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Poésie

Posts Tagged ‘pourri’

MOI AUSSI JE SUIS IMPORTANT(Peter Snyders)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2020




    
MOI AUSSI JE SUIS IMPORTANT

Quand vous les richards
avez dépensé votre argent,
et jeté vos pelures de bananes
dans le caniveau,
éparpillé vos billets de bus
comme des confetti,
vidé
vos vins et sodas,
déposé vos bouteilles et canettes
dans une ruelle,
quand vous avez lancé à la ronde vos boulettes
de restes de poisson
fruits pourris
cartons déchirés
et papiers

Alors je viens moi
et nettoie à nouveau le monde :
vous voyez,
moi aussi je suis important.

***

Ek is oek important
As al julle geldgatte
julle geld gespendit,
en julle bananaskille
innie slootjie gegooi het,
en julle bustikkits
soes konfetti gestrooi het,
en julle staain en cool drinks
opgedrink het,
en julle borrels en blikkies
in ‘n gangetjie gesit het,
en julle visgraatbolle
en vrot vrugte
en stukkene boksies
en papiere
rondgegooi het . . .

dan kom ek
en maakie wêreld weer skoon:
soe
ek is oek important.

***

ANCHE IO SONO INMPORTANTE
Quando voi, gente ricca
avrete speso il vostro denaro
e le vostre bucce di banana
saranno state buttate nei fossoi,
e i biglietti dell’autobus
sparsi intorno come confetti,
quando il vostro vino e gli aperitivi
saranno finiti,
e bottiglie e lattine
si troveranno abbandonate nel vicolo,
e gli avanzi del vostro pesce
la frutta marcia
le scatole rotte
e la carta
saranno state gettate via . . .

Allora arriverò io
e di nuovo render pulito il mondo:
dunque,
anche io sono importante.

***

***

ÉG SKIPTI LÍKA MÁLI
Þegar þið, þessi ríku,
hafið sóað öllum peningunum ykkar
og fleygt bananahýðinu ykkar
í göturæsið
og dreift strætómiðunum ykkar
sem skrautsáldri út um allt
og vín ykkar og gosdrykkir
eru drukknir í botn
og flöskur ykkar og dósir
skildar eftir í húsasundi
og fiskúrgangi ykkar
og skemmdum ávöxtum
og rifnum öskjum
og pappírum
fleygt út í veður og vind . . .

Þá kem ég
og hreinsa til í heiminum á ný:
þannig að
ég skipti líka máli.

***

I AM ALSO IMPORTANT

When you rich guys
have spent your money,
and your banana peels
have been thrown in the ditch,
and your bus tickets
as confetti have scattered around,
and your wine and soft drinks
have been finished,
and your bottles and cans
have been left in an alley,
and your fish leftovers
and rotten fruits
and broken boxes
and papers
have been tossed around . . .

Then I will come
and clean up the world again:
thus,
I am also important.

***

ICH BIN AUCH WICHTIG

Wenn ihr, reiche Stinker,
euer Geld ausgegeben,
eure Bananenschalen
in den Graben geworfen,
eure Busfahrkarten
wie Konfetti verstreut,
euren Wein und Getränke
ausgetrunken,
eure Flaschen und Dosen
in einer Gasse zurückgelassen,
Fischgräten und verfaulte Früchte
und zerknülltes Papier
umhergeworfen habt,

Dann komme ich
und mache die Welt wieder sauber:
also,
Ich bin auch wichtig.

***

IK BEN OOK BELANGRIJK*
Als jullie rijke stinkers
jullie geld hebben uitgegeven,
en jullie bananenschillen
in de greppel hebben gegooid,
en jullie buskaartjes
als confetti hebben uitgestrooid,
en jullie wijn en frisdranken
hebben leeggedronken,
en jullie flessen en blikjes
in een steegje hebben neergezet,
en jullie proppen met visresten
en rotte vruchten
en kapotte doosjes
en papieren
in het rond hebben geworpen…

Dan kom ik
en maak de wereld weer schoon:
ziezo,
ik ben ook belangrijk.

***

ȘI EU AM O MENIRE

Atunci când voi, bogați și pestilenți,
veți isprăvi să cheltuiți averea,
coji de banane azvârlind
la groapa de gunoi,
tichete de voiaj
se vor roti prin aer drept confetti,
veți fi sorbit până la fund
licori și vinuri fine,
doze și sticle abandonând
pe străzi înghesuite,
oase de pește, fructe putrezite
hârtii mototolite
prin colțuri vor zăcea grămadă,

îmi va veni și mie rândul
să primenesc această lume:
sunt așadar ursit și eu
să am un rost ales.

***

TAMBÉM EU SOU IMPOPRTANTE

Quando vocês, seus ricaços,
gastavam o seu dinheiro,
e suas cascas de banana
atiravam numa sarjeta,
e suas passagens de ônibus
espalhavam como confete,
esvaziadas garrafas de vinho,
vidros e latas de refrigerante
largavam no beco,
e os seus restos de peixe
e frutas apodrecidas
e as caixas rasgadas
e papéis
largados em qualquer lugar…

Aí eu vou chegando
e limpo o mundo de novo:
desse jeito,
eu também sou importante.

***

TAMBIÉN YO, SOY IMPORTANTE
Cuando vosotros, ricachones
gastabais vuestro dinero,
y vuestras cáscaras de plátano
echabais a la zanja,
y vuestros billetes de autobús
esparcíais como confetis,
y vacías de vino y refrescos
vuestras botellas y latas
dejabais en un callejón,
y vuestros restos de pescado
y frutas podridas
y cajas rotas
y papeles
arrojados por todas partes…

Entonces llego yo
y limpio de nuevo el mundo:
así pues,
también yo, soy importante.

***

ΣΗΜΑΝΤΙΚΟΣ

Καθώς εσείς οι πλούσιοι
ξοδεύετε τα χρήματα σας
και τις μπανανόφλουδες σας
πετάτε στο αυλάκι
και τα εισητήρια του λεοφορείου πετάτε
στην άκρη σαν κονφεττί
κι αφού τελειώσετε
τα αναψυκτικά σας πετάτε
τ’ άδεια μπουκάλια σας στην άκρη
τα ψαροκόκαλα σας
και σάπια φρούτα και σπασμένα κουτιά

και χαρτιά πετάτε όπου βρήτε
Τότε θα έρθω
τον κόσμο σας να ξανακαθαρίσω
σημαντικός να γίνω κι εγώ.

***

***

我也很重要

当你们有钱人
花了你们的钱,
还有你的香蕉皮
扔到了这沟里,
还有你的车票
像五彩纸屑抛撒一地,
还有你的酒和软饮料
已经喝完了,
还有你的瓶子和罐头
已丢弃在巷子里,
还有你吃剩的鱼
还有腐烂的水果
还有破盒子
还有报纸
已四处散落······

然后我来了
再次净化这个世界:
因此,
我也是很重要的。

***

わたしもまた意味がある
あなたたち金持ちが
浪費をする一方で
バナナの皮は溝に捨てられ、
バスの切符は紙吹雪のように
そこら中に散乱し、
酒は飲み干され、
空の瓶や缶は路地に捨てられる
食べ残しの魚も、悪くなった果物も
つぶれた箱や紙くずも
投げ捨てられて

その時、わたしはやって来て
この世界を掃除する
だからわたしには意味があるのだ

(Peter Snyders)

 

Recueil: ITHACA 625
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Afrikaans / Italien Luca Benassi / Arabe / Islandais Thor Stefánsson / Anglais Stanley Barkan / Allemand Wolfgang Klinck / Néerlandais Jan Deloof / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Portugais José Eduardo Degrazia / Espagnol Rafael Carcelén / Grec Manolis Aligizakis / Russe Rahim Karim / Chinois William Zhou / Japonais ?Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Les limites du malheur (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



Les limites du malheur

Mes yeux soudain horriblement
Ne voient pas plus loin que moi
Je fais des gestes dans le vide
Je suis comme un aveugle-né
De son unique nuit témoin

La vie soudain horriblement
N’est plus à la mesure du temps
Mon désert contredit l’espace
Désert pourri désert livide
De ma morte que j’envie

J’ai dans mon corps vivant les ruines de l’amour
Ma morte dans sa robe au col taché de sang.

(Paul Eluard)

 

 

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Toute ma vie solitaire (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019



Il n’y a pas de quoi en faire un drame Posée
sur ma main droite toute ma vie solitaire
dans ce citron pourri

(Tawara Machi)

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IL PLEUT (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



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IL PLEUT

Oui, il pleut comme jamais je n’ai vu…
Et cette lourde clarine assoupie,
Comme elle sonne en la grange pourrie !
Comme elle sonne en mon coeur qui s’est tu !

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

Et pour le cerveau quel agacement !
Jour primitif plein de boue et rigoles !
Une pauvre voisine, à demi folle,
Hurle contre la pluie en ricanant…

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

Oui, il pleut… Et cela sonne humblement
Comme tout ce qui est amour et haine…
Non loin un enfant, près d’une fontaine,
Joue à l’harmonica, très tristement.

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

Que de vains contes disent les clarines !
Quel monde vide de tout rêve ! Rien !
… Comment lors ne pas pleurer tel un chien,
Oui, comment ne pas mourir fou, pardine !

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

(George Bacovia)

 Illustration

 

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Quand sous un mur (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Tombe-de-Blok  [800x600]

Quand sous un mur, dans les orties,
Mes pauvres os seront pourris,
Quelque tardif historien
Écrira une oeuvre importante.

Il martyrisera, le maudit,
Des écoliers innocents :
Dates de naissance et de mort,
Tas de citations mal choisies !

Triste sort qu’une vie si confuse,
Difficile ensemble, et oisive :
Devenir la chose d’un docteur,
Et grossir l’armée des critiques !

Ah, pouvoir se terrer sous les herbes,
S’endormir d’un sommeil éternel !
Taisez-vous donc, livres maudits :
Je ne vous ai jamais écrits !

(Alexandre Blok)

 Illustration

 

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Girouette (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018


Girouette

Beaucoup d’amour, peu d’espoir,
Le vent tourne mal, Gustave.
Mieux vaut glisser dans ton noir,
Dans ta mine, dans ta cave.

Mieux vaut glisser dans ta mine,
La fille a le coeur pourri
Et l’espoir que tu rumines
S’enfuit comme une souris.

Mais le vent tourne, Gustave
Et ce bel épi fauché,
C’est la fille au coeur suave
Qui, près de toi, vient coucher.

— Trop tard ; le vent a viré,
L’amour est mort, dit Gustave,
Est mort de faim dans la cave !
I1 est mort et enterré.

(Norge)

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A L’ENTERREMENT D’UN AMI (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018




    
A L’ENTERREMENT D’UN AMI

On l’enterra par une horrible après-midi
de juillet, sous un soleil de feu.

A un pas de la tombe ouverte
il y avait des roses aux pétales pourris,
entre des géraniums à l’âcre parfum
et aux fleurs rouges. Le ciel
pur et bleu. Il soufflait
un vent fort et sec.

Suspendu à de grosses cordes,
lourdement, le cercueil fut descendu
au fond de la fosse
par les deux croque-morts…

Quand il se posa, un grand bruit résonna,
solennellement, dans le silence.

Le bruit d’un cercueil sur la terre est quelque chose
de tout à fait sérieux.

Sur le noir cercueil se brisaient
les lourdes mottes poussiéreuses…

Le vent emportait
le souffle blanc de la fosse profonde.

.— Et toi, sans ombre désormais, dors et repose,
longue paix à tes ossements…

Définitivement,
dans un sommeil paisible et véritable.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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A L’ENTERREMENT D’UN AMI (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



A L’ENTERREMENT D’UN AMI

On l’enterra par une horrible après-midi
de juillet, sous un soleil de feu.

A un pas de la tombe ouverte
il y avait des roses aux pétales pourris,
entre des géraniums à l’âcre parfum
et aux fleurs rouges. Le ciel
pur et bleu. Il soufflait
un vent fort et sec.

Suspendu à de grosses cordes,
lourdement, le cercueil fut descendu
au fond de la fosse
par les deux croque-morts…

Quand il se posa, un grand bruit résonna,
solennellement, dans le silence.

Le bruit d’un cercueil sur la terre est quelque chose
de tout à fait sérieux.

Sur le noir cercueil se brisaient
les lourdes mottes poussiéreuses…

Le vent emportait
le souffle blanc de la fosse profonde.

— Et toi, sans ombre désormais, dors et repose,
longue paix à tes ossements…

Définitivement,
dans un sommeil paisible et véritable.

(Antonio Machado)

 

 

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Le saule royal (Tshanyang Gyatsho)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



Avant d’avoir palpé le tronc du saule royal
plutôt que des cent autres arbres alentour,
le jeune homme ne savait pas
que son cœur était pourri !

(Tshanyang Gyatsho)


Illustration

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UN RAVISSANT CIMETIÈRE (Sakutarô Hagiwara)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Cimetière-du-Tera-mochi [800x600]

UN RAVISSANT CIMETIÈRE
NAMAMEK ASHII HAKABA

Le vent souffle dans les saules
Où y a-t-il un cimetière si sombre ?
Une limace grimpe sur la haie
Et du paysage vient l’odeur tiède de la mer
Pourquoi êtes-vous ici ?
Ombre douce, pile, étrange comme l’herbe !
Vous, ni coquillage ni faisan ni chat
Juste un fantôme à l’air triste !
De l’ombre errante de votre corps
Comme dans la ruelle d’un pauvre village de pêcheurs on sent une odeur de poisson pourri
Dont fondus au soleil les viscères poisseusement puent
Tristes, accablants, c’est l’odeur d’une mélancolie vraiment insupportable.
Ah, moite comme ce soir de printemps
Errant dans son élégant kimono carmin, c’est elle !
Ni la lune sur le cimetière ni le phosphore ni l’ombre ni la vérité
Et quelle tristesse !
Ainsi ma vie et mon corps s’en vont pourrissant
Et dans le paysage vague du Néant
Ravissants visqueusement penchent !

(Sakutarô Hagiwara)

Illustration

 

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