Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pourrir’

Des tournesols jaunes (Henri Deluy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2018




    
Des tournesols jaunes
Dans une lucarne basse

Des pélargoniums rouges
Et des traînées de grappes

Juteuses dans un bocal à
Confiture des fonds de verre

Et d’autres objets qui vont
Pourrir avec cet effet

L’authenticité proche
De l’effet du poème

(Henri Deluy)

 

Recueil: L’heure dite
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UN RAVISSANT CIMETIÈRE (Sakutarô Hagiwara)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018


 


cimetière

 

UN RAVISSANT CIMETIÈRE
NAMAMEKASHII HAKABA

Le vent souffle dans les saules
Où y a-t-il un cimetière si sombre?
Une limace grimpe sur la haie
Et du paysage vient l’odeur tiède de la mer
Pourquoi êtes-vous ici?
Ombre douce, pâle, étrange comme l’herbe!
Vous, ni coquillage ni faisan ni chat
Juste un fantôme à l’air triste!
De l’ombre flottante de votre corps
Comme dans la ruelle d’un pauvre village de pêcheurs se dégage
une odeur de poisson pourri
Dont fondus au soleil les viscères poisseusement puent
Tristes, accablants, c’est l’odeur d’une mélancolie vraiment insupportable.

Ah, moite comme ce soir de printemps
Errant dans son élégant kimono carmin, c’est elle!
Douce comme une soeur, c’est elle!
Ni la lune sur le cimetière ni le phosphore ni l’ombre ni la vérité
Et quelle tristesse!
Ainsi ma vie et mon corps s’en vont pourrissant
Et dans le paysage vague du Néant
Ravissants visqueusement penchent!

(Sakutarô Hagiwara)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Enfant qui t’en allais rêvant (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Enfant qui t’en allais rêvant
De navires appareillant
Voiles au clair, vers le grand large,

Enfant qui t’en allais chantant
Avec le vent gai des dimanches
Parmi les cordages les ancres,
Sur le port joyeux de partances
Au beau soleil de tes quinze ans,

Vois pourrir, mornes épaves
Rongées de sel, mangées d’algues,
Parmi les brumes et les pluies,
Les derniers bricks au fond des rades.

Fini, le merveilleux voyage
Aux archipels miraculeux.
Sur les poupes le nom s’efface,
Le vent grince dans les carcasses,
La souille s’ouvre, noire et froide,
Fini, tu peux fermer les yeux !

Ceux que jadis le vent chantant des grandes voiles
Emporta sur les mers,
Navigateurs aux mains de cuir, aux yeux de rêve,
Ils dorment maintenant près du clocher natal
Ou roulent à jamais dans la nuit sans étoiles.
Mais toi, l’enfant des villes,
Fils aimé de la solitude, pauvre enfant,
Garde-les dans ton coeur, ces noms
Chauds comme un soir des mers australes
Et plus doux que le vent des Iles
Dans la fraîcheur verte des palmes.

Belles routes de la mer
Toutes chantantes de neige
Sous le torride azur d’août,
C’est moi qui reviens vers vous
Par ces plages et ces grèves
Et ces sentiers de falaises
Où frissonnent le fenouil,
L’oeillet sauvage et la menthe,
Mais le reconnaîtrez-vous
Après tant de jours d’absence,
Belles du jardin des vagues,
O sirènes du grand large,
Ce vieux coeur lourd maintenant
D’un bruit d’ancres s’enfonçant
Dans les eaux du dernier havre ?

(Paul-Alexis Robic)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tant d’ouate… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Martine Ivaldi
    
Tant d’ouate…

Tant d’ouate sanguinolente,
Parmi les marais s’entassant,
Toutes ces odeurs si ferventes
Qu’exhale l’étang croupissant…

Il monte des mauves bourbiers
Où pourrit l’herbe par torchées,
Des parfums comme extasiés
Vers quelles déités cachées?

Des parfums d’un tel idéal
Evocateurs et d’une ivresse
Si pénétrante qu’ils font mal:
Poignard aigu qui vous transperce,

Ou langoureux baiser qui mord.
Quel secret profond balbutie
Par delà l’amour et la mort
La vase où baignent les orties?

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’odeur de délices (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Vincent van Gogh
    
L’odeur de délices

L’odeur de délices
S’évapore et glisse
Des bois qui pourrissent,

Odeur ténébreuse
Des glèbes tourbeuses
Que l’averse creuse,

Parfum lourd d’extase
Qui lent s’extravase
Des prés pleins de vase.

Secret qu’on épelle,
Rousse odeur d’aisselle,
Planez comme une aile.

Folle odeur d’étreinte
Qu’octobre suinte,
Je bois ton absinthe

Emdolorissante;
Dans ma chair fermente,
Odeur éloquente.

Désir, Désir, est-ce,
Subtile rudesse,
Ton geste qui blesse?

Divines blandices,
Odeur de délices
Des bois qui pourrissent,

Jusqu’à la torture
J’aime ta brûlure,
Volupté obscure.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 Comments »

Plus de ces sens bornés… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Alexandre Cabanel
    
Plus de ces sens bornés…

Plus de ces sens bornés, étroite solitude,
Vérité ou raison, plus de frein qui jugule,
Je suis la chose enfin, je vis bien au delà
De mon corps méprisable, étriqué, ridicule;
Je suis parmi l’éther la lune qui circule,
Le ruisseau, ciel errant, que la nuit constella.

Mon âme se répand comme une onde élargie
Et ma prison s’écroule à la tendre élégie
Des ramiers amoureux perdus au bord du ciel.
O Nature, que j’ai souffert dans cette geôle,
Mon coeur, il me fallait l’espace où l’on s’envole,
La terre qui m’accueille au limon maternel.

Il me fallait l’oubli vaste que tu prodigues,
Calme fleuve étendu sans berges et sans digues;
Il me fallait pour lit la douceur des lotus
Et pour chevet l’odeur féconde et primitive
De la vase et des joncs pourrissant sur la rive
Où mes tourments muets à jamais se sont tus.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai sur ma table un bouquet de pervenches (Bertrand Degott)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

J’ai sur ma table un bouquet de pervenches
qui commence à pâlir … on en trouvait
à profusion dans la forêt dimanche
(parfois c’est comme si rien n’entravait

le cœur, on entretient l’oubli … n’empêche
que tout s’impose avec le temps, le mur
enfin s’effondre, la fleur se dessèche
et l’amour se pourrit comme un fruit mûr)

je te confie ce bouquet de langage
emporte-le sur les chemins où tu
situes la crête et qu’afin de partage
il y résonne autant que je l’ai tu

la pâleur j’y consens, que soit diaphane
ce qui doit l’être et que le reste fane.

(Bertrand Degott)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Josephine Wall

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Barcarolle (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017



Illustration
    
Barcarolle

Comme un filet ourdi,
Par la brume qui dort,
Du silence engourdi
Traîne sur le flot mort,

Vogue en l’espace morne
Aux sinistres remous.
La rame en l’eau sans borne
Pourrit et se dissout.

Etalant leurs replis
Aux temps qui ne sont plus,
Déferlent vers l’oubli
Des flux et des reflux;

Du vent et de la cendre…
Fantôme dont tournoie
L’ombre aux blêmes méandres,
Un bateau qui se noie.

Sans qu’on ait rien compris
Au voyage dément,
Un geste, un dernier cri,
Et c’est l’enlisement!

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

FOEHN (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2017




    
FOEHN

Plainte aveugle dans le vent, jour d’hiver couleur de lune,
Enfance, le bruit des pas meurt contre la haie obscure,
Cloches longues du soir.
La blanche nuit approche doucement.

Elle change en rêves pourpres les douleurs et les peines
De l’âpre vie, afin que l’aiguillon jamais
De ce corps pourrissant n’ôte sa pointe.

L’âme anxieuse au coeur du sommeil profondément soupire,

Le vent profondément dans les arbres rompus,
Et la mère s’en va comme une pleureuse
Chancelante par la solitaire forêt

De ce deuil silencieux; nuits peuplées
D’Anges étincelants parmi les larmes.
Au mur nu se brise un pâle squelette d’enfant.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Que j’aime à m’endormir (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2017



Que j’aime à m’endormir sur le drap de ta peau
Comme un autre à pourrir dans les plis du drapeau.

(Olivier Larronde)

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :