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Poésie

Posts Tagged ‘porte’

Amour d’automne (André Sagne)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2018




    
Amour d’automne
(extraits)

Certaines nuits
le flot
de mes anciennes vies
vient saper les murs de ma chambre
et c’est l’océan
qui lâche
sa colère
et tambourine
à ma porte

(André Sagne)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Numéro 128 de la revue Friches
Traduction:
Editions: Revue Friches
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DÉFONCEMENT (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




DÉFONCEMENT

Quelqu’un a voulu ouvrir une porte.
Ses mains font mal,
agrippées à leur prison d’os de mauvais augure.
La nuit entière s’est débattue contre sa nouvelle ombre.
Il a plu dans le petit matin et on martelait avec des éperons.
L’enfance implore depuis mes nuits de crypte.
La musique émet des couleurs ingénues.
Des oiseaux gris au jour naissant sont à la fenêtre
Close ce que mon poème est à mes maux.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Jan Nieuwenhuys

 

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Dans la cavité illuminée (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




Illustration: Vladimir Kush
    
Dans la cavité illuminée
où cet instant est une perle prodigue
j’écoute ma mémoire s’ouvrir éraillée
comme une porte au vent.

Si mourir est mémoire fermée.

Je travaille le silence
je le fais flamme

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Ce que j’ai (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration: Alex Stevenson Diaz
    

Ce que j’ai

Sous ma peau j’ai une route
sous ma peau j’ai une veste
dix parents infatigables
qui s’accrochent aux deux pans

moi je rentre dans ma peau
et je tire sur l’étoffe
laissez-moi aller aux pierres
laissez-moi ficher le camp
j’aime mieux mâcher le vent
que le bouilli du samedi

sous ma peau j’ai une route
sous ma peau j’ai une porte
je la claque je cours dehors
mais je sens dans tout mon corps
les parents qui s’agrippent encore.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Je suis neuf (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration

    
Je suis neuf

Je suis neuf tu m’agrandis
passe tes mains dans mes cheveux
passe tes doigts dans ces jours morts
pose tes lèvres sur mes yeux

image double du secret
fermé trois fois dans ma colère
au bord d’un soir tu apparais
mon rêve exact de chair et d’air

depuis ce lit entends la flûte
errant la nuit parmi les rues
sommeil au loin baisers de flûte
et le chant d’ombre en moi s’est tu

J’ai traversé le poids des choses
je te conduis au fil des nuits
tu as fendu la porte close
si je suis neuf accueille-moi.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Ô, Sire, est-ce là le chemin ? (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



temple de Kom Ombo

Les murs ne tombent pas
[42]

Ô, Sire, est-ce là le chemin ?
dans la laîche, dans l’herbe des dunes,

silencieusement
les patins des traîneaux passent.

Ô, Sire, est-ce là la terre gaste ?
incroyablement,

le sable miroite comme la glace,
froid, froid ;

attiré vers la porte du temple, ô, Sire,
est-ce enfin l’union ?

***

O, Sire, is this the path?
over sedge, over dune-grass,

silently
sledge-runners pass.

O, Sire, is this the waste?
unbelievably,

sand glistens like ice,
cold, cold;

drawn to the temple-gate, O, Sire,
is this union at last?

(Hilda Doolittle)

 Illustration

 

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En entendant grincer (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018




En entendant grincer au fond de la mémoire
les portes des salles froides
lorsque bruissaient les peupliers des rives
on sent s’émerveiller son sang.

(Jean Follain)

Illustration

 

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L’apprenti fantôme (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



L’apprenti fantôme

Une lumière qui avance lentement comme l’eau
Dans un morceau de sucre. Une lumière
Qui me découvre peu à peu. Ai-je une bouche
Comme les gens d’ici ? Des bras, des jambes ? Quel miroir

Me rendra soudain à moi-même ? Quelle baguette
Magique, me fera redevenir semblable
À ceux qui m’ont fermé leur porte ? Et je tournais
Autour de leur maison comme un vent fou de désespoir

Ah Est-il merveille plus grande que ces yeux
Qui relient la face à l’univers qui l’entoure ?
Ils savent percer le lointain mais aussi comme une feuille
Ô la pluie pénètre ils savent retenir d’énormes visions.

Et l’oreille qu’émeut la voix de l’ami ou le grondement
Du tonnerre ? Et les mains qui pétrissent le pain ?
Et les pieds qui, soumis, silencieux comme deux chiens,
Conduisent l’homme sur les traces de la lumière ?

Hommes et femmes qui êtes d’ici et qui savez
Reconnaître chaque pierre et qui vous appelez
Avec des noms pleins jusqu’au bord de souvenirs.
Puis-je apprendre vos jeux, puis-je vous dire,

Quelle joie est la vôtre: le matin au réveil
Vos doigts qui retrouvent comme un clavier le monde
Le soleil du parler rayonne dans vos bouches
Chaque mot est aimé par vos pères et vos enfants.

(Ilarie Voronca)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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VISITE NOCTURNE (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018



 

VISITE NOCTURNE
Rio, décembre 1947

On a frappé à ma porte,
Je fus ouvrir, nul ne vis.
Est-ce l’âme de la morte ?

Aucun ne vis, mais quelqu’un
Entra dans la chambre vide
La chambre aussitôt changea.
Je me couchai dans le lit,
Près du lit quelqu’un s’assit.

Est-ce l’âme de la morte ?
Morte ? Innocence ? Ou l’enfance ?
Ou les projets avortés,
Ou ce qui fut et n’est plus ?

Bénite soit qui revint!
Trois fois bénite la morte,
Qui qu’elle soit, cette morte
Qui a frappé à ma porte.

(Manuel Bandeira)

Illustration: Jean Charles Nicaise Perrin

 

 

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Brebis sortant au vert (Henri Pichette)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Brebis sortant au vert par une porte arquée.
Navette de fauvette en souci de becquée.

Daguet surpris qui saute au détour de la sente.
Sanglier las baugé dans la boue innocente.

Bleu regard d’enfant roux qui garde les dindons
Et chasse à coups de hart les frelons… les bourdons…

Vol de perdreaux maillés. Coccinelle cinabre.
Alignement sacré d’arbres en candélabre.

(Henri Pichette)

 

Recueil: Poèmes offerts
Traduction:
Editions: Gallimard

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