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Posts Tagged ‘poursuivi’

Poème avec cycliste (Franz Hodjak)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



Poème avec cycliste

Le cycliste, ici
dans la forêt, n’est pas
ni. Il roule, toujours

plus vite, file à toute allure, dépasse
le vent, le commencement, son propre
arrêt cardiaque, la poste, la liberté, la

lumière. À la vitesse qu’il
vient d’atteindre, il
est à peine encore visible. Il incarne

notre conviction, qui
ne peut plus toujours
se permettre les deux : le poursuivi

et le poursuivant. Il est
aussi bien que. Nous sommes
fiers de lui. Nous parions

sur sa victoire.

***

Gedicht mit Radfahrer

Der Radfahrer, hier
im Wald, er ist weder
noch. Er radelt, immer

schneller, er rast davon, überholt
den Wind, den Anfang, den eignen
Herzinfarkt, die Post, die Freiheit, das

Licht. In der Geschwindigkeit, die
er inzwischen erreicht hat, ist
er kaum noch sichtbar. Er verkörpert

unsre Überzeugung, die sich
nicht mehr immer und ewig
beides leisten kann, Verfolgten

und Verfolger. Er ist
sowohl als auch. Wir sind
stolz auf ihn. Wir setzen

auf seinen Sieg.

(Franz Hodjak)

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Le seigneur de Furu (Iso no Kami Otomaro)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Le seigneur de Furu
D’Iso no kami
Entrainé par les charmes
D’une gracieuse femme
Comme un cheval
Tenu par sa longe,
Comme un cerf
Poursuivi par les arcs et les flèches,
A obéi aux ordres
De notre souverain
Et s’est retiré dans une campagne
Aussi lointaine que les cieux.
Ah passant par le mont Matsuchi
Que ne revient-il !

(Iso no Kami Otomaro)

 

 

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Nous ne saurons jamais qui nous sommes (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



nous ne saurons jamais qui nous sommes
qui nous aurons été c’est ainsi
nous portons d’étranges lunettes
qui ne peuvent même pas nous aider
à voir venir la mort à reconnaître
l’amour lorsqu’il passe à portée
de nos mains la beauté que menace
tant de regards éteints nous marchons
un peu de travers comme les vieux chiens
qui se retournent parce qu’ils se croient
poursuivis alors que le danger vient
inexorablement d’en face

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Gilbert Garcin

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Celui qui parle à cette bouche (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



Konstantin Kacev 25

Celui qui Parle a cette Bouche

Celui qui parle à cette bouche
ne peut plus croire aux ferveurs
que l’enfance gardait pour la mort.

Poursuivi par ses pas
et toujours aussi loin de sa vérité,
il n’existe plus qu’en ses songes.

Chaque jour, il secoue sa terre
mais il en reste assez sous ses pieds
pour faire croître la douleur
jusqu’au point où les yeux sont des tiges cassées.

Le vent traverse ses mains
fissurées par le sang.
Parfois, quelqu’un frappe
personne n’entre, il n’y a plus de portes
il n’y a plus que des yeux
mal éclairés par le soir
et l’or qui remonte du cœur
comme un feu déjà gris.

(Lucien Becker)

Illustration

 

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Nova (Catherine Pozzi)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2016



Nova

Dans un monde au futur du temps où j’ai la vie
Qui ne s’est pas formé dans le ciel d’aujourd’hui,
Au plus nouvel espace où le vouloir dévie
Au plus nouveau moment de l’astre que je fuis
Tu vivras, ma splendeur, mon malheur, ma survie
mon plus extrême cœur fait du sang que je suis,
mon souffle, mon toucher, mon regard, mon envie,
mon plus terrestre bien perdu pour l’infini.
Évite l’avenir, Image poursuivie !
Je suis morte de vous, ô mes actes chéris
Ne sois pas défais toi dissipe toi délie
Dénonce le désir que je n’ai pas choisi.
N’accomplis pas mon jour, âme de ma folie, —
Délaisse le destin que je n’ai pas fini.

(Catherine Pozzi)

 

 

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Perpétuellement en fuite (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2016



Perpétuellement en fuite. Poursuivis par la peur.
Par le néant, et notre peur du néant.

Nous nous croyons en quête, mais c’est le vide qui
nous effraie. Nous chasse.

Quelque chose nous chasse dans l’obscurité de nous-mêmes.
Et toute notre vie nous fuyons à perdre haleine.

Quelque chose nous chasse. Une chose comme toutes les autres.
Aussi terrible. Quelque chose nous chasse : la réalité même.

(Gérard Pfister)

Illustration

 

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L’HIVER (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2015



Eugeniusz Zak - Tutt'Art@ (40) [1280x768]

L’HIVER

Non, ce n’est pas l’été, dans le jardin qui brille,
Où tu t’aimes de vivre, où tu ris, coeur d’enfant !
Où tu vas demander à quelque jeune fille,
Son bouquet frais comme elle et que rien ne défend.

Ce n’est pas aux feux blancs de l’aube qui t’éveille,
Qui rouvre à ta pensée un lumineux chemin,
Quand tu crois, aux parfums retrouvés de la veille,
Saisir déjà l’objet qui t’a dit :  » A demain !  »

Non ! ce n’est pas le jour, sous le soleil d’où tombent
Les roses, les senteurs, les splendides clartés,
Les terrestres amours qui naissent et succombent,
Que tu dois me rêver pleurante à tes côtés :

C’est l’hiver, c’est le soir, près d’un feu dont la flamme
Eclaire le passé dans le fond de ton âme.
Au milieu du sommeil qui plane autour de toi
Une forme s’élève ; elle est pâle ; c’est moi ;

C’est moi qui viens poser mon nom sur ta pensée,
Sur ton coeur étonné de me revoir encor ;
Triste, comme on est triste, a-t-on dit, dans la mort,
A se voir poursuivi par quelque âme blessée,
Vous chuchotant tout bas ce qu’elle a dû souffrir,
Qui passe et dit : « C’est vous qui m’avez fait mourir !  »

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Eugeniusz Zak

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L’oubli (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2015



L’oubli

Poursuivie par mille voix la lueur de mon désir,
Calme phalène de fatigue, s’est perdue au fond de moi,
Venue des foules de sable noir et des animaux du temps,
Nouée à même le printemps, rose solaire de la mort,
Par sommeil et par torture m’avait fait naître et me perdre
A chaque lac de ta chair, à chaque défaite pure.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration

 

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