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Posts Tagged ‘prisonnière’

SONNET (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

John Keats

SONNET

La ville retenait mon âme prisonnière !
Qu’il m’est doux aujourd’hui de contempler l’immense
Et pur visage du ciel — déjà ma prière
Vers le sourire de l’azur monte et s’élance.

Quel bonheur enfin de se laisser choir à terre,
Le corps las et le coeur tout rempli de silence,
Et de lire, blotti au creux d’un talus vert,
Une histoire d’amour, de tendre nonchalance.

Et puis, rentrant le soir très tendrement, d’entendre
Le chant de Philomèle et de suivre de l’oeil
Un nuage qui vogue et refuse d’attendre.

Hélas, la journée est tombée comme une feuille,
Ou comme une larme de séraphin pieux
Qui glisse doucement dans l’éther lumineux.

(John Keats)

 

 

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La prisonnière (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



La prisonnière

Plaignez la pauvre prisonnière
Au fond de son cachot maudit!
Sans feu, sans coussin, sans lumière
Ah! maman me l’avait bien dit!

Il fallait aller chez grand-mère
Sans m’amuser au bois joli,
Sans parler comme une commère
Avec l’inconnu trop poli.

Ma promenade buissonnière
Ne m’a pas réussi du tout :
Maintenant, je suis prisonnière
Dans le grand ventre noir du loup.

Je suis seule, sans allumettes,
Chaperon rouge bien puni:
Je n’ai plus qu’un bout de galette,
Et mon pot de beurre est fini!

(Jacques Charpentreau)


Illustration: Benjamin Lacombe

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La beauté rigoureuse est notre quête (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018



 

La beauté rigoureuse est notre quête.
Mais comment trouverez-vous la beauté
alors qu’elle est prisonnière de l’esprit,
toute preuve abolie?

(William Carlos Williams)

Illustration: Josephine Wall

 

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De lentes hirondelles (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018




De lentes hirondelles
volent sur le terne crépuscule.
Jamais je ne serai plus morne: seulement
un peu plus fatigué, à l’agonie finale.

Ce n’est pas lâcheté:
les moribonds qui se laissent étreindre
par un râle à la gorge
sont-ils lâches aussi?

Les hirondelles haletantes,
prisonnières du ciel,
rendent fou de monotonie.

Dans mon sang qui mugit,
un atroce désir de folie
bouleverse mon esprit.

(Cesare Pavese)

Illustration

 

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Chanson pour une amoureuse nue (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



C’est une femme bleue
appuyée aux cheveux.

C’est une femme rouge
appuyée à l’épaule.

C’est une femme nue.
Tu lui donnes ton nom.

Ma douleur vaillante
prisonnière, debout.

Une femme sur ma route.
Tu lui donnes ton visage.

Je te cherche, elle répond.

C’est une femme
transparente
appuyée
à la lampe.

C’est une femme
étendue
qur qui rêve
le ciel.

C’est une femme
endormie
sur qui tu
marches seule.

C’est une femme
renouvelée
pour qui tourne
la terre.

C’est une femme
inconnue
les mains rongées
de fruits.

(Edmond Jabès)

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Celle qui le saisit et ne peut le nommer (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



Celle qui le saisit et ne peut le nommer,
celle qui se blottit sur son coeur qu’elle espère,
libérant les captifs quand elle est prisonnière,
et se confie avec tendresse au Suppliant,
celle qui tremble de confiance, abandonnée
par le pur amour, dans ce combat sans appui
pareil à un embrassement, oui, c’est bien elle
dont l’essence est lumière au sein noir de la nuit,
trépas qui est passage, et paix de la prière.

(Jean Mambrino)


Illustration: Caspar David Friedrich

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À NE PAS RECOMMENCER (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Ana Cruz b58

À NE PAS RECOMMENCER

Le jour comme une ville en ruine
Les mille épées du vent, le sel
plein la bouche — et les armes. Le vent —
et ta robe se lève. Le sel,
tes yeux se sèchent pour ma soif.

Au terme de notre querelle
je t’avais faite prisonnière
de la nuit tiède d’une orange
avec les chardons bleu aigu
et les chevaux bleus en désir
— Nous sommes-nous bien déchirés
par trop de haine puisque d’amour —
Oui, toi gémissante éperdue
couchée sur des couteaux, jamais
trop belle pour n’être pas aimée,

ô ma nuit comme une âme en ruine.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Ana Cruz

 

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LA DAME A LA LICORNE (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



LA DAME A LA LICORNE

Au clair de lune de son visage, la bête et l’épousée entrouvrent
des brocards de larmes et d’un autre sel.
Prisonnière des fleurs sans paupières,
les soies lui ouvrent l’azur et l’offrent au triple croissant.
Son repère est de fleurs ennemies, son ciel de terre élue et possédée d’oiseaux.
Les échos tiennent assemblée et l’arbre de science a des frères.
Stature de glacier ! Les joyaux torrentiels ont ses mains pour source
et sa forme humaine lui donne leur tombeau.
Au centre, je me change en écriture pour son auréole, à mon seul désir.

(Olivier Larronde)

 

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Silence soudain dans la maison (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



 

Silence soudain dans la maison.
Le dernier pavot s’est défait.
Dans une longue somnolence je me fige
Et j’accueille l’obscurité qui vient trop tôt.

Les portes sont fermées à double tour,
Le soir est noir, le vent se calme.
Où est la gaieté, où le souci?
Où es-tu, mon doux fiancé ?

On n’a pas trouvé la bague secrète,
J’ai attendu pendant de longs jours,
Comme une fragile prisonnière
La chanson est morte près de mon coeur.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Si tu savais (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



 

Dina Shubin 167341

Loin de moi,
Si tu savais.

Si tu savais comme je t’aime et, bien que tu ne m’aimes pas,
comme je suis joyeux, comme je suis robuste et fier
de sortir avec ton image en tête, de sortir de l’univers.
Comme je suis joyeux à en mourir.

Si tu savais comme le monde m’est soumis.
Et toi, belle insoumise aussi, comme tu es ma prisonnière.
Ô toi, loin-de-moi à qui je suis soumis

Si tu savais.

(Robert Desnos)

Illustration: Dina Shubin

 

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