Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘prévoir’

SEUL DEVANT LA COUPE SOUS LA LUNE ESTIVALE (Yang Wanli)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2019



SEUL DEVANT LA COUPE SOUS LA LUNE ESTIVALE

Qui dit que cet été est caniculaire ?
Cette nuit me paraît exceptionnellement fraîche
Sous le vent venu des bambous je me croirais déjà au neuvième mois
Au clair de lune le ruisseau est aussi éclatant qu’en plein jour
Le ciel est parcimonieux de nous accorder un tel temps
Seul je m’offre un gobelet de vin
Demain matin le soleil dardera son feu sur mon ombrelle
Il est toujours préférable de le prévoir

(Yang Wanli)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Et sans ire (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018



Illustration: Lore
    
et sans ire
et sans heure
sans ores
sans implorer
sans labourer dans la mémoire
sans errer dans le passage de la nuit à l’amour
et de l’amour à son attente

et nous partirons dans un coeur abandonné
et nous partirons dans l’espace ouvert de ton regard

et nous partirons dans un coeur qui attend
amarré au bord d’un précipice
ne pas dessiner l’itinéraire
ne pas employer la plume
sauf s’ils parlent d’oiseaux
ne rien prévoir
pour que rien ne vienne pas
et nous partirons comme part l’obscurité
dans le petit matin des prières enfantines

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Deux rectangles vitrés(Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



    

L’image de la rue se divise pour moi en deux rectangles vitrés,
séparés par un mètre de mur opaque.

Chaque fois qu’un passant disparaît du premier créneau, je suis pris d’inquiétude
— si peu puis-je prévoir sous quelle forme il m’apparaîtra dans le second, s’il s’y présente jamais.

Il est vrai que la plupart des marcheurs
gardent la même identité dans les deux créneaux.

Comme, toutefois, ils ne surviennent dans le second qu’avec un irréparable retard,
mes soupçons ne se concentrent que davantage sur l’intervalle
où me les dissimule le fatal pan de maçonnerie.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retour arrière non (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
retour arrière non

aucune envie aucune pente

pas plus

aucun désir d’aller avant

sortir l’agenda

pré-voir

rien

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

En vous attendant (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    

En vous attendant
j’ai confectionné un bijou d’écume
que je porte à mon front comme un diadème arc-en-ciel
reine dans ma solitude
et pourtant je n’avais pas prévu de
vivre en solo près du rien

Étrange timbre du frigo
note ténue dans le silence
où vos voix joyeuses ne font pas tapage
mais le chant des oiseaux et le prélude
du muezzin à la nuit rendent cette idée moins absurde
vivre en solo près du rien

Je joue mon rôle dans votre univers
et vous dans le mien
Ne m’oubliez pas
A chacun sa complétude
même si vous n’aviez pas prévu de
vivre en solo près du rien

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Celui qui prévoit d’attendre (Jack Keguenne)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



celui qui prévoit d’attendre s’obstine d’espérance, s’allie au dénuement.
rien ne s’épuise plus vite que l’envie d’un refus.

(Jack Keguenne)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les mots ou un rai de lumière (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



    
Les mots ou un rai de lumière
te propulsent de l’autre côté,
sur un chemin où ni les buissons
ni les haies ne fragmentent ta marche.

Tu le devines, il n’y aura de fin
que dans le silence, dans la nuit.
Après, ce sera comme une lueur
que l’on n’atteindra jamais,
celle d’un phare ou d’une étoile.

Tu marches, tu erres, tu regardes,
c’est mieux pour qui n’espère plus,
une saison balayant l’autre,
mieux aussi de ne pas tout prévoir
afin de s’emparer de ce qui n’a plus cours.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ô jardinier de l’âme (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2017



 

Christian Schloe 1370323346_b

Ô jardinier de l’âme
as-tu prévu
un carré de terre humaine
où planter encore quelques rêves ?
As-tu sélectionné les graines
ensoleillé les outils
consulté le vol des oiseaux
observé les astres, les visages
les cailloux et les vagues ?
L’amour t’a-t-il parlé ces jours-ci
dans sa langue étrangère ?
As-tu allumé une autre bougie
pour blesser la nuit dans son orgueil ?
Mais parle
si tu es toujours là
Dis-moi au moins :

qu’as-tu mangé et qu’as-tu bu ?

(Abdellatif Laâbi)

Illustration: Christian Schloe

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

De la gloire ou de la santé, quel est le plus important ? (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



De la gloire ou de la santé,
quel est le plus important ?
De la santé ou de la richesse,
quel est le plus précieux ?
Du gain ou de la perte,
quel est le plus honteux ?

L’homme trop passionné s’expose à la souffrance.
L’avare qui prévoit et amasse subit de lourdes pertes.
Celui qui se contente de ce qu’il a reste serein.

Celui qui sait se réfréner tient à distance le danger.
Par là son existence sera préservée.

Car qui aura trop aimé sera frustré.
Et qui aura trop amassé ne possédera rien.

(Lao Tseu)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce matin là (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016




Ce matin là,
je m’en allai
prévoyant une grande quantité
d’existence.

(Pascal Boulanger)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :