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Poésie

Posts Tagged ‘pot’

Parfois il chancelle (Rezâ Sâdeghpour)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019




    

parfois
il chancelle
sa peur de tomber
est une menace
de mort sur les passants

le petit

pot de

géraniums

***

(Rezâ Sâdeghpour)

 

Recueil: Le Bris lent des bouteilles
Traduction: Amin Kamranzadeh et Franck Merger
Editions: Cheyne

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La prisonnière (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



La prisonnière

Plaignez la pauvre prisonnière
Au fond de son cachot maudit!
Sans feu, sans coussin, sans lumière
Ah! maman me l’avait bien dit!

Il fallait aller chez grand-mère
Sans m’amuser au bois joli,
Sans parler comme une commère
Avec l’inconnu trop poli.

Ma promenade buissonnière
Ne m’a pas réussi du tout :
Maintenant, je suis prisonnière
Dans le grand ventre noir du loup.

Je suis seule, sans allumettes,
Chaperon rouge bien puni:
Je n’ai plus qu’un bout de galette,
Et mon pot de beurre est fini!

(Jacques Charpentreau)


Illustration: Benjamin Lacombe

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Sans goût pour la poussière du monde (Natsumi Sôzeki)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



Illustration: Natsumi Sôzeki
    
Sans goût pour la poussière du monde ou le bosquet d’ermite,
J’ai cette chambre vide et propre, qui me connaît en amie.

Au toucher d’un caillou, j’imite ce que pense un nuage;
Devant un prunier en pot, je vois ce que ressent la mousse.

Crins d’une queue-de-cerf, jouxtant la table vermillon;
Mots à têtes de mouches, qu’ombre l’écritoire pourprin.

C’est dans ce calme-là qu’est mon affaire, boire le thé,
Charger les chauds rayons d’éclairer mon labeur poétique.

(Natsumi Sôzeki)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Alain-Louis Cola
Editions: Le bruit du Temps

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La Guêpe Tardive (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



La Guêpe Tardive

Tu as réfléchi durant tout l’été mourant,
Tu as visité, chaque matin, notre table,
Baladin solitaire et célibataire,
Et tu t’es nourri de confiture
Si loin dans le pot que toutes tes forces parvenaient à peine
À t’extraire du trou sucré que tu avais creusé,
Toi et la terre, vous avez mûri maintenant
Et tes voies de passage ont ressenti le changement ;
Elles se sont refroidies ;
C’est étrange
Comme ces familières avenues de l’air
S’effritent désormais, s’effritent ; le bon air ne tiendra pas,
Toutes éclateront d’un bruit sec ; toutes périront sous le froid ;
Et déjà tu plonges dans le rien et dans le désespoir.

***

The Late Wasp

You that through all the dying summer
Came every morning to our breakfast table,
A lonely bachelor mummer,
And fed on the marmalade
So deeply, all your strength was scarcely able
To prise you from the sweet pit you had made —
You and the earth have now grown older,
And your blue thoroughfares have felt a change;
They have grown colder;
And it is strange
How the familiar avenues of the air
Crumble now, crumble; the good air will not hold,
All cracked and perished with the cold;
And down you dive through nothing and through despair.

(Edwin Muir)

 

 

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Parmi des chênes, accoudée (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Parmi des chênes, accoudée

Parmi des chênes, accoudée
Sur la colline au vert gazon,
Se dresse la blanche maison,
De chèvrefeuille enguirlandée.

A la fenêtre, où dans des pots,
Fleurit la pâle marguerite,
Soupire une autre Marguerite :
Mon coeur a perdu son repos…

Le lin moule sa gorge plate
Riche de candides aveux,
Et la splendeur de ses cheveux
Ainsi qu’un orbe d’or éclate.

Va-t-elle murmurer mon nom ?
Irons-nous encor sous les graves
Porches du vieux burg des burgraves ?
Songe éteint, renaîtras-tu ? -non !

(Jean Moréas)

 

 

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La fleur (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
La fleur

Dans un pot de fer
des grenades
Dans un pot de terre
une fleur.

La fleur ancienne
toute neuve
Folle comme avoine
lucide comme blé
ou riz
Vraie comme rêve
belle comme amour
rouge comme toujours.

Dans un pot de fer
des grenades
Dans un pot de terre
Une fleur.

La fleur libre et véritable
indispensable
utile comme pain
utile comme vin
juste colère larmes et rires
ou fol espoir
Dans un pot de fer
des grenades
Dans un pot de terre
une fleur.

La fleur interdite de séjour
la fleur rebelle à la lobotanique
réfractaire à l’ortie-culture
La fleur du libre-savoir et des vérités ouvrières
La fleur de n’importe qui quand n’importe qui c’est quelqu’un
la fleur aux couleurs éclatantes et qui éclate n’importe où
quand n’importe où c’est partout
éclate de vivre
éclate de rire
et d’inquiétude
et de détresse aussi.
Dans un pot de fer
des grenades
lancées par des grenadiers
Dans un pot de terre
la fleur
défendue par ses jardiniers.

(Jacques Prévert)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Choses et autres
Traduction:
Editions: Gallimard

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VUE SUR LA COUR (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018


 


 

John Singer Sargent -petite-eplucheuse-pommes-img

VUE SUR LA COUR

La cuisine est très propre et le pot-au-feu bout
Sur le fourneau.
La bonne, attendant son troubade,
Épluche en bougonnant légumes et salade.
Ses doigts rouges et gras, avec du noir au bout,
Trouvent les vers de terre entre les feuilles vertes.
On bat des traversins aux fenêtres ouvertes.
Mais voici le pays.
Après un gros bonjour,
On lui donne la fleur du bouillon, leur amour
S’abrite à la vapeur du pot, chaud crépuscule…
Et je ne trouve pas cela si ridicule.

(Charles Cros)

Illustration: John Singer Sargent

 

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Retouche à l’humeur (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017



Illustration: Paul Cézanne
    
retouche à l’humeur

Pourquoi ce malaise
devant la nappe sans tache
où le pot de cuivre et l’oeuf
équilibrent leurs deux crépuscules ?
Aucune histoire ne nous est contée
et nous voulions ces nourritures.
Mais l’oeuf et le pot sont dans un cadre
le cadre au Musée
et le Musée ferme le soir
en souvenir des peines du peintre.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Le citronnier suspend alangui (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Le citronnier suspend alangui
une branche pâle et poussiéreuse
sur l’enchantement de la fontaine limpide,
et là-bas, tout au fond, rêvent
les fruits d’or…

C’est une claire après-midi,
quasi printanière,
tiède après-midi de mars
qui porte déjà le souffle d’avril;
et je suis seul, dans le patio silencieux,
recherchant une vieille et candide illusion :
quelque ombre sur le mur tout blanc,
quelque souvenir, dormant sur la margelle
en pierre de la fontaine, ou bien, dans l’air,
quelque errance de tunique légère.

Dans l’atmosphère de l’après-midi
flotte cet arôme d’absence
qui dit à l’âme lumineuse : jamais,
et au coeur : attends.

Cet arôme qui évoque les fantômes
des fragrances vierges et mortes.

Oh! oui, je me souviens de toi, après-midi joyeuse et claire,
quasi printanière,
après-midi sans fleurs, lorsque tu m’apportais
les bonnes senteurs de la verveine
et du basilic
que ma mère gardait dans des pots de terre.

Tu m’as vu plonger mes mains pures
dans l’eau sereine,
pour atteindre les fruits enchantés
qui rêvent aujourd’hui au fond de la fontaine…

Oh! oui, je te connais, après-midi joyeuse et claire,
quasi printanière.

(Antonio Machado)

 

 

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LE POT DE TERRE ET LE POT DE FER (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE POT DE TERRE ET LE POT DE FER

Le Pot de fer proposa
Au Pot de terre un voyage.
Celui-ci s’en excusa,
Disant qu’il ferait que sage
De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu,
Si peu, que la moindre chose
De son débris serait cause.
Il n’en reviendrait morceau.
« Pour vous, dit-il, dont la peau
Est plus dure que la mienne,
Je ne vois rien qui vous tienne.
– Nous vous mettrons à couvert,
Repartit le Pot de fer.
Si quelque matière dure
Vous menace d’aventure,
Entre deux je passerai,
Et du coup vous sauverai. »
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s’en vont à trois pieds,
Clopin-clopant comme ils peuvent,
L’un contre l’autre jetés
Au moindre hoquet qu’ils treuvent.
Le Pot de terre en souffre ; il n’eut pas fait cent pas
Que par son compagnon il fut mis en éclats,
Sans qu’il eût lieu de se plaindre.

Ne nous associons qu’avecque nos égaux.
Ou bien il nous faudra craindre
Le destin d’un de ces Pots.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

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