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Poésie

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Mémoire 1966-1967 (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022




Illustration: Frédéric Rébéna
    
Mémoire 1966-1967

Il y a sûrement une porte
mais il faudrait la trouver
une porte dans le ciel gris qui ouvrirait sur un pré
Ici c’est l’hiver mais une fois la porte ouverte
on entrerait dans l’été
Ici c’est gris étouffé cendres serrées et murailles closes
mais si on parvenait à ouvrir la porte
un plein soleil de coquelicots
d’herbe fraîche et de campanules
vous rirait au nez

Si on trouvait la porte
qui se cache dans les corridors
on aurait de nouveau la vie devant soi
avec le soleil retrouvé
la permission de tout recommencer

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Chevaux dans un champ (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022




Illustration: Frédéric Rébéna
    
Chevaux dans un champ

Le cheval blanc pose son cou
sur le cou du cheval roux
Ils cherchent l’ombre amicale
à la lisière du pré d’été

Il n’a besoin de rien d’autre
celui qui pose ses pensées
sur la confiance d’une épaule
dans le silence de l’été

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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LA PATURE (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022



 

LA PATURE

Je vais aller au pré pour curer la fontaine.
Je me contenterai de retirer les feuilles.
(Et peut-être attendrai-je que le flot soit clair.)
Je ne serai pas parti bien longtemps. Viens donc!

Je vais ramener avec moi le petit veau
Qui est toujours avec sa mère. Il est si jeune
Que lorsqu’elle le lèche, il vacille et chancelle.
Je ne serai pas parti bien longtemps. Viens donc!

(Robert Frost)

Illustration

 

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Ô Fontaine Bellerie (Guillaume de Lorris)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2022



Illustration: Helena Nelson-Reed
    
Ô Fontaine Bellerie

Ô Fontaine Bellerie,
Belle fontaine chérie
De nos Nymphes, quand ton eau
Les cache au creux de ta source,
Fuyantes le Satyreau,
Qui les pourchasse à la course
Jusqu’au bord de ton ruisseau,

Tu es la Nymphe éternelle
De ma terre paternelle :
Pource en ce pré verdelet
Vois ton Poète qui t’orne
D’un petit chevreau de lait,
A qui l’une et l’autre corne
Sortent du front nouvelet.

L’Été je dors ou repose
Sur ton herbe, où je compose,
Caché sous tes saules verts,
Je ne sais quoi, qui ta gloire
Enverra par l’univers,
Commandant à la Mémoire
Que tu vives par mes vers.

L’ardeur de la Canicule
Ton vert rivage ne brûle,
Tellement qu’en toutes parts
Ton ombre est épaisse et drue
Aux pasteurs venant des parcs,
Aux boeufs las de la charrue,
Et au bestial épars.

Io ! tu seras sans cesse
Des fontaines la princesse,
Moi célébrant le conduit
Du rocher percé, qui darde
Avec un enroué bruit
L’eau de ta source jasarde
Qui trépillante se suit.

(Guillaume de Lorris)

 

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C’est toujours dimanche avec les mots, avec les mots … (Christian Da Silva)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022



Une algue a poussé dans le pré,
la mouette est sur l’érable
et la maison se fait voilier.

Dans le feu
s’étire un soleil de vacances,
juste assez
pour que le sable reste au sec.

Un rêve court, un rêve danse,
et c’est la plage dans ma main,
et c’est le blé dorant la neige,
et c’est une île qui revient.

Avec des mots d’eau fraîche,
la chaîne du puits lève l’ancre,
une histoire roule calèche
et c’est toujours dimanche,
avec les mots,
avec les mots …

(Christian Da Silva)

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La beauté doit venir d’un autre monde (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022



Illustration
    
La beauté doit venir
D’un autre monde

Qui s’avance
Jusqu’au nôtre

Et parfois même
L’enveloppe.

Regarde
Cette chapelle romane,

Les prés alentour,
Le ciel qui s’incline,

Regarde et maintenant
Ose dire où nous sommes.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Art poétique précédé de Paroi et suivi de Le Chant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Écrire à tout venant (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022




    
Écrire à tout venant

Pour toi
J’écrirais un poème
Sur le confetti
Sur le timbre-poste
Sur la carte à jouer
Pour toi
J’écrirais un poème
N’importe où
N’importe comment
Tant qu’il est encore temps

Pour toi
J’écrirais un poème
Sur l’affiche
Sur la vitrine
Sur le mur blanc
Pour toi
J’écrirais un poème
N’importe où
N’importe comment
Pourvu qu’il soit encore temps

Pour toi
J’écrirais un poème
Sur le bord du pré
Sur le lit du fleuve
Sur le ciel à l’horizon
Pour toi
J’écrirais un poème
N’importe où
N’importe comment
Il n’est peut-être plus temps ?

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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CHANSON (Dan Andersson)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022




Illustration: Alain Boissel

    

CHANSON

Quand naquit mon amour, c’était sur les rivages
des eaux dansantes d’un torrent
par une claire nuit de nordique printemps,
par une de ces nuits de mes jeunes années
où je buvais le miel sauvage
sur les prés couverts de rosée.

Quand naquit mon amour, c’était sur les rivages
du Païso torrentueux
où sautait le saumon et chassait le brochet ; et
de ses froides eaux qui roulaient avec rage,
farouchement voluptueux,
un chant irréel s’élevait.

Et ce chant bouillonnait tout le long de mes veines
chaque fois qu’un nouveau printemps
venait remettre à neuf un peu de l’âme humaine ;
et dans le monde entier retentissait ce chant
chaque fois que mystérieux
un printemps descendait des cieux.

Mais jamais plus, hélas, je n’aimerai
comme en ces jours lointains, comme aux bords enchantés
des eaux claires du Païso.
Mon amour se fait vieux, mon amour se fait gris,
mon amour ne sait plus du tout
cueillir le miel sauvage au coeur profond des nuits.

(Dan Andersson)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: J.-V. Pellerin
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Entre l’ombelle et le maïs (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022



Entre l’ombelle et le maïs,
Le noisetier et le hêtre,
Cette alliance fut conclue
Pour la plus fraîche odeur,
Pour la paix du regard
Qui feront verdir ce pré
Tout au creux de la mémoire.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration

 

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TOMBES DE SOLDATS (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



TOMBES DE SOLDATS

Près des tombes vertes de lierre
Des soldats tués à la guerre,
Des enfants jouent au cimetière.

Des enfants aux sabres de bois
Jouent naïvement aux soldats
Et font les morts couchés en tas.

Sans un regard pour ces guerriers,
Des moutons broutent dans le pré
Comme toujours ils ont brouté.

L’heure sonne, lente à la tour.
Un chien aboie dans une cour.
Un paysan, au loin, laboure.

(Maurice Carême)

Illustration: Jules Jacques Veyrassat

 

 

 

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