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Posts Tagged ‘pressentiment’

Pressentiment de la rose (Yanette Delétang-Tardif)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019



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Pressentiment de la rose
(Extraits)
À Paul Eluard

Une rose des sables
à côté d’un poète.
Il la prend dans ses mains,
la tient dans son désert
chaque jour imaginé.
Chambre couleur d’azur
porté par les arbres
les pétales de sable
ouvraient
un temps inhabité.
À travers cet espace
ce fut avec la rose
le pressentiment d’un poème
en plein cœur.

Par sa voix je regagne mon enfance
nageuse aux rubans d’algues.
Attendre est un naufrage
nous aimions les grandes vagues
et l’île inabordable
prêtée au sommeil des oiseaux

Les pouvoirs du songe
s’apprendront dans un baiser.

Il ne croit pas à l’immobile
son sommeil est plein de roseaux
qui cachent les dormeuses pâles
près de l’eau près du bonheur.

C’est pour toujours la forêt l’océan
C’est pour toujours le coeur perdu.
La fleur et le chien lui obéissent
Il croit à la peur
Il sait pleurer quand tout est fini.
Il aime l’enfant chéri des sources
Chantant l’heure de la surprise et des étoiles,
Le dénuement l’oubli des fables
La chair des légendes et des rivières.

(Yanette Delétang-Tardif)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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La poésie n’est plus l’attribut du poème (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



La poésie n’est plus l’attribut du poème,
mais un attribut caché de ce qui existe,
son horizon dans l’âme des hommes,
c’est-à-dire l’horizon, dans ce qui aspire à l’être,
de ce qui aspire à la mort.

Nous n’avons plus à cristalliser la beauté dans le vase clos d’une oeuvre,
nous portons en nous la cristallisation poétique de tout ce qui est manifesté.
L’amour du réel n’est que le pressentiment de la beauté à y dévoiler.
L’image, l’acte poétique vaudront par le changement qu’ils seront susceptibles d’opérer dans la vision.

(Joë Bousquet)

Illustration

 

 

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Pressentiment? (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Pressentiment? cette Ombre longue? sur le Gazon?
Signe que les Soleils déclinent?

L’annonce à l’Herbe effarée
Que la Ténèbre? va passer?

***

Presentiment? is that long shadow? on the Lawn?
Indicative that Suns go down?

The notice to the startled Grass
That Darkness? is about to pass?

(Emily Dickinson)

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À QUELQUES-UNS SEULEMENT (Alfred Kolleritsch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



    

À QUELQUES-UNS SEULEMENT

Laissez le beau, là оù il est,
tout de précipitation. Le désir
d’être sans pouvoir, oppresse :
pressentiment sans issue.

Par-là tout vouloir. S’enfoncer plus avant
vers une autre limite, l’élan,
qui la trouve, est le début,
l’offre infinie de la fin.

***

NUR EINIGEN I

Das Schöne zu lassen, dort,
das Überstürzende. Die Lust,
ohne Macht zu sein, bedrängt :
die Ahnung ohne Ausweg.

Aus dem Wolken hinaus. Tiefer
zu einer anderen Grenze, der Schwung,
der sie findet, ist der Anfang,
das Schenkende, unendliche Ende.

(Alfred Kolleritsch)

 

Recueil: La conspiration des mots
Traduction: Françoise David-Schaumann et Joël Vincent
Editions: Atelier la Feugraie

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Ce que l’on savoure (Hadewijch II)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Brad Kunkle l

Ce que l’on savoure n’est que pressentiment ou désir,
Jusqu’à l’heure où le bien espéré se révèle :
Et la multitude innombrable des raisons
Qui me font vous préférer à toute chose,
M’échappent. Seigneur, quand je me tourne
Dans la nudité vers Vous seul,
Vous aimant sans pourquoi, Vous-même pour Vous-même.

(Hadewijch II)

Illustration: Brad Kunkle

 

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ROMANCE (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018




Illustration: Andrzej Malinowski

    
ROMANCE

Je garde dans la solitude
comme un pressentiment de toi.
Tu viens ! et le ciel se déploie,
la forêt, l’océan reculent.

Tous deux le soleil nous désigne
par-dessus la ville et les toits
les fenêtres renvoient ses lignes
les fleurs éclatent comme des voix.

Lorsque ton jardin nous reçoit,
ta maison prend un air étrange :
comme un reflet, la véranda
nous accueille, sourit et change.

Les arbres ont de grands coups d’ailes
derrière et devant les buissons.
La vague, au loin, parallèle,
se met à briller par frissons.

Je garde dans la solitude
comme un pressentiment de toi.
Tu viens ! et le ciel se déploie,
la forêt, l’océan reculent.

(Max Jacob)

 

Recueil: Actualités éternelles
Traduction:
Editions: De la Différence

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L’onde tremble comme une moire (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Nicole Helbig ca0

L’onde tremble comme une moire
De ténèbre à travers la nuit,
L’onde profonde, sourde et noire,
Où tout à coup la lune luit.

Du fond des eaux la lune attire
De pâles, longues, frêles fleurs,
Qui montent, s’ouvrent et se mirent
Dans son impalpable splendeur.

Mystérieusement écloses,
Comme un mortel pressentiment,
Dans l’onde et la lune elles posent
Leurs longs et pâles flambeaux blancs.

Il semble, au delà de la vie,
Et cependant à mon côté,
Que quelque être étrange m’épie,
Invisible dans la clarté.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Nicole Helbig

 

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LES CORBEAUX (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




LES CORBEAUX

Au-dessus du coin noir s’affairent
A midi les corbeaux au cri dur.
Leur ombre effleure la biche
Et parfois on les voit, bougons, se poser.

Ô comme ils troublent le brun silence
Dans lequel un labour s’exalte
Comme femme charmée d’un lourd pressentiment,
Et parfois on entend leurs querelles

Pour une charogne qu’ils flairent quelque part,
Puis soudain ils mettent cap au nord
Et disparaissent tel un convoi mortuaire
Dans les airs qui tremblent de volupté.

***

DIE RABEN

Über den schwarzen Winkel hasten
Am Mittag die Raben mit hartem Schrei.
Ihr Schatten streift an der Hirschkuh vorbei
Und manchmal sieht man sie mürrisch rasten.

O wie sie die braune Stille stören,
In der ein Acker sich verzückt,
Wie ein Weib, das schwere Ahnung berückt,
Und manchmal kann man sie keifen hören

Um ein Aas, das sie irgendwo wittern,
Und plötzlich richten nach Nord sie den Flug
Und schwinden wie ein Leichenzug
In Lüften, die von Wollust zittern.

(Georg Trakl)

Illustration: Vincent Van Gogh

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LES CORBEAUX (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



 

LES CORBEAUX

Au-dessus du coin noir s’affairent
A midi les corbeaux au cri dur.
Leur ombre effleure la biche
Et parfois on les voit, bougons, se poser.

Ô comme ils troublent le brun silence
Dans lequel un labour s’exalte
Comme femme charmée d’un lourd pressentiment,
Et parfois on entend leurs querelles

Pour une charogne qu’ils flairent quelque part,
Puis soudain ils mettent cap au nord
Et disparaissent tel un convoi mortuaire
Dans les airs qui tremblent de volupté.

(Georg Trakl)

Illustration: Jean François Millet

 

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Cette montre toujours en avance (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Cette montre toujours en avance
je la règle ce matin envahie
d’un vague pressentiment

(Tawara Machi)

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