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Poésie

Posts Tagged ‘précaire’

Les herbes de Thulé (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2021




    
Les herbes de Thulé ne disposent que d’un temps chichement mesuré.
Suspendues aux mamelles de l’instant, aux mains de la grâce
elles embrassent la détresse du papillon sur les grèves gelées,
et ressentent l’âge de l’éphémère, au mois de juin.

II n’est guère de plus grand miracle sur cette terre
que ces brins de verdure qui ornent notre été précaire.
Le paysan reste sans voix,
les poètes se délectent de mots
tandis que, dans les prés,
les herbes déploient leur grâce.

(Harry Martinson)

 

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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LIGNES DE FUITE (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

LIGNES DE FUITE

Là où nous porte le désir
sans bagage l’esprit dérive
que brûle la soif de connaître

Après emboîtage du corps
nulle nouvelle n’est transmise
du long voyage à l’étranger

Il doit se poursuivre — dit-on —
en insolite dimension
et traversée d’infini

Enfant nostalgique à jamais
du halo d’un verbe à venir
nef perdue au fil d’un ruisseau

Danseur d’équilibre précaire
toujours menacé le bonheur
se risque au vertige du vide

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration

 

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Les journaliers (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2020


 

Ils n’ont point peur, celui-ci cloue
et celui-là assemble
tandis qu’une troisième plante;
l’on peut s’approcher d’eux
leur demander
des nouvelles des leurs
et pourtant tout est si précaire
les corps de leurs filles ainées
les vieux rires de leurs soirées;
de temps à autre il y a des ombres
une poitrine qui se révèle
une certaine douleur
un goût très fin d’éternel.

(Jean Follain)

 

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DAME EN NOIR (Françoise Coulmin)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020



Illustration: Marilyne Bertoncini
    

DAME EN NOIR

Maigres oignons
offerts à personne

Hospitalité précaire d’un coin d’immeuble
et dallage aseptisé
pour inhumanité urbaine à l’œuvre

Vertige que cette solitude

Petite dame
en noir
vieillie courbée

Courbée
de tant d’années
à préserver sa dignité.

(Françoise Coulmin)

 

Recueil: DE QUOI SE SOUVENIR ?
VAGABONDAGES dans BUCAREST À l’occasion du FESTIVAL INTERNATIONAL DE POÉSIE mai 2019
Traduction:
Editions:

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Le mouvement perpétuel (Delphine Popović)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019




    
Le mouvement perpétuel

Le désespoir même s’est lassé désormais
de rejouer la partie que je perds toujours
où il m’attend sans surprise
embusqué au bord du chemin
pour m’offrir un moment sa compagnie glacée
et s’éloigne
laissant entre nous la distance de son ombre
qui porte encore mes pas jusqu’au grand vide
dans l’abîme des rêves sans lumière
que n’éloigne plus le signe précaire de l’Aube
tremblant au fond du chemin.

(Delphine Popović)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: L’ouverture du miroir et autres poèmes

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J’arrive où je suis étranger (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Louis Aragon
    
J’arrive où je suis étranger
Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger

Un jour tu passes la frontière
D’où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu’importe et qu’importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon

Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l’enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C’est le grand jour qui se fait vieux

Les arbres sont beaux en automne
Mais l’enfant qu’est-il devenu
Je me regarde et je m’étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus

Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d’antan
Tomber la poussière du temps

C’est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C’est comme une eau froide qui monte
C’est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu’on corroie

C’est long d’être un homme une chose
C’est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux

O mer amère ô mer profonde
Quelle est l’heure de tes marées
Combien faut-il d’années-secondes
A l’homme pour l’homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées

Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger

(Louis Aragon)

 

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Il remue à peine dans le froid (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Il remue à peine dans le froid.
A tant scruter la nuit,
ses yeux ont englouti ses lèvres.
Il va désormais des uns aux autres,
luciole doutant de l’équilibre précaire.

(Bernard Montini)

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Je m’arrête parfois (Anne Perrier)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
Je m’arrête parfois sous un mot
Précaire abri à ma voix qui tremble
Et qui lutte contre le sable
Mais où est ma demeure
Ô villages de vent
Ainsi de mot en mot je passe
A l’éternel silence

(Anne Perrier)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Le livre d’Ophélie et La voie nomade
Traduction:
Editions: Zoé

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Sonnet du beau (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Alberto Gálvez  (8)

Sonnet du beau

Je t’aimai t’élis t’espère
Toi qui fais mon devenir
Le coeur je sais s’exaspère
de te voir aller venir.

Un reste de temps précaire
change le songe et l’agir
sachant la grâce première
don ému de ton désir.

De toi j’aime la lumière
promesse qui va s’enfuir
et m’enchaîne à son mystère.

Jeunesse à n’en plus finir
le vrai du beau ne diffère
qu’aux yeux vains de l’avenir.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Alberto Gálvez

 

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Ma confiance (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Quand même je saurais le réseau de mes nerfs
aussi précaire que la toile d’araignée,
je n’en louerais pas moins ces merveilles de vert,
ces colonnes, même choisies pour la cognée,

et ces chevaux de bûcherons… Ma confiance
devrait s’étendre un jour à la hache, à l’éclair,
si la beauté de mars n’est que l’obéissance
du merle et de la violette, par temps clair.

(Philippe Jaccottet)

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