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Poésie

Posts Tagged ‘presque’

AUTRES CORPS (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Illustration
    
AUTRES CORPS

Amour que m’as-tu fait
étrange étrange objet
l’excès d’amour où tu m’as mise
s’étend à présent hors de toi

s’étend presque partout
se crispe en autres points
de presque rien
échos ou vents

aussi : sur autres corps

Ici : étonnement souffrance
— et rire :
autre que toi!
qu’est-ce que cela ?
comment se fait-il ?
je ne comprends pas  »

et pourtant si :
visage et corps
te ressemblant pour commencer
– forme d’ensemble et couleur d’oeil
perception de proximité
attirance étonnée

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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La mer (Sandro Penna)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2018



Illustration: Steve Hanks
    
La mer, bleu absolu.
La mer, calme absolu.
Dans le coeur presque un cri
de joie. Et le calme partout.

(Sandro Penna)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Dominique Fernandez
Editions: Grasset

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Dans le ciel du néant avec presque rien (Katerina Anghelàki-Rooke)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Dans le ciel du néant avec presque rien

Par le trou de la serrure je guette la vie
je l’espionne pour comprendre
pourquoi c’est toujours elle qui gagne
tandis que nous perdons tous.
Pourquoi toutes les valeurs naissent et s’imposent
à ce qui pourrit d’abord :
le corps.
Je meurs en esprit sans trace de maladie
je vis sans nul besoin d’encouragement
je respire que je sois près ou loin
de ce qu’on touche
de chaud, qui embrase…
Je me demande quels autres arrangements
la vie va inventer
entre la débâcle d’une disparition définitive
et le miracle de l’immortalité chaque jour.
Je dois ma sagesse à la peur :
je jette
pétales, soupirs, nuances.
L’air, la terre, les racines je les garde –
je veux lâcher le superflu
pour entrer dans le ciel du néant
avec presque rien.

(Katerina Anghelàki-Rooke)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Ah, femme (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



 

Alexander Nedzvetskaya (5)

Que de fois, un rêve
nous fait, de jour, prendre les armes,
accuser, défendre — ah femme nôtre ! —
une aigrette sur la lune !

— Ah, femme, plus qu’un corps,
âme presque, au point
où celui-là va vers celle-ci
et où l’âme est presque celui-là :
germe de confusions
de vérité et de mensonge ! —

Femme, et nous ne savons pas
quel domaine est le tien ;
où prendre ta part, rose ambiguë !

***

¡Qué de veces, un sueño
nos hace tomar armas en el día,
acusar, defender — iay mujer nuestra—
a un vilano en la luna!

—¡ay, mujer, más que cuerpo,
casi alma, en el punto
en que aquél va hacia ésta
y el almas es casi aquél;
jermen de confusiones
de verdad y mentira!—

¡Mujer, y no sabemos
qué dominio es el tuyo;
dónde tomar tu parte, ambigua rosa!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya

 

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PRESQUE UNE ENFANT… (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Brad Kunkle Eidolon_lrg2-295x530

PRESQUE UNE ENFANT…

Presque une enfant, et qui sortait
de ce bonheur uni du chant et de la lyre,
et brillait, claire, dans ses voiles printaniers,
et se faisait un lit dans mon oreille.

Elle dormait en moi. Tout était son sommeil.
Les arbres jamais admirés, et ce sensible
lointain, et le pré un jour senti,
et tout étonnement qui me prenait moi-même.

Elle dormait le monde. Dieu poète,
comment la parfis-tu pour qu’elle n’eût désir
d’abord d’être éveillée ? Elle parut,dormit.

Où est sa mort ? Ah ! ce motif,
l’inventerai-je avant que mon chant se dévore ?
Où sombre-t-elle, hors de moi ?… Une enfant presque…

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Brad Kunkle Eidolon

 

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Sur quelques vases (de Morandi) (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Illustration: Giorgio Morandi
    
Sur quelques vases (de Morandi)

Il n’y eut qu’un vent
Simple une clarté

Sur quelques vases
Posés vibrants
D’un apprêt de musique
Où se déprend le bleu

Ô joie
Presque de joindre
D’une main brève

L’à-peine lampe quand elle brûle
Et parle aux grands oiseaux

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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La langue des mouettes (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



 


    
la langue des mouettes
— littérature
presque écrite.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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PRESQUE-ÉLÉGIE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration: Philippe Legoubin
    
PRESQUE-ÉLÉGIE

Tant vivre.
A quoi bon ?
Le sentier et ennuyeux
et l’amour manque.

Tant de hâte.
A quoi bon ?
Pour prendre la barque
qui ne mène à nulle part.

Mes amis, retournez!
Retournez à votre source!
N’épanchez pas votre âme
dans le vase
de la Mort.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Pas d’envie (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Illustration: Alphonse Osbert
    
pas d’envie
dans le lent la mémoire
flanche
doucement

cinq heures
et déjà presque un soir

on attend quoi

peut-être des mots
qui ouvriraient

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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A l’écoute du corps (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018




    
à l’écoute du corps
dans l’après-midi bleu

rien que cela

un peu plus fin
on entendrait presque
la mesure du coeur
battre
comme une pendule

à l’écart

avec peu de mots dans la valise
le strict nécessaire

aimanter autour
ne pas brusquer
laisser venir les choses

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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