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Autres sillages (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018



Illustration
    
Autres sillages

I
Entre îles
et presqu’îles

sans élire
notre rive

Ulysses égarés
(en quel rêve ?)

gauchement
nous aurons
dérivé.

II
D’une telle lumière
la plus simple grâce
si haut s’exaltait
qu’elle se faisait mirage

quand sur la mer
de blanches ailes
semblaient celles
du désir même

à l’éternité
enlacé.

III
Dans l’oeil violet
des calanques

comme un futur
sans abîmes

les fonds marins
se lisaient

où s’aimantaient
nos regards.

IV
Flâneurs d’un olympe
de nous-mêmes surgi
nous devenions fils des dieux

cependant qu’à ras de ciel
un éden ourlé d’écume
étendait sa promesse.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quand la brume était épaisse (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2016




Quand la brume était épaisse : visibilité réduite, vitesse
limitée. D’une enjambée, la presqu’île sortait de
l’invisible et se tenait à proximité.
Un beuglement toutes les deux minutes. Les yeux
lisaient droits dans l’invisible.
(Avait-il le dédale en tête?)
Les minutes passaient.
Les fonds et les îlots remémorés comme des psaumes.
Et cette sensation d’être « et nulle part ailleurs» qu’il
fallait conserver, comme lorsqu’on porte un vase
rempli jusqu’à ras bord et qu’on ne doit rien renverser.

Un regard jeté dans la salle des machines.
La machine compound, aussi robuste que le coeur
humain, travaillait avec des gestes délicatement
élastiques, acrobates d’acier, et des parfums montaient
comme d’une cuisine.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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