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La Crise est un Cheveu (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



La Crise est un Cheveu
Vers quoi les forces rampent
Après quoi – les forces reculent
Si elle advient dans le sommeil

Suspendre son Souffle
Est le mieux qu’on puisse faire
Ne sachant si c’est la Vie ou la Mort
Qui sont en subtil suspens –

La poussée d’un instant
La pression d’un Atome
L’hésitation d’un Cercle
Sur sa Circonférence

Peut faire trembler la Main
Ajustant le Cheveu
Qui empêche l’Éternité
De se présenter – Ici –

***

Crisis is a Hair
Toward which forces creep
Past which – forces retrograde
If it come in sleep

To suspend the Breath
Is the most we can
Ignorant is it Life or Death
Nicely balancing –

Let an instant push
Or an Atom press
Or a Circle hesitate
In Circumference

It may jolt the Hand
That adjusts the Hair
That secures Eternity
From presenting? Here –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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Il faut que je vous dise (Azadée Nichapour)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



Il faut que je vous dise
je ne suis pas celle qu’on vous présente

Ceci n’est pas une Persane
mais une personne

Méfiez-vous de la forêt qui cache l’arbre

(Azadée Nichapour)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Imane Maliki

 

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MAISON DE RETRAITE (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
MAISON DE RETRAITE

La fin du monde a déjà commencé
pour les pensionnaires entourés de roses.
Les jours passent plus vite,
deviennent un seul jour aux couleurs mêlées,
coupé de bandes noires.
La vie oublie de leur répondre,
parfois s’arrête en face d’eux :
voici qu’on leur présente
un nouveau-né dont la petite main,
si douce à baiser,
dépasse à peine de la manche.
Il n’a pas encore appris à sourire
et ses yeux gris-bleu posent
les questions les plus profondes.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Figure humaine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Hypothèse de Sapir-Whorf (Edward Sapir)(Benjamin Lee Whorf)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



premier-contact

Hypothèse de Sapir-Whorf:
Les représentations mentales dépendent des catégories linguistiques,
autrement dit que la façon dont on perçoit le monde dépend du langage

***

Nous disséquons la nature
en suivant les lignes dessinées par notre langue native.

Les catégories et les types que nous dégageons du monde des phénomènes,
nous ne les trouvons pas pour la raison qu’ils frappent quiconque les observe.
Au contraire, le monde est présenté comme un flux kaléidoscopique d’impressions
qui doivent être organisées par notre esprit
– ce qui signifie, en large part, qui doivent être organisées
par les systèmes linguistiques de nos esprits.

Nous découpons la nature, nous l’organisons en concepts,
et nous lui donnons la signification que nous lui donnons
car nous sommes largement partie prenante d’un accord
qui organise les choses de cette façon
– un accord que toute notre communauté linguistique partage,
et qui est fondu dans les codes de notre langue.

Cet accord est bien évidemment implicite et non-dit,
mais ses termes sont obligatoires;
la seule façon que nous ayons de parler est en souscrivant à l’organisation
et à la classification des données telles que décrétées dans cet accord.

(Benjamin Lee Whorf)

***

Les humains ne vivent pas uniquement dans le monde objectif.
Ils ne vivent pas non plus seuls dans le monde de l’activité sociale
telle que comprise ordinairement.

Au contraire, ils sont à la merci de la langue particulière
qui est devenue le moyen d’expression dans leur société.

Il est assez illusoire d’imaginer qu’on s’ajuste à la réalité
essentiellement en dehors de l’usage de la langue,
et que la langue est juste un moyen quelconque
de résoudre des problèmes de communication ou de réflexion spécifiques.

Le fait est que le ‘monde réel’ est, dans une large mesure,
construit inconsciemment sur les habitudes linguistiques du groupe.
Il n’existe pas deux langues qui soient suffisamment similaires entre elles
pour être considérées comme représentant la même réalité sociale.

Les mondes dans lesquels vivent différentes sociétés sont des mondes distincts,
et non pas le même monde avec juste des étiquettes différentes attachées aux choses…

Nous voyons, entendons et faisons autrement l’expérience des choses
de la manière dont nous le faisons
car les habitudes langagières de notre communauté
nous prédispose à certains choix d’interprétation.

(Edward Sapir)

Illustration: Film « Premier Contact » http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=226509.html

 

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AUJOURD’HUI, MOI, SUR LA MER DE LA SAGESSE (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018




    
AUJOURD’HUI, MOI, SUR LA MER DE LA SAGESSE

L’oiseau fend l’air, fouettant son corps,
Se flagellant, toute une vie,
Il vole sur les eaux,
Vers une autre côte que baigne la mer,
Invisible, mais présente, vers le lointain,
L’oiseau s’en va.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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Sitôt sorti (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2017



Sitôt sorti, le dedans se « dehorsise ».
La mie s’encroûte de sa nuageuse apparence.
Même l’interne densité de la pierre brisée en deux
s’efface de la face qu’elle présente.
Toujours l’intérieur se réfugie hors d’atteinte,
dans un ailleurs absolument extérieur
bien qu’il soit au coeur (bondissant) des choses.

(Laurent Albarracin)

 

 

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HÉSITATION (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2016



HÉSITATION

Présente-moi cette inconnue
que tu deviens toutes les fois
que mon poème s’insinue
comme un insecte entre tes doigts,
change tes seins en hirondelles
et te partage avec les loups.
M’appartiens-tu, femme rebelle
qui prends la forme du caillou ?
Regarde-moi. Je suis ton maître
et je t’enseigne l’infini :
à chaque pas il faut renaître
devant un verbe qui unit
l’obéissance à l’aventure.
Je reconstruis ton bras naissant,
je recompose ta figure,
mais c’est au fond de notre sang
que ce périple nous ramène,
enfants que chasse la pâleur
et dont le songe vaut à peine
une syllabe qui se meurt.

(Alain Bosquet)

Illustration

 

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Châtaigniers (Lawrence Sail)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016


Le fait de ne pas nommer l’objet, mais de présenter
Les châtaigniers, peut éventuellement devenir
Un hommage aux quiddités simples des choses –
Par exemple, de quelle manière sur l’herbe trempée d’octobre
Ils reposent, ébrasés, leur tête de massue verte et piquante toute
Explosée pour laisser voir un intérieur velouté
Pas tout à fait jaune, pas tout à fait blanc ni gris:
Et, étrangement carrés, les immeubles de fruits bruns,
Les trois ou quatre qui se tiennent au milieu,
Plus ou moins emboîtés, faciles à déloger.

Il vient le sentiment que quelque chose de secret est montré,
Qu’on révèle un lieu tendre au toucher,
Une indication offerte de ce qui est interdit
A l’objet sa solitude, son indépendance.
Par-dessus le fruit tombé, l’arbre qui enfle;
En dessous, le milieu tordu des racines.
A l’intérieur de l’objet, sans nom, le sujet caché,
Son absence qui vous revient aussi naturellement
Que le cœur bondit en entendant le nom de son amour.

(Lawrence Sail)

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