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Posts Tagged ‘prix’

Fiat Voluntas (Louis-Honoré Fréchette)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



 

Jean Delville 52 [1280x768]

Fiat Voluntas

Vous me l’aviez donné, vous me l’avez ôté ;
Mon cher petit trésor, mon amour blond et rose,
Lui qui, d’un seul sourire, en mes jours de névrose,
Ramenait à mon front le calme et la gaîté !

Vous me l’avez ôté, Seigneur ; et quand j’arrose
De mes pleurs le berceau vide qu’il a quitté,
Je sens que le bonheur et la sérénité
Ont aussi déserté mon pauvre cœur morose.

Mon chérubin chéri, mon doux bébé mignon,
De mes vieux ans futurs et dernier compagnon,
Vous me l’aviez donné dans un beau jour de fête.

Un seul de ses regards était pour moi sans prix ;
Pourquoi donc en mes bras l’avoir si tôt repris ?..
Et pourtant, ô mon Dieu, ta volonté soit faite !

(Louis-Honoré Fréchette)

Illustration: Jean Delville

 

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Le temps est prisonnier d’une épine (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



Le temps est prisonnier d’une épine, on entend
La fleur rêver sans fin l’énigme de sa pourpre;
C’est toujours le moment de dire ce qui veille
Sous la paupière close de l’automne.
On ajoute le rire à l’aigu des fontaines,
Une monnaie usée comme l’âme est le prix
De cette solitude aux portes de la rose.

(Marc Alyn)

Illustration: Salvador Dali

 

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AUTOMNE À COGOLIN (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019



Illustration: Michelle Auboiron  
    
AUTOMNE À COGOLIN

Là, le soir qui vient
Ici une fenêtre
Plus près la pluie
Plus loin une lampe
une autre
deux autres
plusieurs.
Est-ce le jour, la nuit ?
Est-ce que je suis toujours — ou jamais ?
Et de si peu que rien
ferai-je quelque chose ?

LÀ-BAS dorment les chênes-lièges
où gîtent depuis cent mille ans
les druides les fées les salamandres
LÀ résonne la fêlure de l’horloge
ici court un passant
trempé par l’averse
mais indifférent content
songeant, se souvenant.
Ma voix que j’entends mal
répète encore ces mots :
ICI LA-BAS
TOUJOURS JAMAIS

Mais qui donc sous ce porche espère ?
L’ombre elle aussi déjà
sous les voûtes s’amasse et sourit.
Qu’est-ce qui m’attire au fond de ce rien,
de cet instant qui s’efface ?

Je n’entends plus
Je suis le silence j’attends.
Gerbe où je suis tombé
arraché déchiré
sur le point de saisir
sur le point de sauver
dans l’ombre de velours
un objet sans valeur et sans prix
vérité attendue inconnue
reconnue
connaissance comblée épuisée

peu de chose pour tout.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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A combien vous la faites ? (Guillaume Siaudeau)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2019



    

A combien vous la faites ?

Dommage qu’ils n’indiquent
pas les prix sur
les petites intentions
On n’ose
jamais demander

(Guillaume Siaudeau)

 

Recueil: Inauguration de l’ennui
Traduction:
Editions: Alma

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La Mort donne un sens à l’Objet (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



La Mort donne un sens à l’Objet
Sur quoi l’OEil eût glissé
A moins qu’un Être disparu
Tendrement nous supplie
De penser devant de petits ouvrages
Au Pastel – ou en laine –
«C’est le dernier qu’ont fait Ses doigts » —
Si diligents avant –

Que le Dé ne pèse trop lourd –
Que les points ne cessent – d’eux-mêmes –
Alors on l’a rangé parmi la Poussière
Sur les étagères du Placard –

J’ai un Livre – offert par un ami –
Dont le Crayon – ici et là –
A coché tel passage qu’Il aimait –
Au Repos – sont Ses doigts –

Aujourd’hui – je le lis – sans le lire –
Les Larmes m’interrompent –
Effacent les Gravures
À Réparer, hors de Prix –

***

Death sets a Thing significant
The Eye had hurried by
Except a perished Creature
Entreat us tenderly

To ponder little workmanships
In Crayon — or in wool —
With « This was last Her fingers did »—
Industrious until —

The Thimble weighed too heavy –
The stitches stopped — themselves —
And then ’twas put among the Dust
Opon the Closet shelves –

A Book I have – a friend gave –
Whose Pencil – here and there –
Had notched the place that pleased Him —
At Rest – His fingers are –

Now – when I read – I read not —
For interrupting Tears –
Obliterate the Etchings
Too Costly for Repairs –

(Emily Dickinson)

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Gorgée de Vie (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


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J’ai bu une Gorgée de Vie –
Savez-vous ce que j’ai payé –
Exactement une Existence –
Le prix, ont-ils dit, du marché.

Ils m’ont pesée, grain par grain de Poussière –
Ont mis en balance Peau contre Peau,
Puis m’ont donné la valeur de mon Etre –
Une unique Goutte de Ciel!

(Emily Dickinson)

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J’ai perdu un Monde (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


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J’ai perdu un Monde – l’autre jour!
Quelqu’un l’a-t-il trouvé?
Vous le reconnaîtrez au Bandeau d’Etoiles
Qu’il porte autour du front.

Un Riche – ne le verra peut-être pas –
mais – à mon Oeil frugal –
Il a plus de prix que les Ducats –
Oh trouvez-le – Monsieur – pour Moi!

(Emily Dickinson)

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Ne jetez pas aux pourceaux (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Ne jetez pas aux pourceaux —
L’animal rationnel préfère
La chair aphrodisiaque de l’huître :
Qui donc attache à une perle
Un prix tel
Qu’il vend tout
Pour l’acheter?

***

Cast not before swine —
The rational animal
Oysters’ soft aphrodisiac flesh prefers:
Who values then a pearl
At so great price
As to sell all
To purchase one ?

(Kathleen Raine)

Illustration: Vladimir Kush

 

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Le prix de l’amour (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Celle qui dans ses bras d’eau si froids
Porta son prince à la rive
Sans pourtant conquérir son coeur
Acheta cher ces pieds mortels :
Le prix de l’amour; sinon comment,
Immortelle, fouler les voies de la douleur?

***

She who in cold elemental arms upbore
Her prince to shore
Yet did not win his heart
Bought dear these mortal feet;
Must pay love’s price: how else
Shall an immortal walk in sorrow’s ways?

(Kathleen Raine)

Illustration: John William Waterhouse

 

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Il y a une solitude dans la pauvreté (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



Illustration
    
Il y a une solitude dans la pauvreté,
mais une solitude qui rend son prix à chaque chose.

A un certain degré de richesse,
le ciel lui-même et la nuit pleine d’étoiles semblent des biens naturels.

Mais au bas de l’échelle,
le ciel reprend tout son sens: une grâce sans prix.

(Albert Camus)

 

Recueil: L’Envers et l’Endroit
Traduction:
Editions: Folio

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