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Poésie

Posts Tagged ‘pourchassé’

Salut au poète (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Salut au poète

Poète
Qui chantes la naissance téméraire de la rose d’azur
Cette jamais rencontrée

Poète
Au seuil des présages
Malgré tes poings en feu
Nous t’avons rejeté et pourchassé de paroles
Le faisceau de nos discordes éloigne
Le fruit essentiel
Que tu appelais

Poète
Nos villes s’endorment en leur écriture de pierre
Satisfaites de ne songer qu’à l’opiniâtre saison
Oublieuses des merveilles qui dévastent les toits
Qui abolissent les routines

Poète
Tu voles le vent pour nos faces
Le clair pour nos yeux
Le sel pour nos lèvres

Tu risques l’étoile
Tu cries notre raison.

(Andrée Chedid)


Illustration: William Blake

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Les morts meurent encore (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

Les morts meurent encore : et en eux
les vivants. Tout l’espace,
et les yeux, pourchassés
par des objets fragiles, réduits
à leur usage.
Respirer est accepter
ce manque d’air, le souffle unique,
recherché dans les fissures
de la mémoire, dans l’écart qui sépare
cette langue de dissensions, sans laquelle la terre
aurait considéré sous de meilleurs auspices
l’aplanissement des vergers
de pierre. Même le silence
ne me traque pas.

(Paul Auster)

Illustration: George Woolliscroft Rhead

 

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Le silence des forêts est fait de murmures (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018




    
— Le silence des forêts est fait de murmures
de plaintes, de sanglots de larmes et de cris
des femmes convoitées qui y trouvaient refuge,
des hommes pourchassés qui défendaient leurs terres,

Le silence des forêts est fait de messages
transmis aux nouveau-nés par les sages inspirés,
qui annonçaient la bienveillance des astres,
où les assauts de forces invisibles, hostiles,

Le silence des forêts est fait de paniques,
des multiples chants des oiseaux innombrables,
de l’envol des rapaces fondant sur leur proie,
du lent écoulement des pluies sur les fougères,

Le silence des forêts est fait de l’écho,
du frôlement des branches, des cris des rongeurs,
de la chute des bogues sur les feuilles mortes,
de la fuite des biches effrayées par le vent ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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POULS (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



    

POULS

Les larmes qui passent, devenant
notre domaine,

le conseiller bien intentionné
elles attendent, attendent !

L’opacité qui s’est glissée
sur l’oeil,

la bouche chaude, arche de désir,
asséchée par le sel,

la langue enracinée qui a imité
la libre alouette,

la névrose lasse qui
pourtant ne s’arrête,

et moi, et toi,
et tous les hommes renards,

tous les hommes pourchassés,

et seulement pour un instant,
de temps à autre,

la rencontre féroce devant
le portail brisé,

la lampe qu’on se passe en vitesse
de la main à la main,

le soupir haletant et
le contact, l’étincelle,

l’élan qui, en un battement de pouls,
laisse la main

bondir comme un poisson hors du filet
en bataille de la nuit !

***

PULSE

The tears that pass, becoming
our estate,

the well-intended counsel
wait and wait!

Opacity that crept
upon the eye,

the hot mouth, arch of want,
grown salty dry,

the rooted tongue that copied
the free lark,

the tired neurosis that
still never stops,

and I, and you,
and all foxlike men,

and all hunted men,

and only for one moment,
now and then,

the fierce encounter at
the broken gate,

the lantern quickly snatched
from hand to hand,

the gasping whisper and
the touch, the spark,

the flush that, for one pulse beat,
lets the hand

leap fishlike from the struggling
net of dark!

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Éventail (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017



Éventail

Avec comme pour langage
Rien qu’un battement aux cieux
Le futur vers se dégage
Du logis très précieux

Aile tout bas la courrière
Cet éventail si c’est lui
Le même par qui derrière
Toi quelque miroir a lui

Limpide (où va redescendre
Pourchassée en chaque grain
Un peu d’invisible cendre
Seule à me rendre chagrin)

Toujours tel il apparaisse
Entre tes mains sans paresse.

(Stéphane Mallarmé)

 

 

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Le papillon (Garaku)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2016


papillon

 

Même pourchassé
il n’a pas l’air pressé
le papillon

(Garaku)

 

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Souvenirs soyez bons (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2015



 

Souvenirs soyez bons pour mon
Présent qui erre comme un qui
N’a plus de place sur la terre
Que pour y être pourchassé
Souvenirs vous qui êtes bons
Soyez son corps tout chaud dans la
Très pure soie de ma mémoire

(Ernest Delève)

 

 

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