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Poésie

Posts Tagged ‘prélude’

La solitude (Paul Ricoeur)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



 

Illustration
    
La solitude est le prélude nécessaire
à la communication,
mais c’est au cœur de moi-même
que l’autre m’est nécessaire

(Paul Ricoeur)

 

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Le Baiser (Evariste Parny)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017



  Illustration: Oleg Zhivetin  
    
Le Baiser

Ah ! Justine, qu’avez-vous fait ?
Quel nouveau trouble et quelle ivresse !
Quoi ! cette extase enchanteresse
D’un simple baiser est l’effet !
Le baiser de celui qu’on aime
A son attrait et sa douceur ;
Mais le prélude du bonheur
Peut-il être le bonheur même ?

Oui, sans doute, ce baiser-là
Est le premier, belle Justine ;
Sa puissance est toujours divine,
Et votre cœur s’en souviendra.
Votre ami murmure et s’étonne
Qu’il ait sur lui moins de pouvoir ;
Mais il jouit de ce qu’il donne;
C’est beaucoup plus que recevoir !

(Evariste Parny)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Conversation (Thorkild Bjørnvig)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



 

Philippe Ramette __question

Conversation

Notre vie : un prélude à des choses
qui n’auront jamais lieu ;
une affaire de sentiments que nous savons perdue d’avance,
tourmentée par un réflexe conditionné des temps naïfs,
un fardeau de mensonges
que nous traînons avec nous dans la langue :
justice, amour, sagesse, une pièce de fantômes.
Touchez le fond des choses. Exigez une preuve.

Décide-toi, ô cœur, à plus que tu ne sais et ne vois ;
notre vie : un prélude infini qui apprécie, crée.
Est-ce que la vérité coïncide
avec nos déceptions,
avec nos défaites et nos souffrances ?
Est-ce que la mort est la plus profonde des vérités ?
Pouvons-nous languir de quelque chose d’inexistant
derrière le théâtre oscillant des désirs ?
Ça existe. Acceptons-nous d’en payer le prix ?

(Thorkild Bjørnvig)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Philippe Ramette

 

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PRELUDE (Louis Avenniez-Defeux)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2017



PRELUDE

Les choses à ma chair causent un profond trouble ;
Je sens qu’obscurément le ténébreux destin,
Ainsi qu’à nous, leur donne une substance double
Et jette à leur matière un atome divin.

Je crois que le ciel fit nos natures pareilles ;
Je les regarde avec mon âme dans mes yeux ;
Elles parlent sans mots perçus par les oreilles,
Sans mots disciplinés, mais je les comprends mieux.

Leur langage distrait bégaye en leur silence
Ce qu’en elles les lois de l’univers ont mis,
Et leur esprit, au mien proclamant sa présence,
Mêle son rêve vierge à mes rêves amis.

Leur silence épanché flotte, glisse, ruisselle,
Cueille un autre silence auprès d’autres conduit,
Et cette union vague en soupirs s’amoncelle,
Assemble des frissons pour engendrer le bruit.

Le bruit se fait rumeur, la rumeur se fait ample,
Impérissable encens qui s’élève vers Dieu,
Et c’est pourquoi, toujours, comme la voix d’un temple,
Un immense concert palpite dans l’air bleu.

Que de fois une haleine, une caresse errante,
Un sanglot d’élégie exhalé par le vent,
Le tintement mouillé d’une source courante
M’ont trahi leur secret et m’ont laissé rêvant!

Dans l’antique nature, où rien ne peut se taire,
Que de fois j’ai trouvé quelque chose d’humain,
Et que de fois aussi j’ai senti, sur la terre,
Un battement furtif en y posant la main !

Les choses, qu’un pouvoir irrésistible isole,
Comme nous avons l’être, ont sans doute le leur;
Je comprends leurs leçons, leur muette parole :
Leurs voix, qui vont au coeur, doivent sortir d’un coeur.

(Louis Avenniez-Defeux)

 

 

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DEPOUILLEMENT (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2016



 

Tilleuls 9168

DEPOUILLEMENT

Quelques vieilles en noir dans le beau crépuscule
Tiennent sur leurs genoux des branches
de tilleul
Pour en prendre les fleurs dont le parfum circule
Dans le parc où l’oiseau des nuits prélude seul.

(Francis Jammes)

Illustration

 

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Les préludes (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2016


 


 

Albena Vatcheva    (16)

Les préludes

[…]

Tout naît, tout passe, tout arrive
Au terme ignoré de son sort :
À l’Océan l’onde plaintive,
Aux vents la feuille fugitive,
L’aurore au soir, l’homme à la mort.

Mais qu’importe, ô ma bien-aimée !
Le terme incertain de nos jours ?
Pourvu que sur l’onde calmée,
Par une pente parfumée,
Le temps nous entraîne en son cours ;

Pourvu que, durant le passage,
Couché dans tes bras à demi,
Les yeux tournés vers ton image,
Sans le voir, j’aborde au rivage
Comme un voyageur endormi.

Le flot murmurant se retire
Du rivage qu’il a baisé,
La voix de la colombe expire,
Et le voluptueux zéphire
Dort sur le calice épuisé.

Embrassons-nous, mon bien suprême,
Et sans rien reprocher aux dieux,
Un jour de la terre où l’on aime
Évanouissons-nous de même
En un soupir mélodieux.

[…]

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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L’étudiant en calme intérieur (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



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L’étudiant en calme intérieur

Le peuple vert est l’alphabet du monde,
L’eau son prélude et le feu son empreinte.
Et les enfants nomment à perdre haleine
Les fruits-prénoms, les herbes-hirondelles.

La phrase ici n’a pas d’autre structure
Que le grain nu projeté par le vent.
La nuit prépare un ballet de nuages
Et le matin s’allume dans les corps

Car nous aussi nous adorons les heures
Comme la prose en d’amples mouvements
Où tout veut dire un peu plus que lui-même
Dans l’au-delà des choses exprimées.

L’horticulteur a tant planté de tropes
Qu’il n’en sait plus dresser le répertoire.
L’entendez-vous ? Pour décliner la rose,
Il se remplit les poumons de parfums.

Tout voisinage est un secret d’État.
Pourquoi la mûre auprès de l’aubépine
Et la cerise au-dessus de la fraise
Et tant de miel sur ma langue d’un coup ?

L’étude, c’est le regard qui voyage
De l’un à l’autre en l’extase du jour.
Pour épeler l’alphabet de nature,
Je serai livre et fleur en même temps.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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PRÉLUDE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016



PRÉLUDE

L’éveil est un saut en parachute hors du rêve.
Libéré du tourbillon qui l’étouffe, le voyageur
tombe dans les zones vertes du matin.
Les objets s’enflamment. Il distingue – dans la position palpitante
du pinson – les phares puissants d’un système radiculaire
qui tournoie dans les bas-fonds. Mais au-dessus de la terre
il y a – en un flux tropical – cette verdure aux
bras dressés, à l’écoute
des rythmes d’une pompe invisible. Et il
descend vers l’été, se laisse chuter
dans son cratère éblouissant, glisse
le long du puits d’ères vertes et humides
vibrant sous la turbine du soleil. Ainsi s’arrête
dans l’instant sa course verticale et les ailes se déploient
pour le repos d’un aigle pêcheur au-dessus des eaux qui filent.
Le son banni
d’une trompe de l’âge de bronze
reste accroché au-dessus de l’abîme.
Aux premières heures du jour, la conscience peut étreindre le monde
comme une main saisit une pierre chauffée par le soleil.
Le voyageur est sous l’arbre. Après
sa chute dans le tourbillon de la mort,
une grande lueur : va-t-elle s’étendre sur sa tête ?

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Aube laiteuse (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2016




Aube laiteuse
Et de miel
Prélude à un matin
De gourmandise solitaire
Qui suscite mes désirs
Sensible à la ferveur du jour
Qui revêt la terre nue
Je m’en irai
Sous le grand rêve blond du soleil
Mon compagnon d’exil

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

 

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Automne (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2015




Automne

Madame l’Automne, d’un geste désinvolte,
A fait virevolte:
Me voici nez à nez
Avec l’Hiver emmitouflé.

Madame l’Automne a emporté
Des couleurs chaudes, un peu rouillées,
Les souvenirs d’un été…
Monsieur l’Hiver emmitouflé
Dis-moi ce que tu nous apportes,
Dis-moi ce que tu nous promets:
Sera-ce la neige immaculée,
Les fils de la Vierge gelés,
Les odeurs de marrons grillés?
La poésie devant mes volets?
Et quand elle sera morte,
S’ouvrira grand la porte
Sur le printemps tant espéré…
Celui qui nous transporte
Dans un tourbillon de senteurs fortes:
Capiteux prélude,
A la plénitude
Du plein été…

(Mireille Gaglio)

 

 

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