Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘primevère’

GOUTTES DE ROSÉE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
GOUTTES DE ROSÉE

Les gouttes de rosée sur chaque tige d’herbe
ressemblent tant à des gouttes d’argent
que j’ai dû me pencher en marchant
pour voir si c’étaient des perles,
et celles qui parsèment les lits de primevères
entrelacés de lierre sous le noisetier l’aubépine et les érables
ressemblent tant à des perles d’or
que j’ai dû me pencher pour sentir si elles étaient dures,
mais elles ont fondu sous mon doigt.

Et lorsque la rosée repose sur les feuilles
des primevères, des violettes et des aubépines,
elles sont émeraude et béryl
sans être pourtant rien d’autre
que la rosée du matin sur les feuilles en bourgeon
— mieux encore les herbes de la route
sont couvertes de perles d’or et d’argent
et plus on va plus elles paraissent brillantes
comme de l’or ou de l’argent solide.

Ce n’est que l’effet du soleil et de l’ombre
sur elles par ce matin de rosée
— chaque pointe d’épine chaque tige de ronce
a sa tremblante parure —
jusqu’au moment où le vent se fait un peu plus vif,
alors tout est jeté bas
et l’étincelante joaillerie se mue en une commune matinée de printemps
pleine de feuilles en bourgeon de primeroses
de violettes de véroniques de jacinthes d’orchidées
et de choses ordinaires

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Violettes (Colette)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2017



Et les violettes elles-mêmes, écloses par magie dans l’herbe, cette nuit, les reconnais-tu ?
Tu te penches, et comme moi tu t’étonnes ; ne sont-elles pas, ce printemps-ci, plus bleues ?
Non, non, tu te trompes, l’an dernier je les ai vues moins obscures, d’un mauve azuré, ne te souviens-tu pas ?…

Tu protestes, tu hoches la tête avec ton rire grave, le vert de l’herbe neuve décolore l’eau mordorée de ton regard…
Plus mauves… non, plus bleues… Cesse cette taquinerie !
Porte plutôt à tes narines le parfum invariable de ces violettes changeantes
et regarde, en respirant le philtre qui abolit les années,
regarde comme moi ressusciter et grandir devant toi les printemps de ton enfance…

Plus mauves… non, plus bleues…
Je revois des prés, des bois profonds que la première poussée des bourgeons embrume d’un vert insaisissable,
– des ruisseaux froids, des sources perdues, bues par le sable aussitôt que nées, des primevères de Pâques,
des jeannettes jaunes au cœur safrané, et des violettes,
des violettes, des violettes…

Je revois une enfant silencieuse
que le printemps enchantait déjà d’un bonheur sauvage,
d’une triste et mystérieuse joie…
Une enfant prisonnière, le jour, dans une école,
et qui échangeait des jouets, des images,
contre les premiers bouquets de violettes des bois, noués d’un fil de coton rouge,
rapportés par les petites bergères des fermes environnantes…

Violettes à courte tige, violettes blanches et violettes bleues,
et violettes de coucou anémiques et larges, qui haussent sur de longues tiges leurs pâles corolles inodores…
Violettes de février, fleuries sous la neige, déchiquetées, roussies de gel, laideronnes, pauvresses parfumées…
Ô violettes de mon enfance ! Vous montez devant moi, toutes,
vous treillagez le ciel laiteux d’avril,
et la palpitation de vos petits visages innombrables m’enivre…

(Colette)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pas de trêve (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



    
Pas de trêve pour les hirondelles,
pour les primevères.
D’elles aussi nous sommes comptables
comme des aveux de la rivière
pour qui l’avenir n’a pas de nom,
pas de place définie.

Nous bivouaquons dans des camps abandonnés.
Nous nous signons avec le sable
et le dernier veilleur affolé par les songes
interroge de loin les choses
dont il a oublié le nom.
Il nous livre soudain la réponse :
nous ne sommes déjà plus là pour l’entendre

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Paysage (Marc Chesneau)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Federico Zandomeneghi  (51) [800x600]

Paysage

Sur la colline
tourne un moulin,
et l’heure est fine,
le vent câlin.

Une bergère
et ses moutons.
Robe légère
Comme un bouton
de primevère.

Un gros chien dort
dans l’herbe tendre
et sans entendre
l’abeille d’or.

Une fauvette
vive et moquette
dans un buisson
montre sa tête
et sa chanson.

(Marc Chesneau)

Illustration: Federico Zandomeneghi 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’oiseau-coeur (Jacques Gaucheron)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2017



L’oiseau-coeur

Allez promener dans les bois
Sur une écorce à la clairière
l’oiseau-coeur se pose parfois

Il chante pour que persévèrent
le printemps et les primevères
pour que dure un peu le bonheur

Allez promener dans les bois
sans effaroucher l’oiseau-coeur
Il n’ouvre l’aile qu’une fois.

(Jacques Gaucheron)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Opéra des limites (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




Opéra des limites

Les choses
tournent regard vers nous
qui méritons lentement leur tendresse.

Nous rejoignons à bout de doigts une primevère sur la table

une laine au bruit mat.

La parole
à côté
nous accompagne.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration: Alphonse Mucha

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANT DU MESSAGER DE LA MORT (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2016



Banshee

CHANT DU MESSAGER DE LA MORT

O belle femme, viendras-tu avec moi
dans la terre merveilleuse où l’on entend des musiques,
où sur les cheveux on porte une couronne de primevères,
où de la tête aux pieds le corps est couleur de la neige,
où personne n’est triste ni silencieux,
où les dents sont blanches et les sourcils noirs,
où les joues sont rouges comme la digitale en fleur ?

Erin est belle, mais peu de paysages
sont aussi beaux que la grande plaine où je t’appelle.
La bière d’Erin est forte, mais la bière
de la Grande Terre est encor plus enivrante.
Quel pays merveilleux que ce pays !
les jeunes n’y vieillissent point,
il y a des ruisseaux de liquide chaud,
de l’hydromel et du vin de grand choix.
Les hommes y sont charmants, sans défaut,
l’amour n’y est pas défendu…

O femme, quand tu seras dans mon puissant pays,
tu porteras une couronne d’or sur ta tête,
je te donnerai du porc frais,
et pour boisson de la bière et du lait, ô femme,
ô belle femme, viendras-tu avec moi ?

Leabhar na hUidhre.

(Poésie Irlandaise)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A Adolphe Gaïffe (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016




A Adolphe Gaïffe

Jeune homme sans mélancolie,
Blond comme un soleil d’Italie,
Garde bien ta belle folie.

C’est la sagesse ! Aimer le vin,
La beauté, le printemps divin,
Cela suffit. Le reste est vain.

Souris, même au destin sévère :
Et, quand revient la primevère,
Jettes-en les fleurs dans ton verre.

Au corps sous la tombe enfermé,
Que reste-t-il ? D’avoir aimé
Pendant deux ou trois mois de mai.

 » Cherchez les effets et les causes « ,
Nous disent les rêveurs moroses.
Des mots ! Des mots !… Cueillons les roses !

(Théodore de Banville)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Il est dans son eden (Jean Aron)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2015


van gogh

 

Dans la ténèbre des solives
il s’invente souvent
quelque tapis de primevères,
il est dans son eden,
il boit des nuées venues d’ailleurs;
en attendant,
il faut remettre des bûches
dans l’âtre de la cheminée.

(Jean Aron)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Goûter (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



Le Goûter

On a dressé la table ronde
Sous la fraîcheur du cerisier.
Le ciel fait les tartines blondes,
Un peu de ciel pleut dans le thé.

On oublie de chasser les guêpes
Tant on a le coeur généreux.
Les petits pains ont l’air de cèpes
Egarés sur la nappe bleue.

Dans l’or fondant des primevères,
Le vent joue avec un chevreau;
Et le jour passe sous les saules,

Grave et lent comme une fermière
Qui porterait, sur son épaule,
Sa cruche pleine de lumière.

(Maurice Carême)

Illustration: Johannes Vermeer

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :