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Poésie

Posts Tagged ‘prison’

Alors se briseront (Guido Gezelle)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2021



 

Jeanie Tomanek theweavers [1280x768]

Alors se briseront
nuées, tombeau, prison.
Le soleil reprendra
sa course dans le ciel,
l’été refleurira,
l’été, le jour, et tout.
La Joie infiniment
plus haute que les joies.

(Guido Gezelle)

Illustration: Jeanie Tomanek 

 

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Traquenard (Madeleine Riffaud)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2021



Madeleine Riffaud par Pablo Picasso
    
Traquenard

Peur des bottes
Peur des clefs
Peur des portes
Peur des pièges

Ils me firent marcher entre eux deux
Ce dimanche de plein soleil
Vers la grande prison
À l’entrée des enfers
À ma gauche est un policier.
À ma droite est un policier.
Dans chaque poche un revolver.
Et devant moi
Et devant moi
Oh! les hautes grilles de fer!

Peur des bottes
Peur des clefs
Peur des portes
Peur des pièges

Sitôt les verrous refermés
On entend les nôtres crier.
Et dehors c’est dimanche
Et dehors c’est l’été.
Dans une église, l’orgue chante.
Un pigeon tout blanc dans l’air bleu
En vol, a caressé ma joue.
Et derrière moi
Et derrière moi
Oh! les hautes grilles de fer!

Peur des bottes
Peur des clefs
Peur des portes
Peur des pièges

Si je suis prise, me disais-je,
Me restera-t-il seulement
Un coin de ciel tout bleu
À regarder souvent
Un coin de ciel comme une flaque
Au bois, telle la flaque de pluie
Où vont boire les bêtes blessées?
Mais la fenêtre ils l’ont murée.
La fenêtre aux barreaux de fer.

Peur des bottes
Peur des clefs
Peur des portes
Peur des pièges

(Madeleine Riffaud)

 

Recueil: Vive la liberté
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le drapeau de la liberté (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



Le drapeau de la liberté :
Ma chemise
Sur la corde à linge
Légère et libérée
De la prison du corps

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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LE ROSSIGNOL (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



 

LE ROSSIGNOL
A Georges Artigues.

Dans le secret de cet arbre tout nu
— Mais il n’est rien qu’au silence on ne vole
Puisqu’en lui-même un dieu s’est entendu.
Pluie ou soleil, vertige ou dénuement,

Si je me tais, rien en moi ne dément
L’aveu confus qui cherche sa parole
Je fais mon nid dans ces branches obscures,
Soeurs d’un espace où j’éclate à foison :

Plutôt mourir dans ma verte prison
Que de changer d’amour et de blessures!
Avril en fleurs, le chant des créatures

Brûle au zénith de cette pâmoison;
Je suis ce chant, ce ciel, cet horizon,
La nuit du monde avec ses aventures.

(Louis Emié)

Illustration

 

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Omniprésence (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2021




    
Omniprésence

Il est en moi, autour de moi, faisant face de tous côtés.
Emmuré dans l’ego pour exclure Son droit
je me tiens sur ses bornes et plonge mon regard
jusqu’aux frontières de l’Infini.

Chaque chose finie que je vois est une façade ;
de ses fenêtres m’observe l’Illimitable.
En vain d’un corps séparé fut faite ma prison ;
Sa présence occulte brûle en chaque cellule.

Il est devenu ma substance et mon souffle,
Il est mon angoisse et mon extase,
ma naissance est le signe de Son éternité,
ma mort un passage vers Son immortalité.

Mes abîmes muets sont Sa secrète demeure ;
dans la chambre de mon coeur vit le Dieu inadoré.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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N’en souffle mot à personne (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2021




    
N’en souffle mot à personne,
oublie ce que tu as vu :
l’oiseau, la vieille, la prison
et le reste …

Car, si tu desserres les lèvres,
d’imperceptibles frissons
comme aiguilles de pin, le
jour venu, te saisiront.

Et tu te rappelleras la guêpe,
l’encre, le plumier d’enfant à
la datcha, et les myrtilles
que tu n’as jamais cueillies.

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Nouveaux poèmes 1930-1934
Traduction: Traduction du russe par Christiane Pighetti
Editions: Allia

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La Dame de Syros (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2021



    
La Dame de Syros

Bras croisés sur moi-même
je suis ma propre cage
à la fois prison et prisonnière

Visage absent du visage
nez repérant les morts serrés dans leurs bandelettes
ma silhouette silencieuse régnait
sur toute une nécropole

Le sculpteur de Syros le voulait il
m’avait élaguée tel un arbre malade
tailié le superflu à ma survie
effacé l’excédent à ma
temporalité gardé le cri invisible
le regard gelé tourné vers l’intérieur

Le sculpteur de Syros m’a voulue longiligne
comme un pieu
muette comme l’argile
immobile dans mon ossature
bras croisés au seuil de l’infini

(Vénus Khoury-Ghata)

 

Recueil: La Dame de Syros
Traduction:
Editions: Ekphrasis

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Melancholia (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021




    
Melancholia
(extrait)

… Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : – Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l’enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait – c’est là son fruit le plus certain ! –
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Deux Heures de Train (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2020



Illustration
    
Deux Heures de Train

En deux heures de train
je repasse le film de ma vie
Deux minutes par année en moyenne
Une demi-heure pour l’enfance
une autre pour la prison
L’amour, les livres, l’errance
se partagent le reste
La main de ma compagne
fond peu à peu dans la mienne
et sa tête sur mon épaule
est aussi légère qu’une colombe
A notre arrivée
j’aurai la cinquantaine
et il me restera à vivre
une heure environ

(Abdellatif Laâbi)
Extraits de « Petites choses »
Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2012
Traduction:
Editions: Gallimard

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EPITAPHE POUR JOAQUIN PASOS (Ernesto Cardenal)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Paola Grizi

    

EPITAPHE POUR JOAQUIN PASOS

Il passait ici par ces rues, à pied,
sans relation, sans travail et sans argent.
Seuls les poètes, putains et poivrots
connaissaient ses vers.

Jamais il n’a été à l’étranger.
Il était en prison.
Maintenant il est mort.
Il n’a aucune statue.

Mais
souvenez-vous de lui quand vous aurez des ponts en béton,
de grandes turbines, des tracteurs, des remises argentées,
de bons gouvernements.

Car dans ses poèmes il a épuré la langue de son peuple
où un jour les accords commerciaux, la Constitution,
les lettres d’amour
et les décrets seront écrits.

***

EPITAFIO PARA JOAQUÍN PASOS

Aquí pasaba a pie por estas calles,
sin empleo ni puesto y sin un peso.
Sólo poetas, putas y picados
conocieron sus versos.

Nunca estuvo en el extranjero.
Estuvo preso.
Ahora está muerto.
No tiene ningún monumento…

Pero
recordadle cuando tengáis puentes de concreto,
grandes turbinas, tractores, plateados graneros,
buenos gobiernos.

Porque él purificó en sus poemas el lenguaje de su pueblo,
en el que un día se escribirán los tratados de comercio,
la Constitución, las cartas de amor,
y los decretos.

***

EPITAPH FOR JOAQUÍN PASOS

He used to walk here, along these streets,
without job or position and without a peso.
Only poets, prostitutes, and bums
knew his verses.

He was never abroad.
He was in prison.
Now he’s dead.
He hasn’t any monument . . .

But
remember him when you have concrete bridges,
big turbines, tractors, silver-plated barns,
good governments.

Because in his poems he purified the language of his people,
in which one day trade agreements will be written,
the Constitution, the love letters,
and the decrees.

***

EPITAF DEMI JOAQUÍN PASOS

Dia sentiasa berjalan di sini, di lorong ini
tanpa jawatan atau kedudukan, tanpa duit
Hanya penyair, wanita sundal dan yang musnah
memahami puisinya.

Tidak pernah berkelana ke luar negara.
Terkurung di penjara.
Kini kembali ke negeri abadi.
Tiada tugu…

Tapi
Titi konkrit, turbin besar, traktor, bangsal perak, kerajaan telus
kembalikan ingatan terhadapnya.
Dalam puisinya disucikan bahasa warganya,

bakal termeterai perjanjian perdagangan,
Perlembagaan, surat cinta
dan dekri.

***

EPITAF PENTRU JOAQUÍN PASOS

A fost pe-aici, cândva, mergând pe-aceste străzi
fără angajamente sau funcții sau vreun peso.
Și doar câțiva poeți și cerșetori, și curve
versul i l-au aflat.

Nicicând peste hotare n-a plecat.
A stat toți anii lui încarcerat.
Acum în viață nu mai este.
Nimeni nu i-a făcut vreun monument…

Dar voi
să-l evocați când poduri ridicați,
turbine și tractoare și argintii hambare,
guverne binefăcătoare.

Căci el prin poezie a-nnobilat limbajul din popor,
limba în care-apoi s-au scris acorduri, legi
scrisori de amor,
decrete.

***

EPITAFFIO PER JOAQUÍN PASOS

Era solito passeggiare qui, lungo queste strade,
senza un lavoro o una posizione, senza una lira.
solo poeti, prostitute e straccioni
conoscevano i suoi versi.

Non era mai stato all’estero.
Conosceva la prigione.
Adesso è morto.
Non ha nessun monumento . . .

Eppure
ricordalo quando nell’avere ponti in cemento,
grandi turbine, trattori, silos argentati,
buoni governi.

Perché nelle sue poesie ha purificato il linguaggio del suo popolo,
nel quale un giorno scriveranno accordi commerciali,
la Costituzione, lettere d’amore
e le leggi.

***

EPITÁFIO PARA JOAQUÍN PASOS

Aqui passava a pé por estas ruas,
sem emprego, sem posto, e sem dinheiro.
Somente poetas, putas e borrachos
conheceram os seus versos.

Nunca foi para o exterior.
Esteve preso.
Agora está morto.
Não tem nenhuma estátua…

Mas
lembrem dele quando tiverem pontes de concreto,
grandes turbinas, tratores, prateados celeiros,
bons governos.

Porque ele purificou nos seus poemas a língua do seu povo,
em que um dia serão escritos os tratados de comércio,
a Constituição, as cartas de amor,
e os decretos.

***

ΕΠΙΤΑΦΙΟΣ ΓΙΑ ΤΟΝ JOAQUÍN PASOS

Εδώ σ’ αυτούς τους δρόμους συνήθιζε να περπατεί
δίχως δουλειά, δίχως δεκάρα ή θέση
οι ποιητές, ιερόδουλες κι αλήτες
τους στίχους του ρητόρευαν
ποτέ του δεν ταξίδεψε
μπήκε σε φυλακή
και τώρα πια νεκρός δίχως μνημείο.
Μα πείτε του πως γέφυρες έχετε
τουρμπίνες, και τρακτέρ, και αποθήκες
και κυβερνήσεις με μυαλό
τη γλώσα του λαού με στίχους είχε αγιάσει
που συμφωνίες μια μέρα θα γραφτούν
και Καταστατικό, και γράμματα ερωτικά
και τίτλοι.

***

乔昆·帕索斯墓志铭

他过去常走在这里, 沿着这些街道,
没有工作或职位, 也没有比索。
只有诗人、卖淫者和流浪汉
知道他的诗句。
他从未出过国。
他曾坐监狱。
现在他死了。
他没有纪念碑……
但是
当你有混凝土桥的时候记得他,
大型涡轮机,拖拉机, 银色谷仓,
好政府。
因为他在诗中净化了人民的语言,
其中有一天贸易协定会被写下来,
宪法,情书,
以及法令。

***

GRAFSCHRIFT VOOR JOAQUÍN PASOS

Hier kwam hij langs deze straten, te voet,
zonder betrekking, zonder werk en zonder geld.
Alleen dichters, hoeren en dronkaards
kenden zijn verzen.

Hij was nooit in het buitenland.
Hij was in de gevangenis.
Nu is hij dood.
Hij heeft geen enkel standbeeld…

Maar
herinner hem wanneer jullie bruggen van beton zullen hebben,
grote turbines, tractors, verzilverde schuren,
goede regeringen.

Want hij zuiverde in zijn gedichten de taal van zijn volk
waarin ooit de handelsovereenkomsten, de Grondwet,
de liefdesbrieven,
en de decreten zullen worden geschreven.

***

***

***

***

(Ernesto Cardenal)

 

Recueil: ITHACA 622
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol / Anglais Stanley Barkan / Malaisien : Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia / Grec Manolis Aligizakis / Chinois William Zhou / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Russe Rahim Karim / Indi Jyotirmaya Thakur / Persan Sepideh Zamani /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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