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Poésie

Posts Tagged ‘présente’

Absente (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



De nombreuses personnes présentes,
mais la personne qu’il faudrait absente

(Walt Whitman)

 

 

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Anges de tous les jours (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Et cependant de nouveau, toujours
Ces présences viennent à nous, sont vues, sont connues,
Messagères du sens, sacrées, indéchiffrables,
Présentes partout, à tous.
Inaccessible comme la vie leur source;
Nous connaissons sans parole, sans instruction
Qui elles sont, quelle sainte vérité elles proclament.
Celui qui connaît, mystère, mystère ce qui est connu,
Formes de la sagesse en épiphanie perpétuelle, elles et nous,
Soleil et oeil, voyant et vu,
Anges de tous les jours, soleil et étoiles, fleuve et pluie.

***

And yet again, always
Those presences come to us, are seen, are known,
Messengers of meaning, sacred, indecipherable,
Present everywhere, to all.
Inaccessible as life their source;
We know untold, untaught
Who they are, what holy truth proclaim.
The knower a mystery, a mystery the known,
Forms of wisdom in perpetual epiphany, they and we,
Sun and eye, seer and seen,
Daily angels, sun and stars, river and rain.

(Kathleen Raine)

Illustration: Antonio Chacon

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Absence (Paul Géraldy)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



Absence

Ce n’est pas dans le moment
où tu pars que tu me quittes.
Laisse-moi, va, ma petite,
il est tard, sauve-toi vite !
Plus encore que tes visites
j’aime leurs prolongements.
Tu m’es plus présente, absente.
Tu me parles. Je te vois.
Moins proche, plus attachante,
moins vivante, plus touchante,
tu me hantes, tu m’enchantes !
Je n’ai plus besoin de toi.
Mais déjà pâle, irréelle,
trouble, hésitante, infidèle,
tu te dissous dans le temps.
Insaisissable, rebelle,
tu m’échappes, je t’appelle.
Tu me manques, je t’attends !

(Paul Géraldy)


Illustration

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L’ANGLE VISUEL (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



L’ANGLE VISUEL

Très confuse, tremblante, une forme humaine qui tient un bâton.
Au bout du bâton, un fil.
Puis le temps dure, la patience est présente,
ça se voit dans ce tableau et la forme ondule toujours.
Mais pourquoi ces couleurs de menace, de perfidie, de torture, de mort ?
Le soleil brille cependant. Mais lui aussi, il tremble.
Ah ! voilà, i1 s’agit d’un pêcheur vu par un poisson.

(Norge)


Illustration

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PORTRAIT INTÉRIEUR (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



PORTRAIT INTÉRIEUR

Ce ne sont pas des souvenirs
qui, en moi, t’entretiennent;
tu n’es pas non plus mienne
par la force d’un beau désir.

Ce qui te rend présente,
c’est le détour ardent
qu’une tendresse lente
décrit dans mon propre sang.

Je suis sans besoin
de te voir apparaître;
il m’a suffi de naître
pour te perdre un peu moins.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Michael Cheval

 

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J’aurai de ton rien la pensée foisonnante (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



 

Jean-Pierre Augier_Couple (hache)

Tu t’en vas et alors que tu t’en vas
tu me dis: « Suis désolée. »
Tu penses ainsi me donner un peu de paix.
Tu me promets un souci constant, brûlant
quand tu seras seule et même parmi les gens.
Tu me dis: « Mon amour tu me manqueras.
Et toi tous ces jours qu’est-ce que tu feras? »
Moi je te réponds: « Je t’aurai toujours présente,
j’aurai de ton rien la pensée foisonnante. »

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Jean-Pierre Augier

 

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Hélène ou le règne végétal (René Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




Hélène ou le règne végétal

Tu es dans un jardin et tu es sur mes lèvres
Je ne sais quel oiseau t’imitera jamais
Ce soir je te confie mes mains pour que tu dises
A Dieu de s’en servir pour des besognes bleues

Car tu es écoutée de l’ange tes paroles
Ruissellent dans le vent comme un bouquet de blé
Et les enfants du ciel revenus de l’école
T’appréhendent avec des mines extasiées

Penche-toi à l’oreille un peu basse du trèfle
Avertis les chevaux que la terre est sauvée
Dis leur que tout est bon des ciguës et des ronces
Qu’il a suffi de ton amour pour tout changer

Je te vois mon Hélène au milieu des campagnes
Innocentant les crimes roses des vergers
Ouvrant les hauts battants du monde afin que l’homme
Atteigne les comptoirs lumineux du soleil

Quand tu es loin de moi tu es toujours présente
Tu demeures dans l’air comme une odeur de pain
Je t’attendrai cent ans mais déjà tu es mienne
Par toutes ces prairies que tu portes en toi.

(René Cadou)

Illustration: Claude Monet

 

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Paroles dans un parc (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



Paroles
Dans un parc.

Deux femmes assises.

Paroles, on voit bien,
Moins pour le dire,
Que pour s’entendre dire

Et donc se savoir
Un peu présentes
Au jour.

(Guillevic)


Illustration: Paul Gauguin

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RECHERCHE D’UNE DÉFINlTION (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017



 

Bradley Walker Tomlin number-14-1949

RECHERCHE D’UNE DÉFINlTION
(en regardant un tableau de Bradley Walker Tomlin)

Toujours la plus petite action

possible
en ce temps d’actions

plus vastes que la vie, un geste
vers l’objet qui passe

presque inaperçu. Un petit vent

agitant un feu de joie, par exemple,
que j’ai découvert l’autre jour
par hasard

sur le mur d’un musée. Presque rien
ne s’y trouve : quelques touches
de blanc

jetées négligemment sur le noir pur
du fond, rien de plus

qu’un petit geste
essayant de n’être rien

de plus que lui-même. Et pourtant
il n’est pas ici
et à mes yeux la question
ne sera jamais
d’essayer de simplifier
le monde, mais une manière de chercher un lieu
par où pénétrer le monde, une manière d’être
présent
au milieu des choses
qui nous ignorent — mais dont nous avons besoin
tout autant que nous avons besoin
de nous-mêmes. Un instant à peine auparavant
la belle

femme
qui était auprès de moi
avait dit combien elle désirait
un enfant
et qu’il était grand temps de
la féconder. Nous sommes convenus
d’écrire chacun un poème
qui utilise les mots «un petit
vent
agitant un feu de joie». Depuis ce temps-là
rien

n’a plus de sens que la petite
action
présente dans ces mots, l’action
d’essayer de prononcer

des mots

qui ne veulent presque rien dire. Jusqu’au bout
je veux être égal

à tout ce que
mon oeil m’apportera, comme si
je pouvais finalement me voir moi-même

disparaître
dans les choses presque
invisibles

qui nous entraînent nous-mêmes et tous
les enfants à naître

dans le monde.

(Paul Auster)

Illustration: Bradley Walker Tomlin… peut-être ce tableau dont parle Paul ?

 

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Epitaphe (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016



 

mort

Epitaphe

Ca a dispersé soupçonné
salivé
présenté sa vie pour le mieux

ça a pressé ses membres contre d’autres

même
ça aimait tant les chats et les platanes

et puis ça avait peur

avec raison
puisque maintenant c’est en boîte
devant des condoléants pressés d’en finir.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration

 

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