
l’air, l’aube, le printemps,
mais ton rire jamais
car alors j’en mourrais.

(Pablo Neruda)


Illustration

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IL N’Y A PLUS D’AMOUR (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



 

Olivier Valsecchi  i-0

IL N’Y A PLUS D’AMOUR
(Extraits)

Le ciel est si pur
qu’on s’étonne presque
de ne pas y voir
l’image de l’homme.

Limpide, limpide,
le mauvais miroir
mange qui s’y mire,
et c’est le désert.

Les moins amoureux
en perdent leur ombre.
Une solitude
y met son nuage.

*

Avant le marteau
les portes s’effacent,
et l’on peut entrer
dans chaque maison.

La citerne est sèche,
et sur la terrasse
une mousse blanche
imite la neige.

Poussière… Tes mains,
tes cheveux, ta voix,
n’étaient que poussière
à fermer les yeux.

*

Un soir on oublie
le parler commun
quand montent les murs
d’un coeur étranger.

Avoir si longtemps
rêvé ton visage,
si longtemps dormi
le poids de ton corps,

pour se réveiller
aussi loin des mots
qui prenaient en toi
le sens de ma vie !

(Axel Toursky)

Illustration: Olivier Valsecchi

 

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Touristes (Yehuda Amichai)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



 

 

Touristes

Un jour, j’étais assis sur les marches
près d’une porte à la Tour de David
J’avais posé mes deux lourds paniers à mes côtés.
Un groupe de touristes entourait leur guide
et je devins leur point de repère.

Vous voyez cet homme avec les paniers ?
Juste à droite de sa tête,
il y a une voûte datant de l’époque romaine.
Juste à droite de sa tête.
Mais il s’en va, il s’en va !

Je me suis dit :
la délivrance ne surviendra que si leur guide leur dit :
Vous voyez cette voûte datant de l’époque romaine ?
Ce n’est pas important,
mais à côté, à gauche, un peu vers le bas,
un homme est assis
qui a acheté des fruits et légumes
pour sa famille.

(Yehuda Amichai)

 

 

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Le mur travers (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



Le mur travers

Il y a des nuits sans lune
des pays sans rivière
et des yeux sans regard

Il y a des chambres sans fenêtre
des villes sans lumière
et des lèvres sans chanson

il y a des chemins sans village
des matins sans clarté
et des enfants sans pain

Mais il y a une porte
dans chaque mur
à inventer à ouvrir…

(Jean-Pierre Siméon)

 

 

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La Voix (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2017



La Voix

Je ne veux de personne auprès de ma tristesse
Ni même ton cher pas et ton visage aimé,
Ni ta main indolente et qui d’un doigt caresse
Le ruban paresseux et le livre fermé.

Laissez-moi. Que ma porte aujourd’hui reste close ;
N’ouvrez pas ma fenêtre au vent frais du matin ;
Mon cœur est aujourd’hui misérable et morose
Et tout me paraît sombre et tout me semble vain.

Ma tristesse me vient de plus loin que moi-même,
Elle m’est étrangère et ne m’appartient pas,
Et tout homme, qu’il chante ou qu’il rie ou qu’il aime,
À son heure l’entend qui lui parle tout bas,

Et quelque chose alors se remue et s’éveille,
S’agite, se répand et se lamente en lui,
À cette sourde voix qui lui dit à l’oreille,
Que la fleur de la vie est cendre dans son fruit.

(Henri de Régnier)

 

 

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