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Poésie

Posts Tagged ‘poulie’

La tête à feux et la tête à ombres (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



La tête à feux et la tête à ombres,
quand ce n’est une poulie ou une tourelle.

À présent une silhouette bouge dans le bleu.

Derrière le panache d’une fumée
se balance une longue clef d’or.

Le navire accélère sa marche.
Il aborde.

Lorsque ce sifflement de sirène m’arrache à moi-même,
la mer n’est qu’une immense vague figée.

Je débarque dans ce port de silence.

Une mouette passe.

L’oeil d’une étoile étonnamment vive
rend soudain la nuit aveugle.

(Jules Tordjman)

Illustration: Jean-Robert Doumont

 

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L’Amitié (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



L’Amitié

aussi diverse et liée que les fleurs du vase
sur la table de l’après-midi

leurs parfums
n’en font qu’un

les oiseaux lèvent le ciel
sur nos têtes
par mille poulies chantantes

celui qui ne dit rien
et celle qui parle
sont les faces de la même médaille

(Daniel Boulanger)


Illustration: Francine Van Hove

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Les treuils, les cordes, les poulies (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Les treuils, les cordes, les poulies, — les volants et les
leviers — les manettes, les trappes, les glissières — la
poussière et les aboiements — toute la machinerie du
théâtre mental se met en marche, fonctionne à vide,
fonctionne pour le vide, pour le divertissement du
vide…
jusqu’à ce que le fleuve en crue sur lequel est flot
tant ce théâtre, s’engouffre entre les colonnes et les ors,
et apporte un dénouement à une vacance éternelle de
drame. Tout ce qui roule entre mes tempes, de séche
resse et de cailloux, à les faire éclater, comme à travers
un cirque de montagne qui amplifie son grondement, et
roule, et déferle contre vos genoux

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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MON NOIR TOURMENT DE TOI (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2018



MON NOIR TOURMENT DE TOI

De la saoule ténèbre au soleil méridien
Chaque fois que j’arrive à me tenir debout
Entre les morts pour un futur tranquillisant
Tout un jeu de poulies fait osciller le ciel

Dans le chaos des murs des enceintes de craie
J’appuie contre la nuit mon front troué de paille
Les oiseaux décharnés par la fièvre des îles
Blessent à coups de bec mon noir tourment de toi

La main abandonnée au vieil arceau denté
Ma douleur a nourri la mâchoire de squale
Ancrée à cet amour qui survit au malheur

Ecume primitive où naissent les soleils
Le jour à petits coups éponge la blancheur
De l’aube pour guetter la marche de la guerre

De toits en toits la peur sautille sur la ville
Serrée dans le corset des reines violées
Pour mourir sur le dur abdomen des galets

Sous les paupières nues les larmes vaticinent
Ton ombre sort de la giboyeuse mémoire.

(Albert Ayguesparse)

Illustration

 

 

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Je suis arrivé le matin c’était trop tard (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




Je suis arrivé le matin c’était trop tard
il y avait de la rouille autour de l’évier
le poids du poêle pesait sur le parquet
ça se gondolait même les tuiles il était trop tard
je n’aurais pu redresser tout ça même avec
des cabestans des poulies des objets dont je ne connais
pas le mot qui les désigne et que je ne saurais
utiliser efficacement
les champignons poussaient sur la faïence de la vaisselle
la vaisselle croupissait dans la paille des fauteuils
les fauteuils s’endormaient sur le poil des ténèbres
les ténèbres mâchaient le chouigne gueumme des morts
je suis arrivé trop tard c’était le lendemain

(Raymond Queneau)

Illustration: Geneviève Borschneck

 

 

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CONTRE-POINT-DU-JOUR (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016




CONTRE-POINT-DU-JOUR

Alors alors
encore ? Alors
toujours dans le jour
mon petit ? Toujours dans le
petit jour du dernier
du dernier jour du condamné
à mort le petit jour ?

Toujours dans le
petit jour du condamné à mort
je suis j’étais
je suis j’étais le grincement
de poulie du gosier
dans la gorge coupée
par le pourquoi comment du printemps

A mort le petit jour du premier lilas
du pourquoi comment du pourquoi pas
de la gorge pourquoi de la gorge coupée du printemps
du grincement de la poulie du printemps
de la nuit de la gorge coupée
du petit jour du lilas de la mort
de la mort de pourquoi comment.

Et pourquoi pas toujours?
Et pourquoi pas toujours j’étais je suis
toujours j’étais toujours j’étais
toujours tiré tiré tiré tiré vers le petit jour
par le pourquoi comment
du gai toujours du gai printemps

toujours mon petit toujours!

(Jean Tardieu)

Illustration: Salvador Dali

 

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La poulie du puits grince (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2015



La poulie du puits grince,
l’eau monte à la lumière où elle se fond.
Un souvenir tremble dans le seau plein,
dans le cercle pur une image rit.
J’approche le visage de lèvres évanescentes :
le passé se déforme, se fait vieux,
appartient à un autre…
Ah déjà crie
la roue, elle te rend au fond noir,
vision, une distance nous sépare.

(Eugenio Montale)


Illustration

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