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LE LABOUREUR ET SES ENFANTS (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018




    
LE LABOUREUR ET SES ENFANTS

Pas de trésor caché dedans
Pas plus que dans mon poing qui meurt
De source claire
Rien sur le dos ni sous la paume de la terre
Rien à gratter sur l’oeuf en plâtre de la terre
Plus de petits poussins tremblants dans les sentiers
Plus de femme en peignoir à fleurs sur le palier
Plus de foule au balcon pour voir passer la foule
Plus de mousse qui perle et de pierre qui roule
Plus de chalands à quai
Plus de lustres au plafond
Plus de zéro de conduite et de leçons
Plus rien qui vaille encor la peine de distraire
Ce temps de nous
A la veille de la misère.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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La leçon de choses (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




La leçon de choses

Venez, poussins,
Asseyez-vous
Je vais vous instruire sur l’œuf
Dont tous vous venez, poussins.

L’œuf est rond
Mais pas tout à fait
Il serait plutôt ovoïde
Avec une carapace
Et vous en venez tous, poussins

Il est blanc
Pour votre race
Crème ou même orangé
Avec parfois collé
Un brin de paille
Mais ça,
C’est un supplément

A l’intérieur, il y a

Mais pour y voir
Faut le casser
Et alors d’où – vous poussins – sortiriez ?

(Raymond Queneau)

 

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Les murs ne tombent pas (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



Les murs ne tombent pas
[1]

Un incident ici et là,
grilles confisquées (pour les canons)
dans ton (et mon) vieux square :

brume et gris brumeux, pas de couleur,
mais abeille, poussin et lièvre de Luxor
poursuivent un but inaltérable

en vert, rose-rouge, lapis ;
ils continuent à prophétiser
depuis le papyrus de pierre :

là-bas, comme ici, ruine ouvre
la tombe, le temple ; entre
là-bas comme ici, aucune porte :

le lieu saint est ouvert au ciel,
la pluie tombe, ici, là-bas
le sable glisse ; l’éternité endure :

ruine partout, or comme le toit tombé
laisse la chambre scellée
ouverte à l’air,

ainsi, dans notre désolation,
des pensées s’éveillent, l’inspiration nous traque
dans l’obscurité :

sans le savoir, Esprit annonce la Présence ;
nous sommes pris de frissons,
comme autrefois, Samuel :

tremblant à un coin de rues connu,
nous ignorons et sommes ignorés ;
la Pythie prononce — nous nous rendons

dans une autre cave, vers un autre mur tranché
où de pauvres ustensiles sont montrés
comme des objets rares dans un musée ;

Pompéi n’a rien à nous apprendre,
nous connaissons la fissure volcanique,
le flot lent de la terrible lave,

pression sur le coeur, les poumons, cerveau
prêt à rompre dans son fragile écrin
(tout ce que le crâne peut endurer !) :

au-dessus de nous, feu apocryphe,
au-dessous, la terre tangue, le sol penche,
déclivité d’un trottoir

où des hommes titubent, ivres
d’une nouvelle confusion,
sorcellerie, possession :

la structure d’os n’était pas faite pour
un tel choc tissé dans la terreur,
pourtant le squelette a résisté :

la chair ? elle a fondu,
le coeur, brûlé, braises mortes,
tendons, muscles brisés, bogue externe démembrée,

pourtant la charpente a tenu :
nous avons passé la flamme : surpris —
sauvé par quoi ? pour quoi ?

***

The walls Do Not Fall

An incident here and there,
and rails gone (for guns)
from your (and my) old town square:

mist and mist-grey, no colour,
still the Luxor bee, chick and hare
pursue unalterable purpose

in green, rose-red, lapis;
they continue to prophesy
from the stone papyrus:

there, as here, ruin opens
the tomb, the temple; enter,
there as here, there are no doors:

the shrine lies open to the sky,
the rain falls, here, there
sand drifts; eternity endures:

ruin everywhere, yet as the fallen roof
leaves the sealed room
open to the air,

so, through our desolation,
thoughts stir, inspiration stalks us
through gloom:

unaware, Spirit announces the Presence;
shivering overtakes us,
as of old, Samuel:

trembling at a known street-corner,
we know not nor are known;
the Pythian pronounces—we pass on

to another cellar, to another sliced wall
where poor utensils show
like rare objects in a museum;

Pompeii has nothing to teach us,
we know crack of volcanic fissure,
slow flow of terrible lava,

pressure on heart, lungs, the brain
about to burst its brittle case
(what the skull can endure!) :

over us, Apocryphal fire,
under us, the earth sway, dip of a floor,
slope of a pavement

where men roll, drunk
with a new bewilderment,
sorcery, bedevilment:

the bone-frame was made for
no such shock knit within terror,
yet the skeleton stood up to it:

the flesh? it was melted away,
the heart burnt out, dead ember,
tendons, muscles shattered, outer husk dismembered,

yet the frame held:
we passed the flame: we wonder
what saved us? what for?

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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L’Enfant (Marguerite Charransol)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Tu refusais de m’accompagner
mais je t’ai dit:
« J’ai un poussin qui chante
une tortue qui marche »
alors tu m’as regardée
tu as mis ta main dans la mienne
et nous sommes partis.

Tu n’avais plus peur de moi
tu me tirais en avant
ta main serrait la mienne
tu étais en route
vers le poussin qui chante
et la tortue qui marche
et tu m’entraînais.

Tu allais de l’avant
comme les hommes d’hier
comme ceux de toujours
vers un poussin qui chante
une tortue qui marche
une fleur qui s’ouvre
une goutte de lumière
un rayon de clarté!

(Marguerite Charransol)

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L’après-midi … (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2016



L’après-midi d’un dimanche je voudrais bien,
quand il fait chaud et qu’il y a de gros raisins,
dîner chez une vieille fille en une grande
maison de campagne chaude, fraîche, où l’on tend du linge,
du linge propre, à des cordes, des liens.
Dans la cour il y aurait des petits poussins,
qui iraient près du puits – et une jeune fille
dînerait avec nous deux seuls comme en famille.
Nous ferions un dîner lourd, et le vol-au-vent
Serait sucré avec deux gros pigeons dedans.
Nous prendrions le café tous les trois, et ensuite
nous plierions notre serviette très vite,
pour aller voir dans le jardin plein de choux bleus.
La vieille nous laisserait au jardin tous deux.
Nous nous embrasserions longtemps, laissant nos bouches
rouges collées auprès des coquelicots rouges.
Puis les vêpres sonneraient doucement, – alors
elle et moi nous nous presserions encor plus fort.

(Francis Jammes)


Illustration: Francisco de Goya

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Le poussin (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2016




Le poussin

C’est une graine enveloppée de plumes
et qui se promène avant de germer.

***
Toujours plein de bruit, à la fois sec et tendre,
sa tête est un dessin de nuage.
Il se perd dans la paille comme un canard qui plonge.

(Luc Dietrich)

 

 

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La mère poule (Ko Un)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2016



La mère poule hors de l’oeuf
le poussin dans l’oeuf
ne font qu’un

(Ko Un)

 

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Choses qui émeuvent profondément (Sei Shōnagon)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2015



 poule poussins 2

Choses qui émeuvent profondément.

A la fin du neuvième mois ou au début du dixième,
la musique des grillons qui vous parvient, si faible qu’on ne sait dire si on l’entend ou non.
Une poule étalée sur ses poussins, pour les protéger.
Tard en automne, les gouttes de rosée qui brillent comme des perles de toutes sortes sur les roseaux du jardin.
Le soir, quand le vent souffle dans les bambous, au bord de la rivière.
S’éveiller à l’aube, et aussi s’éveiller la nuit, c’est toujours émouvant.
Un village dans la montagne, sous la neige.

(Sei Shōnagon)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

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