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Poésie

Posts Tagged ‘poursuite’

Comme la poursuite d’un rêve (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019



De ce pays aux couleurs primaires
je contemple une carte postale
comme la poursuite d’un rêve

(Tawara Machi)

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POURSUITES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



 

Brad Kunkle

POURSUITES

Rassurée et sereine
Sous les feuillages
Étendue
La femme de tous les temps
Découvre ce lieu paisible
Où le rêve peut éclore
Et l’amour advenir.

*

J’ai beau le poursuivre
Je ne l’atteindrai jamais
Ce Poème des poèmes
Masqué par l’indicible
Je demeure en chemin
Au présent A jamais
Heureuse de ce parcours
Invincible.

De notre chair éclatante
A nos chairs ramollies
De notre chair pulpeuse
A nos chairs d’élégie
J’ai vu glisser le temps
Et s’accroître les ans

Mais j’ai aimé cette chair
Et ses métamorphoses
Et respecté cette chair
En ses secrets replis.

*

Des rafales en bourrasques
J’ai couru dans le Vent
Vers le grand souffle des choses

L’arbre gémissait
Les plantes se recourbaient
A cheveux déployés
Je cours vers l’avant.

(Andrée Chedid)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Je suis debout sur la falaise nue (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018


Je suis debout sur la falaise nue,
Enveloppé d’un manteau de nuit.
Depuis ces hauteurs désolées mon regard
Descend jusqu’à un pays couvert de fleurs.
Je vois s’envoler un aigle
Qui avec le courage de la jeunesse
S’élance à la poursuite des rayons dorés,
Et montant s’enfonce dans le brasier éternel.

(Friedrich Nietsche)

Illustration: Caspar David Friedrich

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NOCTURNE (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Arnold Böcklin
    
NOCTURNE

Je veux exprimer mon angoisse par des vers
qui diront abolie ma jeunesse de rêves et de roses,
et amèrement détruite mon innocence première
par des soucis médiocres et une peine grandiose.

Et le voyage vers un vague Orient sur d’invisibles barques,
et les graines d’oraisons qui fleurirent en blasphème,
et les effarements du cygne au milieu des flaques
et le bleu nocturne et factice de l’odieuse bohème.

Clavicorde lointain qui dans le silence et l’oubli
ne donna jamais au rêve ses accords éminents,
esquif orphelin, arbre très illustre, obscur nid
qui adoucit la nuit d’une tendresse d’argent…

Espérance odorante d’herbes fraîches, madrigal
du rossignol printanier, de l’oiseau matinal,
fleur de lys arrachée par un destin fatal,
poursuite du bonheur, persécution du mal…

L’amphore funeste contient le venin des anges
qui sera au long de la vie la torture intérieure,
la conscience épouvantable de notre humaine fange
et l’horreur de se sentir passager, l’horreur

d’avancer à tâtons, en d’erratiques alarmes,
vers cet inconnu inévitable et la
violence cauchemardesque de ce sommeil de larmes
dont nulle autre qu’Elle ne nous éveillera !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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PAR L’INFLUENCE DU PRINTEMPS (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



Illustration
    
PAR L’INFLUENCE DU PRINTEMPS

Dans le vase de cristal
il y a des fleurs nouvelles. Cette nuit,
il y eut une pluie de baisers.
Elle réveilla un faune bicorne
à la poursuite d’une âme émotive.
Nombre de fleurs exprimèrent leur parfum.
Dans la passionnelle syrinx
grandirent sept voix
qui dans sept roseaux furent placées
par Pan.

D’anciens rites païens
se renouvelèrent. L’étoile
de Vénus brilla, plus limpide
et diamantine. Les fraises
des bois rendirent leur sang.
Le nid se mit en fête.
Un rêve florentin
refleurit de printemps,
de façon qu’en chair vive
resurgirent les aspirations perdues.
Imaginez un chêne
donnant une rose fraîche ;

un bon ægipan latin
avec une bacchante grecque
et parisienne. Une musique
magnifique. Une suprême
inspiration primitive,
emplie de choses modernes.
Un vaste orgueil viril
que parfume l’odor di femina ;
un trône de pierre où
repose un lys.

Divine Saison ! Divine
Saison ! L’aube sourit
plus tendrement. La traîne
du paon exalte
son prestige. Le soleil augmente
son intime influence, et la harpe
nerveuse vibre seule.
Ô Printemps sacré !
Ô jouissance du don sacré
de la vie ! Ô palme superbe
sur nos fronts ! Cou
du cygne ! Colombe blanche !
Rose rouge ! Pallium bleu !
Et tout pour toi, ô mon âme !
Et pour toi, mon corps, et pour toi,
idée qui les relies.
Et pour Toi, que nous cherchons
et jamais ne trouverons —
jamais !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Clos aux Mu-lan (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018




    
Clos aux Mu-lan

Le mont d’automne recueille le reste du couchant
Un oiseau vole à la poursuite de sa compagne
Par intermittence chatoie le vert-bleu
La brume du soir, elle, est sans lieu

(Wang Wei)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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LE VIDE ET LES FORMES (Margherita Guidacci)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Illustration: Gilbert Garcin
    
LE VIDE ET LES FORMES

La poursuite, la lutte
sur le bord invisible,
les images saisies, déjà crues
nôtres et en un instant
redevenues brouillard,
le retour déçu —
du chasseur auquel ne fut donné
qu’un bruissement de feuillages et l’éclair gris
du lièvre qui s’enfuit en bondissant dans les buissons ;
du pêcheur dont la longue attente
s’acheva dans un ironique saut de carpe,
cette illusion d’argent sur l’hameçon à peine effleuré…

Comme nous voici vaincus !
Comme nous tombent des mains les armes inutiles!
La pierre reste pierre,
la toile n’est que toile, la feuille une bruissante
absence, le clavier
silence obstiné.

Le vide se défend.
il ne veut pas qu’une forme le tourmente.

***

L’inseguimento, la lotta
sull’orlo invisibile,
le immagini afferrate, già credute
nostre, ed in un istante
ridivenute nebbia,
il deluso ritorno —
di cacciatore a cui toccô soltanto
uno stormir di frasche e il breve lampo grigio
della lepre che a balzi si salva tra i cespugli ;
di pescatore la cui lunga attesa
fini in un guizzo ironico di carpa,
quella belfa d’argento sull’amo appena sfiorato…

Come siamo sconfitti !
Come ci cadono di mano le inutili armi !
La pietra resta pietra,
la tela è solo tela, il f oglio una frusciante
assenza, la tastiera
ostinato silenzio.

Il vuoto si difende.
Non vuole che una forma lo torturi.

(Margherita Guidacci)

 

Recueil: PRISMA
Traduction: Philippe Renard
Editions: OBSIDIANE

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Exil (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017



Illustration
    

Exil

III

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette splendeur,
« Et comme un haut fait d’armes en marche par le monde,
comme un dénombrement de peuples en exode,
comme une fondation d’empires par tumulte prétorien, ha !
comme un gonflement de lèvres sur la naissance des grands Livres,
« Cette grande chose sourde par le monde
et qui s’accroît soudain comme une ébriété.

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette grandeur,
« Cette chose errante par le monde,
cette haute transe par le monde,
et sur toutes grèves de ce monde,
du même souffle proférée, la même vague proférant
« Une seule et longue phrase sans césure à jamais inintelligible…

« … Toujours il y eut cette clameur,
toujours il y eut cette fureur
« Et ce très haut ressac au comble de l’accès,
toujours, au faîte du désir,

la même mouette sur son aile, la même mouette sur son aire,
à tire-d’aile ralliant les stances de l’exil,
et sur toutes grèves de ce monde, du même souffle proférée,
la même plainte sans mesure
« A la poursuite, sur les sables, de mon âme numide… »

Je vous connais, ô monstre ! Nous voici de nouveau face à face.
Nous reprenons ce long débat où nous l’avions laissé.
Et vous pouvez pousser vos arguments comme des mufles bas sur l’eau :
je ne vous laisserai point de pause ni répit.
Sur trop de grèves visitées furent mes pas lavés avant le jour,
sur trop de couches désertées fut mon âme livrée au cancer du silence.

Que voulez-vous encore de moi, ô souffle originel ?
Et vous, que pensez-vous encore tirer de ma lèvre vivante,
Ô force errante sur mon seuil,
ô Mendiante dans nos voies et sur les traces du Prodigue ?

Le vent nous conte sa vieillesse, le vent nous conte sa jeunesse…
Honore, ô Prince, ton exil !
Et soudain tout m’est force et présence, où fume encore le thème du néant.

« … Plus haute, chaque nuit, cette clameur muette sur mon seuil,
plus haute, chaque nuit, cette levée de siècles sous l’écaille,
« Et, sur toutes grèves de ce monde, un ïambe plus farouche à nourrir de mon être !…

« Tant de hauteur n’épuisera la rive accore de ton seuil,
ô Saisisseur de glaives à l’aurore,
« Ô Manieur d’aigles par leurs angles,
et Nourrisseur des filles les plus aigres sous la plume de fer !

« Toute chose à naître s’horripile à l’orient du monde,
toute chair naissante exulte aux premiers feux du jour !
« Et voici qu’il s’élève une rumeur plus vaste par le monde, comme une insurrection de l’âme…

« Tu ne te tairas point clameur !
que je n’aie dépouillé sur les sables toute allégeance humaine.
( Qui sait encore le lieu de ma naissance ? ) »

(Saint-John Perse)

 

Recueil: Apologie du poète
Editions: Fata Morgana

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Violette (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Violette

Grave Conflit A Propos de La Violette
Entre La Fée Aux Fleurs
Et Une Académie Qui Désire Garder L’anonymat

[Thèse académique:]
La Violette est fille d’Atlas.
Cette jeune nymphe, poursuivie par Apollon,
allait devenir la proie de ce Don Juan,
lorsque les dieux, touchés de son sort,
la métamorphosèrent en violette.
C’est le moyen ordinaire employé par les dieux pour
déjouer les projets galants d’Apollon.
L’imagination féconde de Jupiter
devrait bien de temps en temps inventer un nouveau procédé.

[Thèse de la Fée aux Fleurs:]
Ces auteurs sont vraiment des gens cocasses.
Où diable ont-ils pris que la Violette
est fille d’Atlas et nymphe de son métier?
tandis que son père s’appelait tout simplement Jérôme,
et qu’elle exerçait la profession de couturière
au bourg sous le nom de Marcelle.

[Réponse de L’Académie:]
1. On ne doit ajouter qu’une foi médiocre
aux renseignements fournis à la science
par des êtres dont l’existence est aussi peu prouvée que celle des fées.
2. On ne peut donner sur toutes choses que des détails apocryphes,
quand on est apocryphe soi-même.
3. Les témoignages des siècles s’accordent à démontrer
que les fleurs ont toutes une origine essentiellement mythologique.
En conséquence. L’Académie déclare que la violette
lui semble plus que jamais fille d’Atlas.
Elle affirme, en outre, sur son âme et sur sa conscience,
devant Dieu et devant les hommes,
que la fille d’Atlas était nymphe de naissance,
et que les dieux, pour la soustraire
aux poursuites d’Apollon, la changèrent en violette.

(J.J. Grandville)

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LE FEU SACRE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017




LE FEU SACRE

Nous sommes les poursuivants
D’une étrange poursuite

Sur nos terres mutilées
Faites de splendeur et d’ombres
Nos appels abondent
En quête du chemin

Vaine est l’exploration
Verrouillée la réponse

De broussailles en ténèbres
Seul résiste
Le feu sacré.

(Andrée Chedid)

Illustration: Didier Traulle

 

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