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Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit (Taï-Cho-Lun)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2022




    
Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit

Qui s’intéresse à moi dans cette hôtellerie ?
Avec qui pourrais-je échanger quelques mots ?
Une lampe froide, voilà mon unique compagnie.
Cette nuit même, une année de plus doit s’accomplir,
Et j’ai parcouru mille lieues,
et je ne revois pas encore mon pays.

Seul avec mes soucis,
je passe en revue ma vie entière ;
N’est-il pas risible et attristant tout à la fois
que notre misérable corps ne puisse tenir en place ?

Mon visage est chagrin,
les cheveux de mes tempes grisonnent,
Et demain commence la nouvelle année,
et c’est ainsi que je vais accueillir
le nouveau printemps.

Bien des années déjà se sont écoulées,
sans me laisser le cœur satisfait.
Que faut-il espérer de celle qui commence ?

Parmi les anciens compagnons
de ma jeunesse et de mes loisirs,
Quelques-uns ont atteint ce qu’ils poursuivaient :
mais combien la mort en a-t-elle surpris !

Désormais, je veux que le repos soit le but
vers lequel tous mes désirs se concentrent ;
Je veux renoncer aux fatigues vaines,
pour obtenir du moins la longévité.

La beauté du printemps n’a point d’âge ;
elle est, elle sera toujours la même ;
J’en jouirai dans ma pauvre demeure,
autant qu’un prince dans son palais.

(Taï-Cho-Lun)

 

 

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Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2021




Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

(Gérard de Nerval)

 

 

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VILLONAUDE POUR CE NOËL (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020




VILLONAUDE POUR CE NOËL

Sur le Noël morte saison
(Hommage des bergers si précieux !)
Quand les loups gris qui vont errants
Se vivent de vents froids et laiteux,
Lapent la neige, leur guerredon,
Sur le Noël coeur reprenons,
(Buvons! jusqu’à la lie buvons!)
Mais où sont les fantômes d’antan?

À quels fantômes ai-je rêvé?
(Equipage fleurant bon des mages?)
Fantômes d’amours mortes, errants
Qui font trembler les vents poisants :
Craignent qu’amour au soleil foison
Revienne et tue les chères images,
(Alors je bois à ma façon!)
Mais où sont les fantômes d’antan?

Où sont mon coeur les joies conquises
(Saturne et Mars vers Jupiter!)

Où sont les lèvres sur miennes mises
Où sont regards jolis et clairs
Qui disent amants donnez le prix?
Je bois aux yeux, opales grises
(De qui sont-elles le parangon?)
Mais où sont les fantômes d’antan?

Prince, ne dites rien de mes faits,
De la joie qu’en Dieu trouverai,
Dites-moi où sont partis les vents,
Mais où sont les fantômes d’antan?

(Ezra Pound)

Illustration

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La Grenouille et le Bœuf (Isaac de Benserade)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2020



Illustration: Marc Chagall
    
La Grenouille et le Bœuf.

La grenouille superbe, en vain tâche de s’enfler
Pour atteindre la taille d’un bœuf. Elle n’y peut aller ;
Mais en simple grenouille au marais élevée,
N’est dans son espèce qu’une grenouille crevée.

Le marquis fait le duc, le duc fait le prince ;
Chacun s’enfle, et enfin chacun devient si mince,
Qu’ainsi que la grenouille, il crève avec éclat.
On se perd à vouloir sortir de son état.

(Isaac de Benserade)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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CONTE DE FEES (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2020



CONTE DE FEES

Si j’étais une fée … je te ferais Princesse !
Toi ma petite fille au regard limpide
Ta vie résonnerait en un chant d’allégresse
Pour t’offrir un destin sans image livide.

Tes châteaux en Espagne auraient un goût de vrai
Où tu irais danser au-delà de minuit
Ta pantoufle de vair, par bonheur échouerait
Dans les mains d’un héros des Mille et Une Nuits.

Tes jardins seraient pleins de citrouilles dorées
Pour que de ma baguette en sortent des carrosses
Qui anéantiraient comme un raz de marée
Les crapauds malveillants et les Fées « Carabosse ».

Tes voyages lointains sur des tapis volants
Te feraient découvrir le Pays des Merveilles …
La Lampe d’Aladin, dans le soleil couchant
T’éclairerait sans fin de ses rayons de miel …

Quand je te vois dormir au creux de ton berceau
Soudain je t’imagine en Belle au Bois Dormant
Sortant de son cocon de soie et de cristaux
Et qui prendrait l’Amour pour un Prince Charmant !

Mais … je rêvais tout haut … me revoici sur terre
C’est Toi qui es la Fée de notre quotidien
Lorsque tu apparais, tu portes la lumière
Eblouissant nos vies de tes yeux enfantins !

(Jacqueline Commard)

 

 

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Cendrillon (Téléphone)(Louis Bertignac)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020




    
Cendrillon

Cendrillon pour ses vingt ans
Est la plus jolie des enfants
Son bel amant, le prince charmant
La prend sur son cheval blanc
Elle oublie le temps
Dans ce palais d’argent
Pour ne pas voir qu’un nouveau jour se lève
Elle ferme les yeux et dans ses rêves
Elle part, jolie petite histoire (x2)

Cendrillon pour ses trente ans
Est la plus triste des mamans
Le prince charmant a foutu l’camp
Avec la belle au bois dormant
Elle a vu cent chevaux blanc
Loin d’elle emmener ses enfants

Elle commence à boire
A traîner dans les bars
Emmitouflée dans son cafard
Maintenant elle fait le trottoir

Elle part, jolie petite histoire (x2)

Dix ans de cette vie ont suffit
A la changer en junkie
Et dans un sommeil infini
Cendrillon veut voit finir sa vie
Les lumières dansent
Dans l’ambulance
Mais elle tue sa dernière chance
Tout ça n’a plus d’importance
Elle part
Fin de l’histoire

Notre père qui êtes si vieux
As-tu vraiment fais de ton mieux
Car sur la terre et dans les cieux
Tes anges n’aiment pas devenir vieux

(Téléphone)(Louis Bertignac)

 

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PLAISIR D’AMOUR (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

PJ Lynch 1c_500

PLAISIR D’AMOUR

Plaisir d’amour ne dure qu’un moment,
Et la rose que vous offrirent ce matin
Des doigts fins de damoiseau tendrement
Aura ce soir froissé ses habits de satin;
Plaisir d’amour ne dure qu’un moment
Et ne laisse qu’un souvenir lointain.
Plaisir d’amour ne dure qu’un moment,
Mignonne, ayez-en plus souci;
Ne renvoyez pas vos princes charmants
Avec une larme au bout de leurs cils;
Plaisir d’amour ne dure qu’un moment :
Chagrin d’amour aussi.

(Tristan Klingsor)

Illustration: PJ Lynch

 

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JEU (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (39) [1280x768]

JEU

Je suis le cuisinier d’un feu de poésie,
Magicien tournant dans la marmite d’or
Le coeur purifié des paroles choisies
Avec le piment noir et pourpre de la Mort.

Je suis le capitaine d’un prince plus fort
Que tous les conquérants des Indes ou d’Asie,
Chuchotant tout à coup aux oreilles saisies
Le mot de passe impérieux, de port en port.

Par le monde mon seul adversaire est l’ennui;
Pour le mettre en déroute il n’est que sérénades :
Le caprice arlequin en bondissant me suit.

Bien déluré d’ailleurs qui dira d’où je suis,
Car chasseur kurde ou guitariste de Grenade,
J’enferme des oiseaux dans un cercle de nuit.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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Le Baiser (Jacques Biolley)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020




Réveillée par un baiser,
la Belle au Bois Dormant
chuchote à l’oreille du prince charmant:
« Voudrais-tu que je t’en donne un meilleur
pour qu’en paix tu me rejoignes? »

(Jacques Biolley)

Illustration: Gustav klimt

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LA POUSSIÈRE (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2020



 

LA POUSSIÈRE

Khalife ou pauvre d’Asie,
Qu’étais-je il y a mille ans,
Ou quasi ?
Mendiant prosterné parmi les mendiants
Ou Seigneur en turban de soie les regardant ?
Qu’importe! La rose la plus choisie
N’était-elle pas pour l’un ou l’autre la même,
Et pareil le goût des figues d’Ispahan,
Et pareil le plus beau poème
De Khâyyam ou d’Hafiz,
Tout ainsi que l’azur éclatant
De l’espace ?
Quand un peu de poussière au hasard de la brise
S’envole sur la route,
Qui donc se doute
Que c’est un prince de jadis qui passe ?

(Tristan Klingsor)

Illustration: Olivier Valsecchi

 

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