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Poésie

Posts Tagged ‘prétendre’

Que de vagues stériles (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



Illustration: Kupka Frantisek
    
Que de vagues stériles
pour une vague féconde
Pourtant c’est la même eau
mettant du sel sous ta langue
portant l’écume à tes lèvres
et dont tu prétends être
le sourcier
Parfois tu te demandes
— puisqu’on affirme
que tu es sorti d’elle —
si l’eau
possède ou non
une mémoire

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: Tribulations d’un rêveur attitré
Traduction:
Editions: La Différence

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SILENCE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Stéphane Pencréac’h
    
SILENCE

Il s’étale, effrayant: c’est la mer murmurante,
C’est un champ infini de toutes parts neigeux.
C’est la Mort déguisée attrapant mes cheveux,
Chagrine et qui fait peur. La Mort caracolante.

Je dépose à ses pieds mon âme pantelante.
Mon coeur bat-il encor? Je l’écoute, anxieux.
Musique monotone… et pourtant — justes cieux ! —
J’aime l’entendre vivre au sein de ma tourmente.

Je marche, dirait-on, sur un frêle terrain.
Quand le sol se défait sous mon pied incertain,
Je prétends résister comme fou qui s’éveille.

Puis je baisse la tête au comble de l’émoi.
Car la vase, déjà, vient boucher mon oreille.
Interdit, je me rends. Qu’adviendra-t-il de moi?

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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LE CLAIR DE LUNE DANS LA MER (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Jody Bergsma
    
LE CLAIR DE LUNE DANS LA MER
Li-Oey

La pleine lune vient de sortir de l’eau.
La mer ressemble à un grand plateau d’argent.

Sur un bateau, quelques amis, boivent des tasses de vin.
En regardant les petits nuages,

qui se balancent sur la montagne,
éclairés par la lune.

Quelques-uns disent que ce sont les femmes de l’Empereur,
qui se promènent vêtues de blanc ;

Et d’autres prétendent
que c’est une nuée de cygnes.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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La rose-thé (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018




    
La rose-thé

La plus délicate des roses
Est, à coup sûr, la rose-thé.
Son bouton aux feuilles mi-closes
De carmin à peine est teinté.

On dirait une rose blanche
Qu’aurait fait rougir de pudeur,
En la lutinant sur la branche,
Un papillon trop plein d’ardeur.

Son tissu rose et diaphane
De la chair a le velouté ;
Auprès, tout incarnat se fane
Ou prend de la vulgarité.

Comme un teint aristocratique
Noircit les fronts bruns de soleil,
De ses soeurs elle rend rustique
Le coloris chaud et vermeil.

Mais, si votre main qui s’en joue,
A quelque bal, pour son parfum,
La rapproche de votre joue,
Son frais éclat devient commun.

Il n’est pas de rose assez tendre
Sur la palette du printemps,
Madame, pour oser prétendre
Lutter contre vos dix-sept ans.

La peau vaut mieux que le pétale,
Et le sang pur d’un noble coeur
Qui sur la jeunesse s’étale,
De tous les roses est vainqueur !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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Agir et penser comme un chat (1) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
Au commencement, Dieu créa l’Homme,
mais le voyant si faible, il lui donna le chat.

(Warren Eckstein)


    

Le chats de gouttière même les plus loqueteux sont toujours nobles.
Ils n’ont rien à prétendre.
Ils sont chats… et tout est dit.

(Frédéric Vitoux)

Au plus profond de nous, nous sommes tous motivés par les mêmes urgences.
Les chats ont le courage de vivre sans s’en préoccuper.

(Jim Davis)

Avec les qualités de propreté, d’affection, de patience,
de dignité et de courage que possèdent les chats,
combien d’entre nous, je vous le demande,
pourraient devenir des chats ?

(Fernand Méry)

L’idée du calme
est dans un chat assis.

(René Char)

Le chat semble mettre un point d’honneur à ne servir à rien,
ce qui ne l’empêche pas de revendiquer au foyer
une place meilleure que celle du chien.

(Michel Tournier)

Et quand je vois passer un Chat
je dis:
il en sait long sur l’Homme.

(Jules Supervielle)

J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats.
La sagesse des chats est infiniment supérieure.

(Hippolyte Taine)

Le chat ne nous caresse pas,
il se caresse à nous.

(Rivarol)

L’espèce humaine est la seule à avoir des difficultés à se voir en tant qu’espèce.
Un chat semble n’avoir aucun mal à un être un chat; c’est tout simple.
Les chats n’ont apparemment aucune complexe,
aucune ambivalence, aucun conflit et ne montrent aucun signe de volonté d’être plutôt des chiens.

(Abraham Maslow)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Anagramme (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
Anagramme

Par le jeu des anagrammes,
Sans une lettre de trop,
Tu découvres le sésame
Des mots qui font d’autres mots.

Me croiras-tu si je m’écrie
Que toute neige a du génie ?

Vas-tu prétendre que je triche
Si je change ton chien en niche ?

Me traiteras-tu de vantard
Si une harpe devient un phare ?

Tout est permis en poésie.
Grâce aux mots , l’image est magie.

(Pierre Coran)

 

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Tu prétendais enlever une épine de ton pied (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



tu prétendais enlever une épine
de ton pied
et tu te grattais la cheville
en me regardant
personne d’autre que moi
ne put voir
ta jupe relevée
ta cuisse
et ce que je ne dirai à personne

(Luis Mizón)

Illustration: Hélène Mahevo

 

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Je prétends à la vie (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018



    
Je prétends à la vie
Et ne supporte pas
Qu’on me tienne enfermé
Dans les pages d’un livre

Hors des mots seulement
Je palpite et je suis
Pareil à cette image
Inconnue de moi-même

Si quelqu’un veut toucher
Mon coeur qu’il s’agenouille
Et creuse lentement
Le coeur chaud de la terre

Qu’il soulève en ses mains
La glaise et le terreau
L’humus qui garde encor
Une odeur de châtaigne

Qu’il aille plus profond
Dans la nuit des racines
Là où le feu commence
A mordiller le grain

Qu’il me saisisse enfin
Alors que je dérive
Inlassablement nu
Vers un pays certain.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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« L’amour est toute la vie », (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018



 

Illustration: Gilbert Garcin
    
« L’amour est toute la vie »,
il est vain de prétendre
qu’il y a d’autres équilibres.

Le dénué d’amour
trace partout des cercles
dont le centre n’est pas.

(Andrée Chedid)

Recueil: Au coeur du Coeur
Traduction:
Editions: Poche

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Les bulles de savon (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017




Les bulles de savon que cet enfant
S’amuse à tirer d’une paille
Sont translucidement toute une philosophie
Claires, inutiles, et passagères comme la Nature.
Amies des yeux comme les choses,
Elles sont ce qu’elles sont
Selon une précision bien rondelette et aérienne,
Et personne, pas même l’enfant qui les abandonne,
Ne prétend qu’elles sont plus que ce qu’elles semblent être.

Quelques unes se voient à peine dans l’air lucide…
Elles sont comme la brise qui passe et touche à peine les fleurs
Et dont nous savons qu’elle passe pour la seule raison
Que quelque chose en nous se fait plus léger
Et accepte tout avec plus de netteté.

(Fernando Pessoa)

Illustration: François Knopf

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