Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘posthume’

Sous la lanterne rouge du passé (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019


 


 

Alain Amevet   la-vieille-dame-au-chat-jpg

Sous la lanterne rouge du passé, la vieille dame assise au balcon de son honneur inventorié
savamment caresse posthume la chatte ronronneuse d’un souvenir.
Quand viendra-t-elle cette dernière page
où l’horloge arrêtée marquera toujours minuit

(Georges Libbrecht)

Illustration:Alain Amevet

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LIBERTÉ (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



LIBERTÉ

A Pan-Mun-Jom
Faut tailler des joncs.

A Buenos Aires
Faut un revolver.

A Salonique
Faut s’armer de piques.

A Berlin
Faut pas s’tromper d’train.

A Moscou
Faut tenir le coup.

A Belgrade
T’en prends pour ton grade.

A Yokohama
Faut se faire tout plat.

A Québec
Béni-béni-bec.

A Pékin
Faut être pour Mâ-Chin.

A Shangai
Contre la racaille.

A Jérusalem
On pleure toute la semaine.

A Calcutta
Calcule ce que t’as.

A Bangkok
Faut subir le choc.

A Panama
Nu-tête il faut pas.

A Montevideo
Faut être comme il faut.

Plus bas à Cuba
Etre ou n’être pas.

A Rome
Il faut faire comme.

A Banga-Bango
Gare à ton gigot!

Lausanne, Genève
Les coeurs sant de neige.

Anvers, Amsterdam
Y’a des drôl’de dames.

Copenhague, Oslo
C’est pas du lolo.

New York, Tombouctou
Faut s’attendre à tout.

Bientôt dans la lune
On sera tous posthumes.

N’y a qu’à Viroflay
(Larirette, larirette)
N’y a qu’à Viroflay
(Poussez, poussez l’escarpolette)
N’y a qu’à Viroflay
Que je fais
Ce qui me plaît.

(René de Obaldia)

Posted in humour | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Le brouillard indolent de l’automne (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017




    

Le brouillard indolent de l’automne est épars…
Il flotte entre les tours comme l’encens qui rêve
Et s’attarde après la grand-messe dans les nefs ;
Et il dort comme un linge sur les remparts.

Il se déplie et se replie. Et c’est une aile
Aux mouvements imperceptibles et sans fin ;
Tout s’estompe ; tout prend un air un peu divin ;
Et, sous ces frôlements pâles, tout se nivelle.

Tout est gris, tout revêt la couleur de la brume :
Le ciel, les vieux pignons, les eaux, les peupliers,
Que la brume aisément a réconciliés
Comme tout ce qui est déjà presque posthume.

Brouillard vainqueur qui, sur le fond pâle de l’air,
A même délayé les tours accoutumées
Dont l’élancement gris s’efface et n’a plus l’air
Qu’un songe de géométrie et de fumées.

(Georges Rodenbach)

 

Recueil: Le Miroir du ciel natal

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Joies sans causes (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017




Joies sans causes

On connaît toujours trop les causes de sa peine,
Mais on cherche parfois celles de son plaisir ;
Je m’éveille parfois l’âme toute sereine,
Sous un charme étranger que je ne peux saisir.

Un ciel rose envahit mon être et ma demeure,
J’aime tout l’univers, et, sans savoir pourquoi,
Je rayonne. Cela ne dure pas une heure,
Et je sens refluer les ténèbres en moi.

D’où viennent ces lueurs de joie instantanées,
Ces paradis ouverts qu’on ne fait qu’entrevoir,
Ces étoiles sans noms dans la nuit des années,
Qui filent en laissant le fond du cœur plus noir ?

Est-ce un avril ancien dont l’azur se rallume,
Printemps qui renaîtrait de la cendre des jours
Comme un feu mort jetant une clarté posthume ?
Est-ce un présage heureux des futures amours ?

Non. Ce mystérieux et rapide sillage
N’a rien du souvenir ni du pressentiment ;
C’est peut-être un bonheur égaré qui voyage
Et, se trompant de cœur, ne nous luit qu’un moment.

(René-François Sully Prudhomme)

Illustration: Paul-Jacques-Aimé Baudry

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Où suis-je (Robert Ganzo)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



Où suis-je parmi ceux qui vont
flottant comme un écho posthume?

(Robert Ganzo)


Illustration: Michel Ogier

Posted in poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

FIANÇAILLES POSTHUMES (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2016



FIANÇAILLES POSTHUMES

J’aimerais tant te chanter, ma planète,
sans le secours des mots ni des chansons;
je marcherais près de toi, plein d’amour,
et cueillerais les fleurs de notre espace :
ici la jeune étoile à peine éclose,
et là cette comète qui est mûre.
Nous flatterions nos êtres familiers :
il est des épagneuls taquins et doux,
— on les appelle parfois météores —
qui viennent boire à même tes ruisseaux,
et dans mon âme aussi il est des bêtes
qui me font vivre en paix avec ma peur
et avec toi et avec la tristesse.
Nous choisirions l’endroit où le néant
est le plus frais, et nous nous aimerions,
toi devenant humaine par pitié,
et moi lunule heureux qui t’obéit.
Nous nous raconterions nos plus beaux rêves,
pour qu’ils écartent les lourdes limites
de nos esprits et de nos coeurs. Et même
je t’imagine en train de composer
un poème en syllabes de colline
et mots d’azur, tandis que je m’efforce
de devenir un très sage équateur.

(Alain Bosquet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Serons-nous remboursés à la fin du spectacle? (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2016



Michael Whelan _47 [1280x768]

Serons-nous remboursés à la fin du spectacle?

Deux mille et des poussières.

Je raye un millénaire sur le calendrier.
– Comment trouvez-vous cette vie? – Palpitante!
– Et ce siècle? – Passable.
L’éternité ne fait pas son âge, ce matin
Et moi, poète confidentiel d’une langue partout étrangère,
Je vous dis que les rues regorgent d’êtres qui n’ont jamais vécu
Et prennent néanmoins la mort en marche ainsi qu’un autobus
Pour des odyssées sans issue vers d’abstraites Sibéries ou de scabreuses Babylones.
Ceux qui n’existèrent qu’à reculons, nourris d’absence et d’avenir posthume
Savent combien il est dangereux de lancer des prières aux dieux
Ou de glisser son âme entre les grilles à portée de leurs griffes.
Serons-nous remboursés à la fin du spectacle?
Vagabond de l’entre-deux-mondes, je guette les oiseaux qui saccagent le ciel.
L’automne a mis partout des fruits qui te ressemblent.

(Marc Alyn)

Illustration: Michael Whelan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PLUS JAMAIS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2016



 

PLUS JAMAIS

Je sais désormais que la vieillesse c’est déjà l’enfer
les remords les regrets les souvenirs
et les expériences l’expérience
ne plus être ce qu’on avait été
ne plus pouvoir aimer
et savoir que l’on pouvait aimer
Les témoignages du temps passé
Ne pouvoir oublier ce qu’on voulait oublier
et ces gloires que l’on sait posthumes
Ne pouvoir recommencer les commencements
Tendre les mains les bras les lèvres
et n’offrir que le néant
les mains vides les bras ouverts les lèvres ouvertes
et puis rien rien que rien
Pas la solitude mais l’absence

(Philippe Soupault)

Illustration: Edouard Vuillard

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au ciel (André Devynck)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2016


Quand serons nus et profonds
têtes folles galets ronds
écueils
à la porte où nos doigts s’usent
Un signe noir
sur le seuil.
Le temps ruse et nous confond
haute écluse.

Sable et sel
silence
seul.

Quel cri
quelle vague de fond
ô juge
nous rejettera ?

Liberté
le vent
l’écume.

Au ciel, étoiles posthumes.

(André Devynck)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sa voix est triste encor d’un spleen plus volatil (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2016



[…]

Sa voix est triste encor d’un spleen plus volatil :
La voilà s’affligeant du départ en exil
De la fumée, au loin, que la bise balaie,
Et qui, violentée, abandonne dans l’air
Ses voiles, et dans l’eau vient mourir toute nue…
Que de choses enfin, brèves comme un éclair,
Que la voix de l’eau mire et qu’elle continue,
Survivance de tant de reflets dans sa voix!
Voix qui prolonge un peu les voix qui se sont tues,
Voix triste qu’on dirait posthume et d’autrefois,
Voix qui parle comme regardent les statues.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :