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Préambule (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2022



Préambule

Ce corps qui est moi
et qui ne l’est pas
me cherche noises
me décortique de haut en bas,
petite eau claire
je subis l’air
sans faire de vagues.
Mes cils neigent
mes dents ont la chair de poule,
mon sourire grille
comme une ampoule
et mes seins boudent
d’une mine pincée
de crayons mal taillés,
tout est plus blanc
qu’une craie d’école.
Objet parmi tant d’autres
après le lit, les verres, les chaises
qui ne savent pas ce qu’ils attendent
je suis la seule cassable
la seule inutile
la seule
apte au départ.
Les douves du désir
sont remplies d’anguilles.
Je dis que j’ai froid
pour fuir la brûlure de ta main.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

Illustration: Dominique TREMOIS-CHAZOT

 

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Préambule à une terreur métaphysique (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Préambule à une terreur métaphysique

Gravite une maison isolée surplombant la mer

Mon esprit se disloque dans le labyrinthe des passions

Irrité par la circonférence toujours close mon être secret et meurtrier cherche son
salut

L’angoisse du temps porte un masque et l’obsession un soir de me coucher seul me
poursuit
mais la grâce du langage revêt une profonde langueur
L’épiderme ardent sur une terre aride égaré dans un océan fouetté par les vents
accablé par les couleurs violentes je regrette les outrages et les rancoeurs
car dans l’amplitude de l’espace cette crotte de terre est l’endroit absolu pour
s’enfuir.

Gouttes du temps la forêt navigue le vent retrousse la vague
l’étoile se referme dans la captivité où ricane l’horizon

Un rire de chair dans le miroir de l’âme au rythme de la marche toute la forêt
tremble et la marée des moissons retourne à la source du sommeil où bourdonne le
jardin.

L’inquiétude des eaux ouvre mon cœur à la cruauté des choses
et je glisse ma main dans l’étoffe des nuits pour palper le sien.

Le mur a l’aspérité qu’il faut pour que mes doigts le reconnaissent
car le poli est anonyme et ne renvoie à rien
Rugosité tu es la présence de la matière
et le ciment lie la pierre à la pierre pour édifier dans l’espace vide
le lieu de l’étreinte de deux corps qui se prennent
et de deux coeurs qui s’éprennent

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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