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Poésie

Posts Tagged ‘porte’

Je regardai la fenêtre (Giorgio Caproni)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017



    


Je regardai la fenêtre. Murée.
La porte. Condamnée.

Ah, « Quelle folle danse »
(je me mis à chantonner,
ainsi, pour ne pas désespérer
dans la ténèbre) « est l’Espérance. »

***

Guardai la finestra. Murata.
La porta. Condannata.

Ah, « Quale folle danza »
(mi misi a canticchiare,
cosí, per non disperare
nel buio) « è la Speranza. »

(Giorgio Caproni)

 

Recueil: Le mur de la Terre
Traduction: Philippe Di Meo
Editions: Atelier la Feugraie

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PERSAN (Jean-Luc Caizergues)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    
PERSAN

La porte s’ou
vre et le tueur
se plante dans
l’entrée.

Énorme et hale
tant il scrute
longuement la
petite

pièce. Un tapis
est roulé dans
un coin, moi
dedans.

(Jean-Luc Caizergues)

 

Recueil: La plus grande civilisation de tous les temps
Traduction:
Editions: Flammarion

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MARINE (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



MARINE

Je te regarde et le soleil grandit
Il va bientôt couvrir notre journée
Éveille-toi cœur et couleur en tête
Pour dissiper les malheurs de la nuit

Je te regarde tout est nu
Dehors les barques ont peu d’eau
Il faut tout dire en peu de mots
La mer est froide sans amour

C’est le commencement du monde
Les vagues vont bercer le ciel
Toi tu te berces dans tes draps
Tu tires le sommeil à toi

Éveille-toi que je suive tes traces
J’ai un corps pour t’attendre, pour te suivre
Des portes de l’aube aux portes de l’ombre
Un corps pour passer ma vie à t’aimer

Un cœur pour rêver hors de ton sommeil.

(Paul Eluard)

Illustration

 

 

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OÙ S’EN VONT LES RUISSEAUX (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
OÙ S’EN VONT LES RUISSEAUX

Dans les rues à minuit ne coule aucun ruisseau
il ne naît qu’avec l’aube et le bon balayeur
qui lui ouvre la porte et dirige ses pas
pousse dans son eau claire ordures, feuilles mortes
les tickets de métro les cendriers vidés
tout et n’importe quoi file vers cette bouche
qui avale le ru pour le rendre à l’égout
Il renaît à l’azur lorsque sorti du noir
il laissera sa lie aux terrains d’épandage
Alors plus pur plus libre il s’en va vers l’aval
retrouver loin des ports le trésor des possibles

(Raymond Queneau)

 

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LE DRAGON DOUX (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
LE DRAGON DOUX

Un serpent de mer arrive à bon port
il rencontre des journalistes
il leur explique quel est son sort
et pourquoi il se sent si triste
et d’où vient le fait qu’il existe

Au bout de peu de temps on se familiarise
on l’appelle par son petit nom
les femmes veulent lui faire des bises
un chasseur prépare du petit plomb

Quand il parle maintenant on ricane
plus question de lui à la télévision
on lui reproche d’obstruer la porte océane
ce qui amène de nombreuses protestations

Alors il retourne vers sa solitude marine
avant qu’on ne lui fasse un mauvais sort
s’il avait soufflé un peu de feu par les narines
peut-être aurait-il trouvé un plus accueillant port

(Raymond Queneau)

 

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Le brouillard autour (Edward Stachura)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Euan Macleod SMOKED_OUT__Euan_MACLEOD_b_1956_front

Le brouillard autour

Combien de temps encore le vagabondage m’est destiné?
Ah! Petite étoile – feu follet de mes jours
Fais arrêter enfin cette souffrance
Et conduis moi, pousses moi vers la porte tendre!

Mais où est cette maison, comment peut-on la trouver?
Où est ce refuge, ou est ce foyer?
Là il y a un pont sur le fleuve, et derrière il y a un jardin
Là le vide disparaît et le monde commence.

Mais où est ce fleuve et où est ce pont?
Ce jardin blanc et ses pommiers, où se trouvent-ils?
Le vent nous sert les fruits de ces arbres
Une main comme une fleur les ramasse dans le panier.

Ce pays existe quelque part, loin, derrière le brouillard
Je marche donc, et je me déchire toujours
Les oiseaux se rassemblent et partent sur le chemin
Ils volent déjà, tout droit, ils n’errent pas comme moi.

Combien de temps encore le vagabondage m’est destiné?
Ah! Petite étoile – feu follet de mes jours
Fais arrêter enfin cette souffrance
Et conduis moi, pousse moi vers la porte tendre!

(Edward Stachura)

Illustration: Euan Macleod

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Une main (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



5
Une main traverse la porte
mince mince à en souffrir
d’autres mains jouent aux cartes
là-bas là-bas dans les airs
d’autres encor désertent
le grand ennui du ciel

(Raymond Queneau)

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De la lumière à la lumière (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017


La-Magie-de-la-Lumiere

Que ma parole pèse sur la nuit qui passe
Et que s’ouvre toujours la porte par laquelle
Tu es entrée dans ce poème
Porte de ton sourire et porte de ton corps

Par toi je vais de la lumière à la lumière
De la chaleur à la chaleur
C’est par toi que je parle et tu restes au centre
De tout comme un soleil consentant au bonheur

(Paul Eluard)

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LA SOLITUDE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Daniel Siguier

    

LA SOLITUDE

Bel arbre noir dans cette chambre
Je te pare de tous mes soucis
Derrière moi
C’est le bruit d’ailes des portes
Qui se referment

Tout ce qui tombe
De l’autre côté des épaules
Tout ce qui plane
Plus haut que la nuit
N’atteint pas mon visage

Je cherche un homme en moi
A qui parler.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: René Guy Cadou
Traduction:
Editions: Seghers

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La jeune fille chantait dans le choeur de l’église (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



La jeune fille chantait dans le choeur de l’église
Pour tous les fatigués dans un lointain pays,
Pour tous les bateaux partis en mer,
Pour tous ceux qui ont oublié la joie.

Ainsi chantait sa voix, s’envolant vers les voûtes,
Ét un rayon de lumière sur son épaule dansait,
Et chacun la regardait émerger des ténèbres,
Ecoutait chanter sa robe blanche dans la nuit.

Et tous croyaient que la joie allait revenir,
Que les bateaux avaient un havre sûr atteint,
Qu’en pays étranger, les hommes las et seuls,
Une vie claire et sereine avaient enfin trouvée.

Et douce était la voix, brillant le rayon de lumière,
Et seul, là-haut, près de la Porte sacrée,
Pleurait l’enfant participant aux Mystères,
Pleurait parce que personne ne reviendrait jamais !

(Alexandre Blok)

 

 

 

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