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Poésie

Posts Tagged ‘potence’

Vous avez dit « Je t’aime » (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Vous avez dit « Je t’aime » au vide-ordures,
« je vous salue » aux fruits tombés,
« bonjour » au sable assis sur vos mensonges.
Vous avez dit « remplacez-nous »
aux trottoirs malheureux,
à la fatigue végétale,
au verbe sans vertèbre.
Vous avez dépensé tout votre orgueil.
Retraités de la peur, mot à mot, geste à geste,
vous êtes devenus votre potence.

(Alain Bosquet)

 

 

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Chaque jour se refait dans la rosée (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Alexey Golovin dream

Chaque jour se refait dans la rosée et froisse
Dans son poing mal fermé des fantômes en tas.

Dans cette longue nuit où nous entrons à peine
Il n’y a que la terre et ses potences la terre et ses bûchers
Rien que l’homme traqué qui essaye toutes les clés
Et retient l’avenir entre ses mains trop courtes
Et fait sauter le coeur imprenable des pierres
Pour trouver le secret balbutiant de la vie
A la seule lueur de son amour perdu.
La dormeuse soulève sa chevelure,
Elle la dénoue et la nuit s’éclaire,
Elle déplie ses jambes et les nuées s’entrouvrent,
Elle croise les bras sous la nuque
Et son souffle efface la terreur du ciel.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: Alexey Golovin 

 

 

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Juste avant que le train n’entre en gare (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration: Thomas Boivin
    
Juste avant que le train n’entre en gare
ma pensée est brusquement aiguillée
le long de voies dérivées
sur des triages annexes
où stationnent d’antiques wagons
échoués sous des potences
vers cette zone empreinte de mystère
et de mélancolie
dont elle essaie de saisir au passage
la beauté obscure

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Comment me lasserai-je de chanter mon amour (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




    
Comment me lasserai-je de chanter mon amour
j’ai chanté j’ai chanté d’autres liens
c’était le neige et les pas de l’hiver
purs comme des fleurs
c’était l’espoir et son rosier sans ronce
où le plus long été jamais n’inscrivit une rose
c’était l’absence et cet appel dans le noir
qui devient un visage dans la fièvre du sang
c’était le sang et ses jeux suraigus
le jeu sans gloire qui veille sur la cendre.

Comment me lasserai-je de chanter mon amour
jamais aucun visage à portée de mes lèvres
digne de mon baiser
et pourtant et pourtant ô potence
tu n’as pas pu attendre la douce condamnée
elles ont défilé celles du doux bétail
s’étrangler à l’échafaud cruel
dont le bourreau dormait.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Ils sont morts à plusieurs (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



Illustration: Diana Zeineddine Al Hourani
    
Ils sont morts à plusieurs
C’est-à-dire chacun seul
sur une même potence qu’on nomme territoire
leurs yeux argiles ou cendres emportent la montagne
en otage de vie.

Alors la nuit
la nuit jusqu’au matin
puis de nouveau la mort
et leur souffle dernier dépose dans l’espace la fin du mot.
Quatre soleils montent la garde pour empêcher
le temps d’inventer une histoire.

Ils sont morts à plusieurs
sans se toucher
sans fleur à l’oreille
sans faire exprès
une voix tombe: c’est le bruit du jour sur le pavé.

Crois-tu que la terre s’habitue à tourner?
Pour plus de précision ils sont morts à plusieurs
par besoin de mourir
comme on ferme une porte lorsque le vent se lève
ou que la mer vous rentre par la bouche…

Alors
ils sont bien morts ensemble
c’est-à-dire chacun seul comme ils avaient vécu.

(Nadia Tueni)

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Portrait d’un séducteur (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Portrait d’un séducteur

Il va de lit en lit, de caresse en caresse, de salive en salive.
Il se perd dans la femme comme on se perd dans les forêts les plus crépues.
Il aime aimer, pour n’avoir pas à réfléchir.

Il ne respire bien que sous la peau des autres.
Sa grande volupté consiste à se dissoudre, tantôt dans une bouche et tantôt dans un ventre.
Après l’amour, il balbutie quelques syllabes,

désespère de soi et finit par offrir
son squelette aux passants : on a toujours besoin
d’une potence, aux heures molles de la nuit.

Il ne veut pas d’identité, n’étant complice d’aucun destin.
Sa joie serait qu’on le confonde avec sa lèvre ou sa muqueuse ou son genou.

(Alain Bosquet)

 Illustration: Boris Baranoff Rossine

 

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Viens dans mon lit (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2015



 

Emilia Castañeda pt_13_B

Viens dans mon lit couver la cendre froide
Nous vêlerons à l’aube de la mort
Quand la potence des sexes s’est abattue
en oiseaux pétrifiés
l’être glorieux qui nous avait anéantis
n’est plus que nous deux cadavres hostiles.

(André Frénaud)

Illustration: Emilia Castañeda

 

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MARIE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2015



MARIE

Si luisent les armes de ta chair
Je vois d’un coup le pique noir
De ton secret de reine de cartes
Mon coeur fermé s’ouvre

O prairie de velours et vous les perfidies
Les jeux secrets et les violences
De vous j’étais ignorant
Du bourreau et de la potence

(Pierre Morhange)


Illustration

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