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Posts Tagged ‘présager’

Où laisser mes yeux (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2018




    
Où laisser mes yeux,
quand leur présager une saison aimable.
Je veux dire :
ce que je meurs chaque nuit,
mes os tordus d’enlacer une ombre.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Bouche endeuillée (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
bouche endeuillée
énumérant mes morts

bouche sans langue
prière à nul

se succèdent en ma personne
des générations
de passagères sans destin
oscillent étranges

pleure-moi d’être ici
pleure-moi et attache-moi aux roses
à la source qui a cessé
présage-moi des lumières effarées

conversation des exterminateurs
qui viennent à mon visage
paré à vivre

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Celui que l’Amour range à son commandement (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Nicole Helbig  01

Celui que l’Amour range à son commandement
Change de jour en jour de façon différente.
Hélas ! j’en ai bien fait mainte preuve apparente,
Ayant été par lui changé diversement.

Je me suis vu muer, pour le commencement,
En cerf qui porte au flanc une flèche sanglante,
Depuis je devins cygne, et d’une voix dolente
Je présageais ma mort, me plaignant doucement.

Après je devins fleur, languissante et penchée,
Fuis je fus fait fontaine aussi soudain séchée,
Epuisant par mes yeux toute l’eau que j’avais.

Or je suis salamandre et vis dedans la flamme,
Mais j’espère bientôt me voir changer en voix,
Pour dire incessamment les beautés de Madame.

(Philippe Desportes)

Illustration: Nicole Helbig

 

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Légèrement viens (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Légèrement viens ou légère pars;
Bien que ton сoeuг présage ton malheur,
Les vallées et souvent un soleil vain,
Oréade, laisse courir ton rire,
Jusqu’à ce que l’air irrévérent des monts
Fasse onduler ta flottante chevelure.

Légère, légèrement — sois toujours :
Les nuages qui recouvrent les vallées,
Quand il est l’heure de l’étoile du soir,
Sont les suivants les plus humbles;
Amour et rire se confessent par un chant
Quand le coeur est plus lourd.

***

Lightly come or lightly go:
Though thy heart-presage thee woe,
Vales and many a wasted sun,
Oread, let thy laughter run,
Till the irreverent mountain air
Ripple all thy flying hair.

Lightly, lightly — ever so:
Clouds that wrap the vales below
At the hour of evenstar
Lowliest attendants are;
Love and laughter song-confessed
When the heart is heaviest.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Trouant le trou pour trouver quoi? (Jean-Claude Renard)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2016



Trouant le trou pour trouver quoi? retrouver qui? (le jeu, l’enjeu confondus)
seule l’énigme creuse le silence : perce une voie dans la non-voie.
A moins que ce qui doit d’abord être tu,
la question du non-questionnement,
présage déjà, quelque part, la possible immortalité…

(Jean-Claude Renard)

 

 

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