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Posts Tagged ‘privilège’

Coeur brisé (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



coeur_brisé

Que vers un coeur brisé
Nul autre ne se dirige
Sans le haut privilège
D’avoir lui-même aussi souffert.

***

Unto a broken heart
No other one may go
Without the high prerogative
Itself hath suffered too.

(Emily Dickinson)

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De la rencontre aléatoire (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



    

— De la rencontre aléatoire
des yeux et des corps,
des mouvements et des mots,
des heures et des sons,
dépend la découverte imprévue
des énigmes que le réel abrite,

S’imposent le refus des contraires évidents,
l’interruption brutale des mélodies sinueuses,
l’admiration des images blessantes,
la recherche cruelle de la douceur cachée,

Naît le privilège offert au coeur lacéré,
de l’adoration muette,
à l’âme de savoir
qu’elle n’est peut-être rien ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Tenir l’âme en état de marche (Jean-Pierre Rosnay)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




    
Tenir l’âme en état de marche

Tenir le contingent à distance
Tenir l’âme au-dessus de la mêlée
Tenir Dieu pour une idée comme une autre
un support, une éventualité,
une contrée sauvage de l’univers poétique
Tenir les promesses de son enfance
Tenir tête à l’adversité
Ne pas épargner l’adversaire
Tenir parole ouverte
Tenir la dragée haute à ses faiblesses
Ne pas se laisser emporter par le courant
Tenir son rang dans le rang de ceux qui sont décidés
à tenir l’homme en position estimable
Ne pas se laisser séduire par la facilité
sous le prétexte que les pires
se haussent commodément au plus haut niveau
et que les meilleurs ont peine à tenir la route
Etre digne du privilège d’être
sous la forme la plus réussie: l’homme.
Ou mieux encore, la femme.

(Jean-Pierre Rosnay)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

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Le rêve nous crée (Jean-Pierre Begot)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Sans logique, défaisant les calculs,
les définitions des cultures admises,
le rêve n’est pas seulement illusion.
Il fait participer aux sables inconnus,
aux villes mystérieuses,
l’enfant des faubourgs.

Par lui, le regard dépasse le fini de nos murs.
Il est invention de la liberté
– ses incohérences même nous enseignent –
et s’il peut se faire refuge, ou piège,
il peut surtout devenir jardin secret.

En lui se sont fourbies
les armes de toutes nos révoltes,
la mise en place de toutes les révolutions.

Rêve de l’autre
dont les images les plus familières
sont celles du feu, du vent, de l’eau, des nuages, de l’étoile –
de ce qui purifie,
de ce qui éloigne et resserre en même temps
dans une condition commune.

Le rêve nous crée et nous créons nos rêves.
Privilège qui nous distingue des dieux

(Jean-Pierre Begot)

Illustration

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PRIVILÈGE (Claude Sernet)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2017



Illustration: Girodet de Roussy
    
PRIVILÈGE

Un oiseau de passage
Un oiseau sur la branche

Une étoile inconnue
Une étoile à connaître

Et le nom de cette heure
Et l’amour qui la nomme

Hirondelle ou mésange
Marguerite ou jonquille

Je les cherche et les trouve
Je les trouve et les chante

Bel oiseau, belle étoile
— Nous chantons pour leur plaire

(Claude Sernet)

 

Recueil: Les Pas recomptés
Editions: Seghers

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Personne n’est à plaindre (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: Jean-Siméon Chardin 
    
Personne n’est à plaindre
Des vivants ni des morts
A personne le privilège
De la douleur

Ne demander ici
Ni pitié
Ni compassion
Pas même un regard plus appuyé
Pas même un geste pour combler
La solitude

(on peut s’attendre simplement
au silence de l’amitié
posé comme l’eau
humble et fraîche
à l’angle le plus secret de la table
entre pénombre et soleil)

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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Pantin disloqué (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



Pantin disloqué

Pantin disloqué, tu t’agites, maintenant,
tu t’agites dans le lit du malheur, imbécile imprudent. –

Le privilège de vivre
inouï dilaté
vacant suspendu dans le temps

Plus de demain
Plus de missions
Je n’ai pas d’origine
Je ne me rappelle plus mes épaules
Où donc le dispositif pour vouloir ?
Rien
Seulement
Rien
(Vers la complétude)

Puis du temps.
Rien que du temps.
Du temps coulait, du temps sans aucun accompagnement.
Puis un vent léger, le vent qui a passé sur des ruines.
C’était fini.
(situations étranges)

(Henri Michaux)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: Eve Carton

 

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Oui, elles ont quelque chose à nous dire (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Oui, elles ont quelque chose à nous dire,
tasses, chaises,
retenant une marque de doigt, une odeur
dans les pièces quittées par nous.

Obscurément se répercute en elles
notre humeur du matin.

Tard dans la vie, nous comprenons
que ces minces témoins ont sur nous privilège
(très discret)
de remise en question.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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L’AMOUR ET SON TEMPS (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2017




    
L’AMOUR ET SON TEMPS

L’amour est privilège de gens mûrs
étendus sur le plus étroit des lits,
qui se change en couche ample et verdoyante
frôlant le ciel du corps en chaque pore.

C’est cela, l’amour: le gain non prévu,
la prime souterraine et coruscante,
lecture d’un éclair énigmatique,
décodage après quoi plus rien n’existe

valant la peine et le prix du terrestre,
fors la minute dorée de la montre
minuscule vibrant au crépuscule.

L’amour est ce qui s’apprend en limite,
une fois archivé tout le savoir
hérité, reçu. L’amour tard commence.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Seul ce qui brûle (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Seul ce qui brûle

Je ne sais, cher et vénéré ami,
si vous avez eu le terrifiant privilège
de connaître la passion d’amour.
C’est le plus vertigineux des abîmes
dans lequel il est possible à l’homme de descendre.

Un abîme de flammes et de souffrances aiguës.
Mais si quelqu’un se mêlait de vouloir sauver
celui qui y est tombé,
vous l’entendriez hurler comme si on lui arrachait la peau.
La seule délivrance est d’y être consumé sans résidus !

(Christiane Singer)

 

 

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