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Poésie

Posts Tagged ‘principe’

Egotrip (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Illustration: Diego Rivera  
    
Egotrip

Je suis
un écririen

j’applique le principe
des cloaques communicants

j’accumule
les cuticules
du vent

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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La terre est un pacage des étoiles (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
La terre est un pacage des étoiles
ou peut-être la zone d’opérations
d’un voleur invisible.
Quoi que nous fassions ou prenions,
c’est concurrence ou usurpation,
transgression d’un droit
qui nous surveille secrètement d’en haut,
violation d’un principe antérieur à nous.

Être est donc un vol.
Être, c’est être contre quelque chose,
contre une substance fuyante
qui occupe toujours les lieux où nous sommes
et filtre par le moindre interstice.
Être est quelque chose d’interdit
à quoi nous sommes néanmoins sinistrement obligés.
A moins qu’être ne consiste simplement
à aller dérober ailleurs,
là où le vol n’est pas un délit.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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VARENNA (Leonardi Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2019



 Werner Heisenberg
    
VARENNA

Ce dimanche de Pentecôte
Heisenberg en chaire
expliquait le Principe d’indétermination
à un parterre d’élus.
Dans un angle Fermi et Dirac
se regardèrent un instant interdits,
puis s’échangèrent de brèves formules
écrites sur les paumes des mains.

***

VARENNA

Quella domenica di Pentecoste
Heisenberg in cattedra
spiegava il Principio di indeterminazione
a una platea di eletti.
In un angolo Fermi e Dirac
si guardarono un attimo sbigottiti,
poi si scambiarono brevi formule
scritte sui palmi delle mani.

(Leonardi Sinisgalli)

 

Recueil: Oubliettes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: Atelier La Feugraie

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Principe d’incertitude (Yves Simon)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018




    
Principe d’incertitude,
théorie des catastrophes,
on croit le monde
en train de se faire
et on le voit se défaire,
renier des convictions
anciennes
et ancrées
dans la terre des pays.
On croit se reposer
sur un tapis de lois
de résolutions,
puis
des fractures
qui semblaient guéries
se réveillent.
Le tourment est sans fin,
l’inquiétude
renaît
à chaque matin.
Le monde
ne s’épuise pas
des querelles
ni des désirs.

(Yves Simon)

 

Recueil: Le souffle du monde
Traduction:
Editions: Grasset

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LES GRANDS PRINCIPES (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



LES GRANDS PRINCIPES

Aujourd’hui les filles s’émancipent
Et vous parlent de leurs grands principes
Puis elles font comme leur maman
En vertu des grands sentiments

Elle aussi avait ses phrases types
Et me parlait de ses grands principes
Puis agissait n’importe comment
En vertu des grands sentiments

Elle aimait surtout vivre en équipe
Toujours en vertu des grands principes
Mais me surveillait jalousement
En vertu des grands sentiments

Elle allait au Louvre avec Philippe
Toujours en vertu des grands principes
Mais faisait la foire avec Armand
En vertu des grands sentiments

Elle me soigna pendant ma grippe
Toujours en vertu des grands principes
Puis elle me quitta bien portant
En vertu des grands sentiments

Elle épousa vite un autre type
Toujours en vertu des grands principes
Mais elle prit un nouvel amant
En vertu des grands sentiments

Il faudra qu’un beau jour je l’étripe
Toujours en vertu des grands principes
Mais que je le fasse élégamment
En vertu des grands sentiments

Je lui porterai quelques tulipes
Toujours en vertu des grands principes
Mais je pleurerai abondamment
En vertu des grands sentiments

(Guy Béart)

Illustration

 

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Agir et penser comme un chat (4) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Il n’y a pas besoin de sculpture
dans une maison où il y a un chat.

(Wesley Bates)

Il suffit de croiser son regard avec celui d’un chat
pour mesurer la profondeur des énigmes
que chaque paillette de ses yeux
pose aux braves humains que nous sommes.

(Jacques Laurent)

On ne possède pas un chat,
c’est lui qui nous possède.

(Françoise Giroud)

Les chats semblent avoir pour principe
que ça ne peut pas faire de mal
de demander ce qu’on veut.

(Joseph Wood Krutch)

Le chat est d’une honnêté absolue:
les êtres humains cachent, pour une raison ou une autre,
leurs sentiments.

(Ernest Hemingway)

Si les chats pouvaient parler,
ils ne le voudraient pas.

(Nan Porter)

L’homme est civilisé
dans la mesure où il comprend
le chat.

(George Bernard Shaw)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Écoutez-moi si vous m’aimez (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: René Baumer

    

Écoutez-moi si vous m’aimez

Écoutez-moi si vous m’aimez :
Je suis sauvé lorsque je chante ;
Et toi, surtout, que j’ai formé
De ma plus douce voix vivante :
Tes beaux cheveux bien éclairés
Comme le feu dans la poussière
Te font pareil aux oliviers,
Tes mains connaissent un mystère
Dont il reste de l’or aux doigts…
Si tu es dieu, révèle-toi.

– Garde ton sang, bouche mordue,
J’y vois la trace de ton coeur :
Sur la voie que tu as perdue
Je t’ai suivi comme un chasseur.

Es-tu cette étoile sauvage ?
Je te salue, ô visiteur,
Dans la lumière et la douleur,
Visage doux comme une plage
Usée, habituée aux vagues…
Tu es l’amour aux mains profondes :
Partageons ce pain et ce sel…

– Salut, dans le milieu du monde,
Salut à mon ami mortel.

Puis-je mourir, quelle folie !
N’entends-tu pas ma poésie
Et ce coeur battre, ô bouche d’or ?
Je suis le berger de ces ombres
Et le principe de ces choses
Ayant fait oeuvre de mon corps
Je suis vainqueur, il se repose,
Et je retourne à mes trésors.

– Homme enfermé, l’orgueil t’égare
Libre et vivant, – devant un mur.
Accorde-moi ce corps avare,
Ne sois, enfin, qu’un esprit pur.

Amour, ce serait par faiblesse…

– Mais, par faiblesse, sois heureux.

Laisse ces ruses sans noblesse
J’ai vu la flamme dans tes yeux…
Alors, il me prend par la tête,
Porte la nuit dans mes fénêtres,
Porte sur moi son souffle ardent,
Par les genoux brise ma force
Et, comme un cheval qui s’emporte,
Jette ses cheveux dans le vent…

– Je suis seul. Je serre les dents.

Plus tard, un soir comme les autres,
La poésie monte et se pose,
L’eau merveilleuse monte en moi,
Le dieu se pose dans ma chambre,
Tout est changé, c’est que je chante :
Amour, entendez-vous ma voix ?
Mais le Démon n’écoute pas,
Il pleure dans ses mains profondes…

– Les poètes sont seuls au monde.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Je vais t’aider (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




    
Si Dieu cesse de m’aider se sera à moi d’aider Dieu…
Je prendrai pour principe « d’aider Dieu » autant que possible,
et si j’y réussis, eh bien je serai là pour les autres aussi…

Oui, mon Dieu, tu sembles assez peu capable de modifier
une situation finalement indissociable de cette vie.
Je ne t’en demande pas compte.

C’est à toi, au contraire, de nous appeler à rendre compte un jour.
Il m’apparaît de plus en plus clairement,
à chaque pulsation de mon cœur, que tu ne peux pas nous aider,
mais que c’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout
la demeure qui t’abrites en nous…

Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi,
mais je ne puis rien garantir d’avance.
Une chose cependant m’apparaît de plus en plus clairement :
ce n’et pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t’aider –
et ce faisant, nous nous aidons nous-mêmes.

(Etty Hillesum)

 

 

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Le pouvoir de créer (Carolyn Carlson)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017




    
Le pouvoir de créer n’appartient pas à l’artiste
il est le premier principe de l’univers
nous ouvrons pour voir
où naît la source

(Carolyn Carlson)

 

Recueil: brins d’herbe
Traduction: Jean-Pierre Siméon
Editions: Actes Sud

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Je déplie une carte (Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
1

Je déplie une carte
pour savoir où tu es

quel chemin suivre
dans les méandres

si les animaux traversent
les champs déserts

si comme eux
un frisson court en moi.

2

J’attends la neige
qui ne vient pas

principe actif : me perdre

les yeux en l’air,
émerveillés.

(Valérie Canat de Chizy)(Marie-Noëlle Agniau)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Le poème correspondant
Traduction:
Editions: La Porte

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