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Posts Tagged ‘problème’

Cette caresse toute fraîche (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2019



 

A ce souffle à ce soleil d’hier
Qui joint tes lèvres
Cette caresse toute fraîche
Pour courir les mers légères de ta pudeur
Pour en façonner dans l’ombre
Les miroirs de jasmin
Le problème du calme.

(Paul Eluard)

 

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En l’an trois mille (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


Adrian Chesterman 86

 

Nous n’avions rien et c’était peau de l’ange.
On nous disait de bâtir nos maisons,
qu’en l’an trois mille adviendrait la revanche,
symbole et foi, la joie des compagnons,
qu’au crayon bleu à biffer les frontières
la Terre en bloc serait un seul Pays,
que le Sacré remplacerait la guerre,
et que l’enfer deviendrait paradis.
C’est l’an trois mille et sommes en jachère
à repenser le problème des sots.
– L’argile tremble encore au cimetière
et l’on entend le combat des robots.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Adrian Chesterman

 

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Le seul problème (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



Le seul problème

Tu chantes ce qui fait battre ton coeur,
Toute la part animale du vent,
Celle qui souffre, qui geint, qui prend peur,
Celle qui bouscule l’âme en avant.

Lorsqu’un jour tu sauras que tu la tiens
Serrée dans tes bras fous, jusqu’à sentir
Le rythme d’un coeur si pareil au tien,
Beaucoup plus sourd et proche de mourir,

Toute l’alchimie des mages savants,
La science de l’âme et celle du corps,
Te forceront à chercher dans la mort
Ce joyau secret de quel orient!

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: Odilon Redon

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HIÉROGLYPHES DE LA POESIE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



 

HIÉROGLYPHES DE LA POESIE

Ce qui vient et ce qui part
Pose un étrange problème
Qu’on ne résout nulle part
Par la prose ou le poème

Viens viens l’allure des blés
Hâte sa marche immobile
Ceux qui restent sont troublés
Aux moissons d’automobiles

De la terre à l’océan
Tout revient à la matière
Trouve le goût du néant
Sur ma poitrine de terre

Ah ! Je sais dans cent mille ans
Mes graines les plus secrètes
Chevaucheront le flot lent
Qui reprendra la planète

Et devant l’os d’un clackson
Qui va remonter habile
Au nouvel iguanodon
D’une vieille automobile

Alors qui saura jamais
Que les enfants de Sisyphe
Ont enterré le secret
D’étranges hiéroglyphes

Et les fourmis chercheront
Dans cent mille décennies
La vaine explication
D’une humaine poésie

(Robert Goffin)

Illustration

 

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Mourir d’aimer (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018




    

Mourir d’aimer

Les parois de ma vie sont lisses
Je m’y accroche mais je glisse
Lentement vers ma destinée
Mourir d’aimer

Tandis que le monde me juge
Je ne vois pour moi qu’un refuge
Toute issue m’étant condamnée
Mourir d’aimer

Mourir d’aimer
De plein gré s’enfoncer dans la nuit
Payer l’amour au prix de sa vie
Pécher contre le corps mais non contre l’esprit

Laissons le monde à ses problèmes
Les gens haineux face à eux-mêmes
Avec leurs petites idées
Mourir d’aimer

Puisque notre amour ne peut vivre
Mieux vaut en refermer le livre
Et plutôt que de le brûler
Mourir d’aimer

Partir en redressant la tête
Sortir vainqueur d’une défaite
Renverser toutes les données
Mourir d’aimer

Mourir d’aimer
Comme on le peut de n’importe quoi
Abandonner tout derrière soi
Pour n’emporter que ce qui fut nous, qui fut toi

Tu es le printemps, moi l’automne
Ton cœur se prend, le mien se donne
Et ma route est déjà tracée
Mourir d’aimer
Mourir d’aimer
Mourir d’aimer

(Charles Aznavour)

 

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La cour de mon école (Jean-Luc moreau)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



La cour de mon école
Vaut bien, je crois,
La cour de Picrochole,
Le fameux roi :
Elle est pleine de charme,
Haute en couleur;
On y joue aux gendarmes
Et aux voleurs;
Loin des Gaulois, des Cimbres
Et des Teutons,
On échange des timbres,
À croupetons;
Des timbres des Antilles,
De Bornéo…
Et puis on joue aux billes
Sous le préau.
Qu’on ait pris la Bastille,
C’est merveilleux,
mais que le soleil brille,
C’est encor mieux !
Orthographe et problèmes
Sont conjurés.
École, ah ! que je t’aime
À la récré !

(Jean-Luc moreau)

Illustration

 

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Hypothèse de Sapir-Whorf (Edward Sapir)(Benjamin Lee Whorf)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



premier-contact

Hypothèse de Sapir-Whorf:
Les représentations mentales dépendent des catégories linguistiques,
autrement dit que la façon dont on perçoit le monde dépend du langage

***

Nous disséquons la nature
en suivant les lignes dessinées par notre langue native.

Les catégories et les types que nous dégageons du monde des phénomènes,
nous ne les trouvons pas pour la raison qu’ils frappent quiconque les observe.
Au contraire, le monde est présenté comme un flux kaléidoscopique d’impressions
qui doivent être organisées par notre esprit
– ce qui signifie, en large part, qui doivent être organisées
par les systèmes linguistiques de nos esprits.

Nous découpons la nature, nous l’organisons en concepts,
et nous lui donnons la signification que nous lui donnons
car nous sommes largement partie prenante d’un accord
qui organise les choses de cette façon
– un accord que toute notre communauté linguistique partage,
et qui est fondu dans les codes de notre langue.

Cet accord est bien évidemment implicite et non-dit,
mais ses termes sont obligatoires;
la seule façon que nous ayons de parler est en souscrivant à l’organisation
et à la classification des données telles que décrétées dans cet accord.

(Benjamin Lee Whorf)

***

Les humains ne vivent pas uniquement dans le monde objectif.
Ils ne vivent pas non plus seuls dans le monde de l’activité sociale
telle que comprise ordinairement.

Au contraire, ils sont à la merci de la langue particulière
qui est devenue le moyen d’expression dans leur société.

Il est assez illusoire d’imaginer qu’on s’ajuste à la réalité
essentiellement en dehors de l’usage de la langue,
et que la langue est juste un moyen quelconque
de résoudre des problèmes de communication ou de réflexion spécifiques.

Le fait est que le ‘monde réel’ est, dans une large mesure,
construit inconsciemment sur les habitudes linguistiques du groupe.
Il n’existe pas deux langues qui soient suffisamment similaires entre elles
pour être considérées comme représentant la même réalité sociale.

Les mondes dans lesquels vivent différentes sociétés sont des mondes distincts,
et non pas le même monde avec juste des étiquettes différentes attachées aux choses…

Nous voyons, entendons et faisons autrement l’expérience des choses
de la manière dont nous le faisons
car les habitudes langagières de notre communauté
nous prédispose à certains choix d’interprétation.

(Edward Sapir)

Illustration: Film « Premier Contact » http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=226509.html

 

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PETIT TÉLÉGRAMME CULTUREL (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



 

PETIT TÉLÉGRAMME CULTUREL

1. Hier
Pousse-toi, Platon
culture à problèmes
âge de l’angoisse

2. Aujourd’hui
Aller par-ci, par-là
culture de la quête
âge du vide-jouissance

*

LITTLE CULTURE TELEGRAM

1. Yesterday
Move over, Plato
a problematic culture
the age of anxiety

2. Today
Moving to and fro
a questing culture
the age of emptiness-joyance

(Kenneth White)

Illustration

 

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Qui je peux bien être ? (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
Est-ce que, par hasard,
on m’aurait changée au cours de la nuit ?

Réfléchissons :
étais-je identique à moi-même lorsque je me suis levée ce matin ?

Je crois bien me rappeler
m’être sentie un peu différente de l’Alice d’hier.

Mais, si je ne suis pas la même,
il faut se demander alors
qui je peux bien être ?

Ah, c’est là le grand problème !

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Les toilettes sont bouchées (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018


Les toilettes sont bouchées pour la millième fois.
Il faudra réfléchir au problème.
En traînant la jambe et en tirant ma flemme
je monte dans ma chambre écrire un poème.

(Henri-Frédéric Blanc)

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