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Poésie

Posts Tagged ‘pression’

La pierre du non-être (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration
    
la pierre du non-être
la sûre condition négative
la pression du néant
est l’ultime appui qui nous reste

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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DIVIDENDES DU SILENCE (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: Allison Soong   
    
DIVIDENDES DU SILENCE

Que peut écouter une oreille
quand elle s’appuie sur une autre?

L’absence de la parole
est un long signe moins
qui se dessaisit de son chiffre.

La couleur est une autre façon
de rassembler le silence.

La forme est un espace distinct
qui fait pression sur l’autre espace
comme le ferait une écorce.

Un oiseau recule
devant un soleil carré, noir
et s’arrête à l’envers sur le fil métallique
où se tait une pensée.
Et la pensée recule à son tour devant l’oiseau
comme l’élastique d’une fronde
qui lance des projectiles de silence.

Un poisson affolé
éparpille le coeur de l’eau
au centre de l’Homme
pour y ouvrir l’espace
où peut nager
le silence du poisson,
son acrobatie d’absence.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Se taire peut être une musique (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



Illustration: Odilon Redon
    

Se taire peut être une musique,
une mélodie différente,
qui se brode en fils d’absence
sur l’envers d’un étrange tissu.

L’imagination est l’histoire vraie du monde.
La lumière fait pression vers le bas.
La vie se répand soudain par un fil épars.

Se taire peut être une musique ou le vide aussi,
puisque parler c’est le couvrir.

Ou se taire est peut-être
la musique du vide.

***

Callar puede ser una música,
una melodía diferente,
que se borda con hilos de ausencia
sobre el revés de un extraño tejido.

La imaginación es la verdadera historia del mundo.
La luz presiona hacia abajo.
La vida se derrama de pronto por un hilo suelto.

Callar puede ser una música
o también el vacío
ya que hablar es taparlo.

O callar puede ser tal vez
la música del vacío.

***

To be silent can be music,
a different melody,
that is embroidered with threads of absence
on the back of an unfamiliar textile.

Imagination is the world’s true history.
Light presses downward.
All of a sudden life spills on a loose thread.

To be silent can be music
or also the void
since by talking it gets filled.

Or perhaps to be silent can be
the music of the void.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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À deux heures du matin (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



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À deux heures du matin

À deux heur’ du matin lorsque les chaises volent
Lorsque les poignards luisent
Aux aubes qui ne naissent pas
Lorsque les coups de poing s’abattent sur nos crânes
Nous demandons toujours notre demi pression

Pressons pressons garçon pressons
Pressons pressons pressons pressons pressons
À trois heur’ du matin lorsque le sang s’écoule
Du copain effondré au ras et sur le zinc
Quand nos larmes ne coulent plus
Quand nous rêvons d’être dingues
Nous recommandons un demi pression
Pression
Et nous disons au garçon pressons pressons

Il y a toujours la Seine
Avec ses hanches lourdes
Quand la lune la mord
Et que là-bas au loin
La péniche glissant
S’en va devers le port

Alors
Nous allons
Et nous rentrons
Dans notre dernier bar
Pour le geste de l’Art
Et nous disons
Au garçon
Un demi pression
Un demi pression
Pressons pressons pressons pressons

En nous en retournant
Nous voyons déjà notre ombre
Et la foule qui court
Vers de viles besognes
Et la mort au soleil
Et le sang qui ruisselle
Le long de notre cravate

Nous pressons
Sa photo
Avant de sombrer dans
Le caniveau.

(Jean-Claude Demay)

 

 

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EN GERME (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



 

porte-manteau

EN GERME

je veux bien être parmi vous
comme une pièce de monnaie poussiéreuse
parmi des billets de banque froufroutant
dans une poche de soie glissante :
elle voudrait tinter à pleine voix
mais elle n’a pas avec qui s’entrechoquer
lorsque grondent les contrebasses
et lorsque me revient en mémoire
comme dans mon enfance le vent
fumait de pluie par un matin d’automne :
je veux bien être
un porte-manteau
auquel on peut accrocher
non seulement des imperméables
mais y pendre quelque chose
de bien plus lourd
et lorsque je cesserai de croire en moi
que la mémoire des tendons
me rende la ténacité
pour qu’à nouveau je sente sur mon visage
la pression des muscles des yeux

(Aïgui)

Illustration

 

 

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Un poème naît des pressions de la lumière et de l’ombre (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2016



Un poème naît des pressions de la lumière
et de l’ombre pour devenir un espace que l’on traverse :
en même temps une mouvance et un lieu.
Les mots sont les meubles de cette chambre invisible,
on les place devant le feu ou près d’une fenêtre à contre-jour.

Pour habiter il faut sentir les distances
et regarder dans les miroirs où le dehors est aussi dedans.

Le travail se fait entre le noir d’une écoute et la clarté d’un appel
dans la nécessité absolue d’approcher les réponses qui révèlent les questions.
Quand le poème est fermé et ouvert, quelque chose respire.

(Heather Dohollau)

 

 

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Miroir vermoulu (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



Ce mur que tu ne traverses
est un miroir vermoulu
il suffit d’une pression
de tes mamelons dressés
pour qu’il s’écroule

(Abdellatif Laâbi)

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Pas tout de suite (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2015



Attends. Continue
A résister.

La pression n’est pas
Tout à fait assez forte.

N’écris pas maintenant,
Pas tout de suite.

Tu peux encore
Tenir.

(Guillevic)

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