Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pourpoint’

Les gnomes (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017



Illustration: Fabienne Quinsac
    
Les gnomes

Par les genêts rabougris,
A travers le soir fantasque,
Dansent rieurs sous leur masque,
Des gnômes en pourpoint gris.

Les prés d’argent et de nacre,
Avec leurs saules noyés,
Exalent un parfum acre
Au long des bois défeuillés.

Le flot déroule blanchâtre
Ses silencieux remous,
Entoure les troncs d’albâtre
Des bouleaux maigres et flous.

Mêlés à l’ombre se taisent
Les spectres des buissons fous;
Des couples qui s’entrebaisent
Surgissent on ne sait d’où.

Il monte une odeur amère,
En tourbillons bleuissant,
Du gouffre des estuaires
Sournoisement menaçant.

Le vent cruellement âpre
Gerce le flot qui se plaint
Et que la lune diapre
De fleurs aux pâleurs d’étain.

Comme tout se fait étrange!
La nuit s’agite et s’émeut,
Et, glissant parmi la fange,
Au long des pâquis tourbeux,

Dansent rieurs sous leur masque,
Sinistres et rabougris,
A travers le soir fantasque,
Des gnomes en pourpoint gris.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ruffian (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2015



ruffian [800x600]

Ruffian

Dans le splendide écrin de sa bouche écarlate
De ses trente-deux dents l’émail luisant éclate.
Ses cheveux, pour lesquels une abbesse l’aima
Jadis très follement, calamistrés en boucles,
Tombent jusqu’à ses yeux-féeriques escarboucles-
Et ses cils recourbés semblent peints de çurma.

Sa main de noir gantée à la hanche campée,
Avec sa toque à plume, avec sa longue épée,
Il passe sous les hauts balcons indolemment.
Son pourpoint est de soie, et ses poignards superbes
Portent sur leurs pommeaux, parmi l’argent en gerbes,
La viride émeraude et le clair diamant.

Dans son alcôve où l’on respire les haleines
Des bouquets effeuillés, les fières châtelaines,
Sous leur voile le front de volupté chargé,
Entassent les joyaux, les doublons et les piastres
Pour baiser ses yeux noirs vivants comme des astres
Et sa lèvre pareille au bétail égorgé.

Ainsi, beau comme un dieu, brave comme sa dague,
Ayant en duel occis le comte de Montague,
Quatre neveux du pape et vingt condottieri,
Calme et la tête haute, il marche par les villes,
Traînant à ses talons des amantes serviles
Dont l’âme s’est blessée à son regard fleuri.

(Jean Moréas)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RETOUCHE AU SÉDUCTEUR (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2015



 

Vladimir Dunjic 2-The last veil [1280x768]

RETOUCHE AU SÉDUCTEUR

Celle qui l’a le plus aimé
il ne l’a point vue
toujours à coudre son pourpoint
à nouer ses lettres de différentes faveurs
à sortir les chiens
à respirer toute la nuit
la rue par laquelle il a fui

(Daniel Boulanger)

Illustration: Vladimir Dunjic

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :