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Poésie

Posts Tagged ‘portée’

Des étoiles vides (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



    

Des étoiles vides
L’horizon à portée de main

Une brume d’argent s’interpose

Sous mon drap léger
Comme un papier à cigarette
J’écoute

Les battements du coeur sec
D’une pendule

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Les branches ont le secret (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
Les branches ont le secret
d’une écriture aussi
vivante que celle qui rythma

mon enfance. L’école était
mon château, mon refuge,
ma patrie. Sur le tableau,
se déroulaient, comme

des portées radieuses,
les modèles que je devais
suivre pour conquérir
le coeur du temps et

comprendre qu’il me
faudrait grande prudence
pour ne jamais trahir
l’écriture des branches.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le jardin musical (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Le jardin musical

Qui entend bien l’amour
Plante fleurs en l’oreille.
Et chante l’alouette
Au plus haut de l’été.

Ce sont là semaisons
De notes de musique
Sur l’étrange portée
Des bordures de thym.

Romarin des abeilles,
Calices des bourdons,
Herbes des sauterelles,
Palais d’ambre et de sucre.

Des couleurs symphoniques,
Des caresses qui voient.
Jusqu’au sommeil des rêves
Qui refuse la nuit.

Je dirai l’odyssée
D’une chaste pervenche,
Je conterai l’histoire
De ce brin d’herbe jaune.

Muguet, mon clavecin.
Lavandin, mon pipeau.
Orange, ma guitare.
Chêne, ma contrebasse.

Je m’enivre des mots
Qui chantent les parfums
Dans ce jardin si jeune
Qu’il est d’éternité.

Ainsi tout un orchestre
Pour éblouir le jour.
Qui entend bien la terre
Ne connaît pas le froid.

(Robert Sabatier)

Illustration: Josephine Wall

 

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Le bois les cordes (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018




    
Le bois
les cordes
les clés
de métal
— la forme sinueuse
de l’instrument posé entre ses jambes
la Harpiste sème des sons, secoue la tête :

ainsi le corps, croit-elle
embrasse les notes, ainsi l’âme s’allonge
et respire sur les portées, compte le temps
puis son visage pâlit
ses mains blanches, sa peau fine
plus fine encore.

(Hélène Dorion)

 

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Ne plus penser à rien (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018




    
Ne plus penser à rien
N’être là pour personne
Des fleurs sur le chemin
Une cloche qui sonne
Ce visage qui brille à portée de la main

Et si tu veux mourir
Il fera jour demain

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Bleus de la profondeur (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2017




    
Bleus de la profondeur,
Nous n’en finirons pas
d’interroger votre mystère.

L’illimité n’étant
Point à notre portée,
il nous reste à creuser, ô bleus

Du ciel et de la mer,
Votre mystère qui n’est autre
que nos propres bleus à l’âme.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Penser est habiter (Jean-Paul Michel)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



 

Eugène Carrière Moonlight

Penser est habiter

Des oliviers plantés avec soin devant nos yeux couvrent
comme une mer la sèche
montagne. Les hommes, ainsi, habitent,
de leur talent l’espace entier du vivable ils
façonnent un visage tenable devant
le chaos des monts : c’est
la torche qu’ils allument leur
poème – devant le tout de l’être, avec modestie,
ferveur. Cette poursuite de travaux salubres est
leur marque. Une cloche soudain taille dans le silence un
ordre On remercie, reconnaissant, de
ce qu’une musique humaine puisse
borner le silence donné – ce don
d’un monde plus grand et
meilleur

Ces signes ne sont pas sans portée. Puisses-tu
carillon matinal valoir métaphore pour
un signe vers
le tout de l’être en sa beauté terrible – d’un coup surgi depuis
attisant nos désirs ! Puisses-tu
poème comme un cri scander
à l’égal de ces notes dans l’aube – et, comme elles, d’assez de portée un chant
pur
À cette condition, la parole n’aurait pas été
chose vaine

Penser est habiter Il n’y a d’autre mesure que la parole
L’Être n’a pas de plein La vérité est son voile Chaque
possibilité nouvelle de la parole, de ce voile, un pli
nouveau. Chacun de ces plis porte
le chiffre d’un poète.

(Jean-Paul Michel)

Illustration: Eugène Carrière

 

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Je te cherche (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2016



Je te cherche
Es-tu ma mère, ma fille ?
Laquelle est la porte de l’autre
La terre est là
Au niveau de nos songes
Faut-il descendre et monter
Pour y être
A portée de tes bras ?

(Heather Dohollau)

Illustration: Victoria Denim

 

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ESCALIER (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2016



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ESCALIER

Vu d’en bas, la figure de la montée
L’envol mémorable d’une vie
Suspendue pas à pas
Avec entre les plis de pierre
Le noir entêtement du jour

Le fût évidé de l’imaginaire
Dans l’arbre du réel
Passage du souffle
Flamme et eau
Colonne et cascade
La portée d’une musique
Sur le vide

Ou le renversement de l’ange
Lenz qui voulait marcher sur la tête
Et Bartleby mourant dans son refus
Sur le gazon chu du bec des oiseaux
Là où il y avait le ciel

(Heather Dohollau)

 Illustration: Bartleby

 

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Nous suivons l’ombre portée d’un espoir (Philippe Jones)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2016



Le sable n’oublie pas la pesée de nos jours,
les pavés se souviennent, malgré les pluies,
et si l’on retrouve nos traces,
c’est avec leur accord;
ainsi notre désert a ses fontaines,
lorsque tout semble s’égarer

Tout insecte s’enchaîne
en cherchant sa lumière

Nous suivons l’ombre portée d’un espoir

(Philippe Jones)

Illustration

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