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Poésie

Posts Tagged ‘proche’

Un – deux – trois (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Un – deux – trois… huit pieds de long
Deux enjambées, le repos est sombre…

La vie est un point d’interrogation éphémère
Un – deux – trois… peut-être une autre semaine.

Ou le mois prochain pourra me trouver encore ici,
Mais la mort, je la sens proche.

J’aurais eu 23 ans en juillet prochain.

J’ai joué à ce qui importait le plus,
les dés ont roulé.

J’ai perdu.

(Hannah Senesh)

 

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Je ne sais si tu es vivant ou mort (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017


 


Je ne sais si tu es vivant ou mort,
Si l’on peut te chercher sur la terre
Ou seulement, quand on médite, sur le soir,
Sur celui qui n’est plus pleurer dans la lumière.
Tout est pour toi: la prière de chaque jour,
La fiévreuse langueur de l’insomnie,
La troupe blanche de mes vers
Et le brasier bleu de mes yeux.
Personne n’est plus proche de mon coeur,
Personne ne m’a fait autant souffrir,
Même celui qui m’a vouée à la torture,
Même celui qui m’a aimée et oubliée.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Alex Alemany

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Nous savons tout l’un de l’autre (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



Illustration: Antonio Canova
    
Nous savons tout l’un de l’autre
puisque nous pensons sans cesse à notre amour.
Les mots ne restent pas entre nous
comme des bornes entre deux champs.

De ton coeur au mien,
juste la distance de tes seins.
De toi à moi,
à peine le temps d’un désir.

Quand je remonte du sommeil vers le jour,
tu es la première bouée qui vient vers moi
et de très loin dans les hauteurs encore grises de la nuit,
je la vois faire au-dessus de moi des cercles de plus en plus proches.

Tu es plus nue sous mes mains
que la pluie sur les toits,
qu’un feuillage dans le matin,
que les dents au bord des lèvres.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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HOTEL DE LA POESIE (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



ombre

HOTEL DE LA POESIE

Une femme vit dans la chambre voisine, je ne la connais pas.
Elle va, elle vient, je sais ses soucis. Je l’entends rire.
J’ai glissé sous sa porte des lettres qui ne l’atteignent pas.
Elle est indifférente, elle est ma compagne.

Une et multiple, elle a tous les noms,
répond à tous, n’obéit à aucun.
Elle a l’indulgence et la pitié des pauvres.

Parfois, elle me tutoie en rêve.
Car c’est en rêve que j’habite près d’elle.
Dans la réalité, elle est beaucoup plus proche.
Elle est mon ombre qui a froid.

(Jean Malrieu)

 

 

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Détresse (Gemma Tremblay)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



Détresse

Mes mots de faïence plus graves que ceux d’hier
je les emploie pour vous mes proches mes voisins
c’est à pas de loup que je descends le Bas-fleuve
car je suis en déroute
par tout le frimas que je lis dans vos yeux

(Gemma Tremblay)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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Peut-être qu’à travers d’âpres montagnes (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



 

Nicholas Roerich -1925

Peut-être qu’à travers d’âpres montagnes je circule
en veines dures, seul ainsi qu’un minerai,
et si profondément que je ne vois ni fin
ni distance : tout est là, proche.
et tout ce qui est proche s’est fait pierre.

Je ne suis pas encor rendu savant par la souffrance;
et je me sens petit de ma grande ignorance.
Mais si tu es cela : fais-toi lourd et pénètre;
que ta main tout entière arrive jusqu’à moi,
et que je vienne à toi avec toute ma gangue.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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Le Vieux Jardinier (Richard von Schaukal)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Le Vieux Jardinier

Dans son jardin de roses
va le vieux jardinier.
Il n’attend rien des jours,
il sent qu’il se fait tard.

Pourtant, de ses mains dures,
il aide la jeune pousse.
La fin, il la sait proche,

– il aime ce qu’il aima.

(Richard von Schaukal)


Illustration: Emile Claus

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On n’emporte rien avec soi (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



On n’emporte rien avec soi
qu’une image en viatique

Un iris de Van Gogh
bleu sur bleu
au pied de la montagne

On suit la découpe d’un jardin
sous un porche

A travers la fenêtre haut perchée
passe encore l’éclair d’un visage

On prend par les yeux
tout ce qui fut son regard
et par le corps
la douleur d’un amour
trop grand pour cette vie

Hier est si proche
qu’il nous attrape la main

On s’étonne d’un outil oublié
d’un escargot baignant
dans une rigole
sûr de presser contre soi
tout le poids du présent.

(Marilyse Leroux)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Je te retrouve (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Je te retrouve très proche du couchant
et comme préservée de l’espoir le plus courant
avec un coeur qui fait presque pas de bruit
et quelques mots soumis aux règles de la vie

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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À LA MÈRE (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Guy Baron
    
UNE LIBATION

À LA MÈRE

Peut-être, rompu le mystère, dans la lueur
de mon souvenir paraîtras-tu une ombre,
un rien vêtu de douleur.
Toi, la même, toi comme jamais :

le paysage seul changera de couleur.
Dans une nuée de cendre et de soleil,
identique, mais proche de la blancheur
du ciel tu passeras sans un mot.

Je te verrai subsister dans le vague
des regards le soir, dans le retard
des feux qui s’éteignent en une aiguille
de lumière rouge où tremble le regard.

***

UN BRINDISI

ALLA MADRE

Forse, infranto il mistero, nel chiarore
del mio ricordo un’ombra apparirai,
un nonnulla vestito di dolore.
Tu, non diversa, tu come non mai :

solo il paesaggio muterà colore.
In un nembo di cenere e di sole
identica, ma prossima al candore
del cielo passerai senza parole.

Io ti vedrò sussistere nel vago
degli sguardi serali, nel ritardo
dei fuochi che si spengono in un ago
di luce rossa a cui trema lo sguardo.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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