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Posts Tagged ‘potier’

Le potier (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Ton corps entier possède
la coupe ou la douceur qui me sont destinées.

Quand je lève la main
je trouve en chaque endroit une colombe
qui me cherchait
comme si, mon amour, d’argile on t’avait faite
pour mes mains de potier.

Tes genoux, tes seins
et tes hanches
me manquent comme au creux
d’une terre assoiffée
d’où l’on a détaché
une forme,
et ensemble
nous sommes un tout comme l’est un fleuve
ou comme le sable.

(Pablo Neruda)

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LE POTIER (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration: Bella Gingell
    
LE POTIER

Le soleil nous aura creusés longuement
Comme une lampe sur le tour.
Les doigts du temps agile
Ont façonné nos cœurs aux pentes lisses.

Sous l’eau des nuits et le regard patient,
Quand sonne l’heure des volets,
Dans les pièces tardives, l’ombre s’endort,
Autour de la solitude des lampes.

L’huile a gardé le jour qui baisse,
Une clarté sur les dernières branches.
La précaution de la main nocturne,
Autour du tremblement d’un jour
Secret, plus secret que le jour.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le potier (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



Le potier

Ton corps entier possède
la coupe ou la douceur qui me sont destinées.

Quand je lève la main
je trouve en chaque endroit une colombe
qui me cherchait, comme si, mon amour, d’argile on t’avait faite
pour mes mains de potier.

Tes genoux, tes seins
et tes hanches
me manquent comme au creux
d’une terre assoiffée
d’où l’on a détaché
une forme,
et ensemble
nous sommes un tout comme l’est un fleuve
ou comme le sable.

(Pablo Neruda)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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OFFENSE (Tudor Arghezi)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



 

OFFENSE

N’ayant de goût pour le granit, ô vierge,
dont j’aurais pu te le tailler,
j’ai cherché dans l’argile roumaine
ton corps svelte à l’odeur de cire.

J’ai pris la terre forte des forêts,
et, à main de potier, j’ai pétri
séparément chacun des membres
de ton petit corps, en silex léger.

Je moulai dans la verveine l’émail de tes yeux;
aux pétales profonds des roses tes paupières;
pour les sourcils les brins très minces
d’une herbe neuve née à l’aube.

J’ai copié pour le torse les cruches;
et si ma main brûlante s’attarda
à la hanche et au sein, je suis fautif,
car j’eusse dû tout arrêter à la ceinture,

et ne pas vouloir que la statue fût sensible et marchât
et pût fléchir sous mon toucher
de ce doux tourment que Dieu nous laissa,
et qui, passant par moi, vint te remplir.

Femme si chère et tentation si molle,
qui m’est si lourde maintenant que tu n’es plus,
pourquoi t’ai-je tirée de cette argile
et ne laissai la terre pour les pots ?

(Tudor Arghezi)

 
Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole
 

 

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J’ai été hier dans l’atelier d’un potier (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2017



J’ai été hier dans l’atelier d’un potier.
J’y ai vu deux mille vases silencieux ou parlant entre eux.
Chacun me demandait dans son langage:
“Qui est le potier? qui l’acheteur? qui le vendeur?”

(Omar Khayam)

 

 

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Ô potier (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2016



Ô potier, efforce-toi, si tu es intelligent,
de ne pas avilir l’argile dont fut pétri le fils d’Adam.
Le doigt de Féridoun, la paume de Kaï Khosrau,
tu les as mis sur ton tour. A quoi penses-tu donc?

***

Ce vase était comme moi un amant malheureux
enchaîné par la chevelure d’une femme.
Cette anse que tu vois à son col
était la main passée au cou d’une bien-aimée.

(Omar Khayam)

 

 

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Le potier (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016




Le potier

Ton corps entier possède
la coupe ou la douceur qui me sont destinées.

Quand je lève la main
je trouve en chaque endroit une colombe
qui me cherchait, comme si, mon amour, d’argile on t’avait faite
pour mes mains de potier.

Tes genoux, tes seins
et tes hanches
me manquent comme au creux
d’une terre assoiffée
d’où l’on a détaché
une forme,
et ensemble
nous sommes un tout comme l’est un fleuve
ou comme le sable.

(Pablo Neruda)

Illustration: Annabelle Delaigue que j’ai confondu avec sa tante (mille excuses) mais TOUTE AUSSI DOUEE:

Illustration: Marie-Paule Deville Chabrole
Son Journal d’Atelier

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Les cendres de mon père (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



Chez un potier je suis passé naguère
Qui pétrissait l’argile en cent manières.
J’y vis ce que les autres n’y voyaient:
Entre ses mains les cendres de mon père.

(Omar Khayam)

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Dolmen (Thierry Metz)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2016



Dolmen

va
coupeur de bois
allume un feu dans l’arbre – ta caverne-
pose une braise sur ta langue

l’oiseau peut revenir

l’oiseau de ton souffle
l’aile qui attise le dormeur

***

une parole tourne
dans la voix du potier
se heurte au plus simple

le mot qui s’obstine
et s’évase

pour contredire la courbe

(Thierry Metz)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

 

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ZONE LIMITROPHE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



ZONE LIMITROPHE

Des hommes en combinaison couleur de terre surgissent d’un fossé.
C’est une zone de passage, un point mort, ni ville ni campagne.
Les grues des chantiers à l’horizon veulent faire le grand bond mais les horloges ne suivent pas.
Des tuyaux de ciment éparpillés lapent la lumière de leurs langues sèches.
Des ateliers de carrosserie installés dans d’anciennes étables.
Les pierres jettent une ombre tranchante comme des objets à la surface de la lune.
Et ces endroits ne cessent de s’étendre.
Comme ce qu’on acheta avec l’argent de Judas :
«Le champ du potier comme sépulture des étrangers.»

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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