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Poésie

Posts Tagged ‘précis’

Ma dame nue (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018




    
ma dame nue sur fond
de crépuscule est un accident

dont l’agrément dépasse aisément l’intention
du génie—
toute peinture se sent honteuse
devant cette musique,et la poésie n’arrive
à s’en approcher tant elle est craintive.

et pourtant toutes deux la disent merveilleuse
Mais moi(dans mes bras ayant pris

le tableau)je le presse lentement

contre ma bouche,goûte le rythme précis
féroce
et sage d’une
impeccable
nonchalance. Savoure le prix

d’un geste inimaginable

chaud exact impie

***

my naked lady framed
in twilight is an accident

whose niceness betters easily the intent
of genius—
painting wholly feels ashamed
before this music,and poetry cannot
go near because perfectly fearful.

meanwhile these speak her wonderful
But i(having in my arms caught

the picture)hurry it slowly

to my mouth,taste the accurate demure
ferocious
rhythm of
precise
laziness. Eat the price

of an imaginable gesture

exact warm unholy

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Je vais proférer un arbre (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Lionel Valot
    
je vais proférer un arbre,Personne
ne m’arrêtera

mais d’abord
la terre,l’insouciante orale obscurité
se déchaînant en de fines impulsions

je ferai

un
rêve
je
pense qu’il sera de roses et
le printemps lui apportera
des vers se ruant dans le terreau.

(ensuite je
monterai
avec de longs muscles attentifs

dans un silence nerveux précis… Mais d’abord

tu)

presseras doucement
d’abord,ce sera les feuilles
et un peu plus fort

pour les roses
juste un peu plus fort

à la fin nous
dans le feu gémissant d’un net énorme
pataugeant baiser montant humide hideusement avec
de larges
minuscules
hanches,Oh

.presse

les vers se ruant lentement dans le terreau

***

i am going to utter a tree,Nobody
shall stop me

but first
earth ,the reckless oral darkness
raging with thin impulse

i will have

into nervous and accurate silence….But first
a
dream
i
think it shall be roses and
spring will bring her
worms rushing through loam.

(afterward i’ll
climb
by tall careful muscles

into nervous and accurate silence….But first

you)

press easily
at first,it will be leaves
and a little harder

for roses
only a little harder

last we
on the groaning flame of neat huge
trudging kiss moistly climbing hideously with
large
minute
hips,O

.press

worms rushing slowly through loam

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Nous sommes donc une suite de points (Bernard Chambaz)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



 

 

Illustration: Ced Vernay
    
Nous sommes donc une suite de points
Et sans doute comme les nuages
Un être intermédiaire
1, 2, 3, 4, 5, ∞
Où le réel dis-tu est un instant précis
Une idéalisation
Un cirrus ou nimbus pour paysage de rêve
Soudain lesté de gouttes
Et de flocons aussi purs qu’un triangle équilatéral

(Bernard Chambaz)

 

Recueil: Entre-Temps
Traduction:
Editions: Flammarion

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Là où le silence et la solitude (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



Là où le silence et la solitude
Croisent la nuit et le froid,
J’attendis comme on attend en vain
Si net et si précis était le vide.

***

No ponto onde o silêncio e a solidão
Se cruzam com a noite e com o frio,
Esperei como quem espera em vão,
Tão nítido e preciso era o vazio.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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L’intelligence entre deux êtres (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Alain DENEFLE
    
L’intelligence entre deux êtres
transmuée en grâce, quand ils se regardent
et échangent en offrande
avec la pureté d’une amande émondée
le sens précis des choses cueilli dans leur aube
et qu’ils chantent l’unisson, l’accord
au-delà du dialogue, au-delà du litige…

***

L’intelligenza tra due
quando tramutata in grazia si guardano
e si scambiano come offerta
con nitore di mandala mondata
il senso preciso delle cose spiccato alla loro alba
e cantano l’unisono, il concorde
di là dal dialogo, di là dal diverbio…

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Celui qui connaît le sens de ses rêves (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2017


 


 

Celui qui connaît le sens de ses rêves
N’a plus rien à apprendre de la réalité
Son royaume réside au-delà des galaxies
A cet endroit précis
D’où part le regard

(Marcel Béalu)

Illustration: Odilon Redon

 

 

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Immensurable (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2017



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Immensurable

Il est facile de constater que cette chambre mesure 3 x 3 x 3 mètres.
Mais qui peut mesurer à quel point elle est extensible de tous côtés, à un moment précis,
extensible sans mesure jusqu’au coeur du passé et du futur?

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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Là où le silence et la solitude (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2017



 

Là où le silence et la solitude
Croisent la nuit et le froid
J’attendis comme on attend en vain,
Si net et si précis était le vide.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)
 

 

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Un baiser (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2016



Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ?
Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer ;
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le coeur,
Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme !

(Edmond Rostand)

 Illustration: Antonio Canova

 

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Tandis que le matin (Gilbert Langevin)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2016



Tandis que le matin procède
au relevé précis des bévues
du côté le moins éclairé de vivre
une brise fiévreuse
combat ses mauvais rêves
comme si l’univers
affrontait son contraire
Quelque chose alors de singulier
remue l’espace entier

(Gilbert Langevin)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Andrew Murray

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