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Poésie

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Voici ce qui est donné par l’amour (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2022



    

Voici ce qui est donné par l’amour,
le lieu de la lumière,
la certitude de l insaisissable
qui nous sauve!

C’est dans un tel commencement
que tout est proche,
que tout est présent,
qu’il n’y a plus besoin
d’aucune flèche,
d’aucune parole,

parce que la cible
n’existe pas encore,
ni la distance
au bout de laquelle on pourrait
la dresser…

(Philippe Jaccottet)

Recueil: L’encre serait de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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La sphère n’a pas de centre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2022



    

La sphère n’a pas de centre.
Son centre est fixe et mobile,
proche, lointain, hors du temps,
chaque fois perdu.

Centre. Sphère.
D’un rien rayonne
la profusion de l’immense.

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rendus à l’infini de ta langue (Sylvestre Clancier)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2022




    

Rendus à l’infini de ta langue
Ces mots qui sont très proches
A l’oreille éblouie
Ils te mènent à l’ailleurs
Où sans voix
Tu les verras blottis
Attendant que tes pas
Aient retrouvé les leurs
Tu interroges le ciel
Où ils respirent la nuit

(Sylvestre Clancier)

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Tu récites pour toi seul (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2022



Illustration
    
Tu récites pour toi seul des vers anciens
et tout en toi-même est plus proche et plus nu.

sous le masque du dormeur le temps doucement va
les années les minutes les semaines les mois.

il te souvient des femmes dans la rue l’une
aux maigres épaules portant des choses lourdes.

l’autre passait avec des gestes d’adieu belle
comme une île ou une phrase inachevée.

celle-ci qui riait aux éclats dans le feuillage
obscur et dont le nom était imprononçable.

et celle-là voyageuse aux couleurs du monde
avec ses énormes bagages et ses robes lyriques.

à l’autre bout de ta nuit ceux que nul ne connaît
qui ne font aucun détour posant cartes sur table.

et ceux qui emportent dans leur coeur leur ordure
et leur toit des chiens morts des rouleaux secrets des fleurs nouvelles.

ta mère aux bras flottants qui ne pouvait comprendre
toute ronde si petite et les yeux couleur d’encre.

tu as pris dans ses yeux le goût de l’être et des iris
mais tout s’éloigne ainsi qu’un vol d’oiseaux. le ciel

se déplace. et ça n’en finit pas les errances
à travers nuits et jours au gré des vents, la vie

ses mornes champs ses gares ses travaux ses villages
ses grimaces, la tristesse sur la face des gens.

et l’infini désert recommence au matin :
tu récites pour toi seul des vers anciens.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Le nom perdu
Editions: Gallimard

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LA PLUS BLANCHE DES COLOMBES s’est envolée (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2021




    
LA PLUS BLANCHE DES COLOMBES s’est envolée : j’ai
le droit de t’aimer !
Dans la fenêtre discrète hésite la porte discrète.
L’arbre silencieux est entré dans la pièce silencieuse.
Tu es proche comme si tu ne demeurais ici.

Dans ma main tu prends la grande fleur :
elle n’est pas blanche, pas rouge, pas bleue — pourtant,
tu la prends.
Où jamais elle ne fut, elle restera toujours.
Nous ne fûmes jamais, nous restons donc chez elle.

(Paul Celan)

Recueil: Choix de poèmes
Traduction: Jean-Pierre Lefebvre
Editions: Gallimard

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Mal léger (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2021


Oh ma douleur

la toison à sommeil
dilapidée en membres
et douce et proche

l’haleine à découvert
où s’alimente la braise
où se libère l’oubli

les hasards tirés d’elle
et couvant les eaux
ce coeur incendiaire

ce besoin de secours
qui l’ouvre en archipels
l’efface en bercements

(Mohammed Dib)

Illustration

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Comme si l’essentiel (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021



Illustration
    
Comme si l’essentiel se passait
dans ce qui pousse le poète à écrire ou le croyant à prier :

le sentiment de la présence
si proche, si pressante,
d’un silence
bruissant et pur.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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(à jamais) (André Welter)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2021



Illustration    
    
(à jamais)

Proche de qui s’égare loin de qui s’en saisit,
chante Hadewijch d’Anvers la béguine flamande,

et c’est l’amour
à jamais en déroute
par les chemins creux
du corps, des dunes et des taillis.

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE POLLUTION DE MON AMOUR, – OUI. (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2021




    
UNE POLLUTION DE MON AMOUR, – OUI.

J’aimais tout.
La jeune fille vint, je trouvai son visage,
son inconscient, ses mains d’ouvrière ;
j’aimais tout en elle.
Je devais la représenter
parce qu’elle regarde ainsi et m’était si proche. —
……….
Maintenant, elle est partie. Maintenant, je rencontre son corps.

LE PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE A LA PÂLEUR MORTE

***

EINE POLLUTION MEINER LIEBE, -JA.

Alles liebte ich.
Das Mädchen kam, ich fand ihr Gesicht,
ihr Unbewußtes, ihre Arbeiterhände;
alles liebte ich an ihr.
Ich mußte sie darstellen,
weil sie so schaut und mir so nahe war. —
……….
Jetzt ist sie fort. Jetzt begegne ich ihrem Körper

DAS PORTRÄT DES STILLBLEICHEN MÄDCHENS

(Egon Schiele)

 

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

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C’ÉTAIT UNE AUTRE EPOQUE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



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C’ÉTAIT UNE AUTRE EPOQUE

Nous étions assis sous une horloge sans nuages
comme à la source du temps bref.
La jeune fille la plus proche parlait le sanscrit
et quelqu’un lui demanda un chemin qui n’existait pas.
Derrière nous un village
aux yeux agrandis par le loisir.

Nous froissions des caresses
longtemps retenues aux vitres de la pluie
et la rouille gagnait l’extrémité de nos doigts.
Enfants tardifs et désoeuvrés
dont les visages ne servaient à personne

nous laissions l’herbe monter autour de nous
comme un besoin coupable
et nous rêvions de disparaître
enfin voilés par ce caprice aux longs cils
exemptés de toute présence et de tout lieu.

C’était un jour incrusté d’oubli
comme une chapelle baroque
un jour qui n’avait pas la force de se lever
et de nous regarder pâlir.

(Georges Henein)

Illustration: René Julien

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