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J’ALLAIS DANS LE VERGER… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



 

Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (53) [1280x768]

J’ALLAIS DANS LE VERGER…

J’allais dans le verger où les framboises au soleil
chantent sous l’azur à cause des mouches à miel.
C’est d’un âge très jeune que je vous parle.
Près des montagnes je suis né, prés des montagnes.
Et je sens bien maintenant que dans mon âme
il y a de la neige, des torrents couleur de givre
et de grands pics cassés où il y a des oiseaux
de proie qui planent dans un air qui rend ivre,
dans un vent qui fouette les neiges et les eaux.

Oui, je sens bien que je suis comme les montagnes.
Ma tristesse a la couleur des gentianes qui y croissent.
Je dus avoir, dans ma famille, des herborisateurs
naïfs, avec des boîtes couleur d’insecte vert,
qui, par les après-midi d’horrible chaleur,
s’enfonçaient, dans l’ombre glacée des forêts,
à la recherche d’échantillons précieux
qu’ils n’eussent point échangés pour les vieux
trésors des magiciens des Bagdads merveilleuses
où les jets d’eau ont des fraîcheurs endormeuses.
Mon amour a la tendresse d’un arc-en-ciel
après une pluie d’avril où chante le soleil.
Pourquoi ai-je l’existence que j’ai ?… N’étais-je fait
pour vivre sur les sommets, dans l’éparpillement
de neige des troupeaux, avec un haut bâton,
à l’heure où on est grandi par la paix du jour qui tombe ?

(Francis Jammes)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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Nos instants les plus précieux… (François Jacqmin)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021



    

Nos instants les plus précieux…

Nos instants les plus précieux ne furent-ils
pas des états
que rien ne permettait de retenir ? Instants
glanés lors du passage des oiseaux, nous les avons
laissé s’enfuir
afin de ne garder que l’indistinct et l’éphémère
pour preuve de leur traversée.

(François Jacqmin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Manuel des agonisants
Traduction:
Editions: Tétras Lyre

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DES CUISSES, DES CHEVEUX (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2021



Illustration: Pascal Renoux
    
DES CUISSES, DES CHEVEUX, cette femme est plongeuse
Plus lente que nature
Elle est enfouie comme une rose sous les verdeurs de la mer.

Elle fait pour moi un sourire extasié
Elle m’adresse des baisers faux et anormaux
Elle nage entre mes animaux les poissons miroirs
Elle a des mouvements aériens des jambes.

Elle suce, elle embrasse, elle épuise et remue.
Quand je suis entièrement brisé elle s’envole
Torrent de bulles bleues
Elle crache mes plus précieux souvenirs.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Les Noces suivi de Sueur de Sang
Traduction:
Editions: Gallimard

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VILLONAUDE POUR CE NOËL (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020




VILLONAUDE POUR CE NOËL

Sur le Noël morte saison
(Hommage des bergers si précieux !)
Quand les loups gris qui vont errants
Se vivent de vents froids et laiteux,
Lapent la neige, leur guerredon,
Sur le Noël coeur reprenons,
(Buvons! jusqu’à la lie buvons!)
Mais où sont les fantômes d’antan?

À quels fantômes ai-je rêvé?
(Equipage fleurant bon des mages?)
Fantômes d’amours mortes, errants
Qui font trembler les vents poisants :
Craignent qu’amour au soleil foison
Revienne et tue les chères images,
(Alors je bois à ma façon!)
Mais où sont les fantômes d’antan?

Où sont mon coeur les joies conquises
(Saturne et Mars vers Jupiter!)

Où sont les lèvres sur miennes mises
Où sont regards jolis et clairs
Qui disent amants donnez le prix?
Je bois aux yeux, opales grises
(De qui sont-elles le parangon?)
Mais où sont les fantômes d’antan?

Prince, ne dites rien de mes faits,
De la joie qu’en Dieu trouverai,
Dites-moi où sont partis les vents,
Mais où sont les fantômes d’antan?

(Ezra Pound)

Illustration

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CHANSON DE LA DERNIÈRE CHAMBRE (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    

CHANSON DE LA DERNIÈRE CHAMBRE

Si peu de chose à dire,
un si léger relief,

et déjà le soir tombe
et nous ne savons plus

que nous, cette baleine
d’ombres et d’insomnie

égarée sur la terre
avec un coeur de saule

ou de salade au vent.

Tout ça parce que la nuit
et parce que la mer

unissant leurs dix doigts
convolent en marées

dans le dos des marins
que nous sommes ici,

corps à corps amarrés,
mais la pensée au large

et si loin l’un de l’autre
à chercher dans l’obscur

une veine d’eau douce
qui parlerait pour nous

comme Jonas dressé
devant sa propre voix.

Le ciel est le plus précieux des biens dans l’existence.
Le seul qu’on puisse perdre le soir
et retrouver au matin, à sa place exacte, et lavé de frais.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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AUBE DE L’ESPOIR (Anna Keiko)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2020



Illustration: Lucie Llong   
    
AUBE DE L’ESPOIR

La lumière de l’aube
efface les traces de la nuit
implacable le temps s’écoule
j’aimerais pourtant qu’il s’arrête
telle une photo fixée sur la lentille de la caméra
car aussi précieux que le fruit de l’arbre est l’amour
semblable à la lune qui s’élève la nuit
c’est ainsi que tu es, mon amour, quoi qu’il arrive
où que tu sois, je te garde en mon cœur
depuis que je t’aime mon monde a changé
parce que deux cœurs ont trouvé une maison de tendresse
des rayons de soleil jouent les cordes sensibles de l’amour
soulèvent l’aube de l’espoir.

***

日出之光

黎明
覆盖夜的痕迹
时间流逝
我的希望无法停止
像相机镜头固定的照片
像树上的果实,珍贵
像月亮晚空升起
所以,我的爱,无论发生什么
无论你在哪里,你都在我心中
你的出现,改变了我的世界
两颗流浪的心终于找到温柔之家
阳光照射在爱情的心弦上
点燃希望的曙光。

***

SUNRISE OF HOPE

The light of dawn
erases the traces of the night
relentlessly, time goes on flowing
although I wish it would stop
like a picture fixed by the camera’s lens
because as valuable like fruit in a tree is love
Like the moon ascending at night
so you are, my love, whatever happens
wherever you are, I keep you in my heart
since I am in love with you my world has changed
because two hearts found a home of tenderness
sunrays play on the heartstrings of love
lighting up the dawn of hope.

(Anna Keiko)

***

ZORII SPERANȚEI

Lumina zorilor
șterge urmele nopții
se scurge timpul nepăsător
deși eu aș vrea să-l opresc
fixat pe lentilă ca un clișeu de dor,
căci prețioasă ca rodul bogat e iubirea.
Asemenea lunii ce se-nalță în noapte
ești tu, dragostea mea, orice s-ar întâmpla
te port în inimă oriunde fiind,
de când te iubesc, alta e lumea mea,
în locașul tandreței două inimi încap
razele soarelui dau glas corzilor iubirii
spre zorii speranței cântec suind.

 

Recueil: ITHACA 576
Traduction: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Chinois original / Anglais / Roumain Passionaria Ivanov /
Editions: POINT

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LES VIPÈRES PRÉCIEUSES… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2019



serpent-peinture

Les vipères précieuses
Qui vont boire
Glissent sous les paupières
Du grès.

Les perdrix dans les prêles
Chanteront jusqu’à la nuit.

Les peupliers, ruisselants
De bonnes nouvelles,
Tremblent sous les pieds légers
Du soleil.

Je suis l’homme
Aux durs talons,
Aux mains d’écorce ;
Les rouges couteaux du pré
Traversent mes cheveux
Et mon souffle au tien se mêle
Bonne chair aventureuse de la terre.

(Jean Rousselot)

Illustration: Patrick Moya

 

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Les petits riens (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019




Les petits riens

Immatériels et aériens,
Mais précieux comme le pain quotidien,
Ils valent leur pesant d’or,
Les petits riens…
J’en suis riche :
Sous leur soleil, je me dore,
Sous leur ombre, je dors,
La vie les offre et je les tiens…
Papillons légers,
Ils m’aguichent,
Me suivent
Et me séduisent…
Ils sont baisers, pensées,
Fleurs ou odeurs,
Un rire cristallin,
La tendresse d’un moment,
Le sortilège d’un instant…
Je suis riche de riens,
C’est bien peu et déjà trop !
Pour les dédaigner, il faut être sot !

Du bébé vagissant
Au vieillard agonisant,
Nous avons tous besoin de ces riens
Qui font si chaud au cœur,
Qui nous donnent tant de bonheur…

(Mireille Gaglio)

Illustration: Vacances en Auvergne

 

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Ah, tu croyais (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Illustration: Edvard Munch

Ah, tu croyais que j’étais de celles
Qu’on peut oublier,
Que j’irais me jeter, pleurant, priant,
Sous les sabots de ton cheval blanc.

Que j’irais demander aux sorcières
Une racine trempée d’eau magique,
Et t’offrirais en cadeau maléfique
Mon précieux mouchoir parfumé.

Sois maudit. Pas un regard, pas une plainte,
Je ne toucherai pas à ton âme exécrée,
Mais je te jure par le jardin des anges,
Sur l’icône des miracles je le jure,
Et sur l’ardente ivresse de nos nuits —
Jamais vers toi je ne reviendrai.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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Dans un Chemin de Violettes (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Dans un Chemin de Violettes

DANS l’air la merveilleuse odeur de violettes,
Nos doigts entrelacés et nos lèvres muettes.

Les rosiers roux ont la couleur de tes cheveux
Et nos coeurs sont pareils… Je veux ce que tu veux.

Tout le jardin autour de nous, ma bien-aimée,
Et la brise embaumant ta face parfumée.

Nulle n’a la splendeur de tes cheveux flottants
Ni le charme de ton sourire, ô mon Printemps !

De tout mon coeur avide et chantant je te loue.
Nulle n’a le contour précieux de ta joue,

Nulle n’a ce regard incertain qui me plaît,
Mêlé de gris aigu, de vert, de violet.

Dans l’énorme univers nulle ne te ressemble,
C’est pourquoi près de toi mon désir brûle et tremble.

Je le sais, ton regard n’a pas de loyauté
Et ta bouche a menti… Que j’aime ta beauté !

Règne sur moi toujours, préférée et suprême…
Que tes plus petits pas sont charmants… Que je t’aime !

(Renée Vivien)

Illustration: Alexandre de Riquer

 

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