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Posts Tagged ‘présage’

DIFFÉRENTS LIEUX (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020



DIFFÉRENTS LIEUX

Sur la route quelqu’un passe
De la maison que cerne le fossé
On entend le pas qui sonne
Un chien aurait pu aboyer
Ou près du porche une volaille s’effrayer
Mais rien que ce pas qui décroît
Sur la route qui va tout droit
Jusqu’au bois plus loin lové dans sa torpeur
Rien que la solitude
Et la chaleur du jour d’été
Jusqu’aux confins où sont des villes
Bruissantes et fiévreuses
Sous le même ciel indifférent
Que certains disent vide
Et que d’autres voient empli de signes de présages

(Robert Momeux)

Illustration

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DE LA CONTRÉE DE LA MORT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



 

Remedios Varo Uranga  _trois destinée parfois suivent le même chemin [1280x768]

DE LA CONTRÉE DE LA MORT

Comme le silence bâillonne nos âmes,
Ce ciel gris nous dévisage,
L’homme va et en vain son visage
Interroge les présages.

L’oiseau ne peut plus voler,
Par-delà les toits gris, sans force, il fuit
L’énergie ne peut renaître,
L’homme gît à terre, épuisé.

Et vers le soir, lorsque les brouillards gris
S’allègent et que sur les demeures vieilles
L’or s’embrase, les âmes tremblent :
Qui nous éveille de la mort ?

(Srecko Kosovel)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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PRÉSAGES (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019




PRÉSAGES

J’allais à vous : en tourbillon
les rêves joyeux m’escortaient,
la lune brillait sur ma droite,
accompagnant ma course allègre.

Au retour j’eus bien d’autres rêves,
mon âme éprise était dolente
et la lune mélancolique
luisait à gauche du chemin.

Dans le silence un rêve unique
captive l’âme des poètes,
bons ou mauvais, les signes sont
en harmonie avec leur coeur.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: MUSTAPHA MERCHAOUI

 

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Paris je te ressemble (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Paris je te ressemble

Paris, je te ressemble: un instant le soleil
Brille dans ton ciel bleu, puis soudain c’est la brume;
Au veuf septentrion si tu te fais pareil,
Tu passes les pays que le zéphyr parfume.

Triste jusqu’à la mort, en même temps joyeux,
Tout m’est concours heureux et sinistre présage;
Sans cause l’allégresse a pleuré dans mes yeux,
Et le sombre destin sourit sur mon visage.

(Jean Moréas)

 

 

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Ô narcisses et chrysanthèmes (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



 

George Inness  _sunset

Ô narcisses et chrysanthèmes
De ce crépuscule d’automne
Où nos voix reprenaient les thèmes
Tant tristes du vent monotone !

Des enfants dansaient sur la route
Qui mène vers la lande noire
Où hurla jadis la déroute,
Sous la lune, des rois sans gloire.

Nous chantions des chants des vieux âges
En allant tous deux vers la ville,
Toi si grave avec tes yeux sages
Et moi dont l’âme fut si vile.

Le jour tombait au son des cloches
Dans l’eau lente de la rivière
Qui charriait vers des mers proches
La flotte à la noire bannière.

Nous fûmes trop fous pour comprendre
Les présages du crépuscule :
Voici l’ombre où l’on croit entendre
Les sanglots d’un dieu qui recule.

La flotte a fui vers d’autres astres,
Les enfants sont morts sur la route,
Et les fleurs, au vent des désastres,
Ne sont qu’un souvenir de doute.

Sais-tu le chemin de la ville,
Toi si grave avec tes yeux sages ?
Ah ! mon âme qui fut trop vile
A peur des chansons des vieux âges !

(Stuart Merrill)

Illustration: George Inness

 

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RESSEMBLANCE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



RESSEMBLANCE

Mémoire qui se courbe épiant des présages
Vers les secrets rompus d’un monde antérieur,
Pénombre d’avenir et d’anciens visages,
Vous êtes l’instant où je me ressemble.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: René Magritte

 

 

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LE PRESAGE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019



LE PRESAGE

Oui, je vais le revoir, je le sens, j’en suis sûre !
Mon front brûle et rougit ; un charme est dans mes pleurs ;
Je veux parler, j’écoute et j’attends … doux augure !
L’air est chargé d’espoir … il revient … je le jure …

Me voici sur la route, et j’ai fui ma fenêtre.
Trop de fleurs l’ombrageaient … Quoi ! c’est encor l’été ?
Quoi ? les champs sont en fleurs ? Le monde est habité ?
Hier, c’est donc lui seul qui manquait à mon être ?
Hier, pas un rayon n’éclairait mon ennui ;
Dieu ! … l’été, la lumière et le ciel, c’est donc lui !

Oui, ma vie ! oui, tout rit à deux âmes fidèles.
Tu viens : l’été, l’amour, le ciel, tout est à moi,
Et je sens qu’il m’éclôt des ailes
Pour m’élancer vers toi.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration

 

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Mais déjà (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



Mais déjà l’infini
n’est qu’une matinée de plus
un présage
la course du soleil
derrière le coquillage étonné
d’un rideau.

(Christian Viguié)

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Rêve, ombre d’espoir et de peur (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



Rêve, ombre d’espoir et de peur,
Présage secret, guide
De toutes les âmes, vivantes ou mortes,
Quel est le fil qui se déroule et s’enroule
Sinon le désir du coeur?

***

Dream, shadow of hope and fear,
Secret foreshadower, guide
Of all souls, living and dead,
What the unwinding and inwinding thread
But heart’s desire ?

(Kathleen Raine)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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Ivre (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018




    
Ivre, les yeux ouverts dans la maison stérile,
n’évitant pas les feux dans le creux des collines,
si je tiens un roseau leur souffle le consume
et laisse dans ma chair une longue brûlure
et la sensation de la fragilité.

Ô réserve et repos, dans un étrange exil,
sur tous les bords du ciel, des sources et des brises,
où l’étincelle change en parcelle de neige,
où de grandes clartés éblouissant l’espace,
ignorent que je marche à travers les périls,

parfois dévale un des torrents de l’insomnie,
là vivent à leur aise et trouvent leurs amours
les animaux sans nom, les charmantes figures
qui fixeront sur moi pendant une seconde
leur œil étincelant d’un singulier génie,

l’un d’eux va me sauver, l’un d’eux va me guider,
son pelage inondé de l’innocente averse,
vers le seuil ruisselant, siège des arcs-en-ciel
où viennent s’abreuver les oiseaux des présages,
le sang nouveau se mêle à la jeune rosée
et la biche aux yeux clairs qui vint guider mes pas
disparaît, quand mes bras s’ouvrent dans le printemps.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

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