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Poésie

Posts Tagged ‘proche’

Tu cherches la lettre perdue (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Tu cherches la lettre perdue
parmi les paroles errantes,
tu cherches un nom dans un ailleurs
sans lieu.

La forêt dans l’oiseau
la voix dans le silence
le lointain dans le proche.

Mais tu es ta propre mesure :
si peu de jour, si peu de nuit,
Suspendu entre source et brasier,
Noué aux plantes incestueuses.

Tu es cette flamme enterrée
qui ne se souvient plus sauf
un visage comme un grain d’ombre.

(Lionel Ray)

 

 

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L’AMANT TOUJOURS PROCHE (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



    

L’AMANT TOUJOURS PROCHE

Je pense à toi quand le rayon solaire
Brûle les flots ;
Je pense à toi quand la lueur lunaire
Se peint sur l’eau.

Tu m’apparais quand monte de la route
Un poudroiement
Ou bien la nuit, quand le passant redoute
Le pont tremblant.

J’entends ta voix quand la vague s’éveille,
Meurt et renaît.
Je vais souvent au bois prêter l’oreille,
Quand tout se tait.

Si loin sois-tu, l’espace ne sépare
Jamais nos pas !
Le soir descend, l’étoile se prépare.
Que n’es-tu là !

***

NAHE DES GELIEBTEN

Ich denke dein, wenn mir der Sonne Schimmer
Vom Meere strahlt;
Ich denke dein, wenn sich des Mondes Flimmer
In Quellen malt.

Ich sehe dich, wenn auf dem fernen Wege
Der Staub sich hebt;
In tiefer Nacht, wenn auf dem schmalen Stege
Der Wandrer bebt.

Ich bore dich, wenn dort mit dumpfem Rauschen
Die Welle steigt.
Im stillen Haine geh ich oft zu lauschen,
Wenn alles schweigt.

Ich bin bei dir, du seist auch noch so ferne,
Du bist mir nah !
Die Sonne sinkt, bald leuchten mir die Sterne.
O wärst du da !

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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Je me suis soudain réveillé (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Lili Flore
    
Je me suis soudain réveillé, j’étais seul.
J’ai reconnu le petit-duc, à ses gémissements aveugles,
Qui du haut du ciel semblaient tout proches,
Au-dessus de ma poitrine.

Avec son chant, je me suis retrouvé vivant dans le silence ;
Mais perdu dans mes rêves, de mon corps
Rien ne restait qu’une mémoire
Triste et déçue.

Et toi aussi, mémoire et non image,
Tu me dominais, tu dominais ce chant,
Et tu rendais mortel ce silence,
Sans m’apparaître.

Tu t’étais dissipée en moi, pour ainsi dire,
Dans ma chair lasse, en rêve. Un spectre mortel
Qui terrasse cette vie. Et pourtant
Je continuais de t’aimer.

***

Mi destai d’improvviso, ero solo.
Conobbi l’assiuolo ai ciechi gemiti,
che dal cielo suonavano vicini,
sopra il mio petto.

Con quel canto fui vivo nel silenzio;
ma, perduto nei sogni, del mio corpo
nulla restava se non una memoria
triste e delusa.

E anche tu, memoria non immagine,
su di me, su quel canto sovrastavi
e facevi mortale quel silenzio,
senza apparirmi.

M’eri dissolto, quasi, nella stanca
carne, nei sogni; una mortale larva
che sopravanza questa vita; eppure
ti amavo sempre.

(Pier Paolo Pasolini)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Adulte ? Jamais
Traduction: René de Ceccatty
Editions: Points

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La Splendeur du Néant (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



 

La Splendeur du Néant

Le néant est à notre porte,
laissons-le entrer!

Si le néant m’est plus proche
que je ne le suis de moi-même,
puisse le néant
m’éloigner infiniment
de moi-même!

Le néant n’est pas dehors,
il est dedans,
c’est nous qui sommes dehors.

En nous, il est chez lui,
le néant,
c’est nous les étrangers.

(Michel Camus)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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OMBRAGE (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018




    
OMBRAGE

Les ombres piétinent
mon ombre
les combats d’autrefois
sont des combats pour rire
les femmes d’autrefois
des ombres-femmes
le ciel un ciel sombre
d’autrefois
ombres sont mes années

jadis toute proche
caresse ou menace
aujourd’hui telle une ombre
derrière moi
cris et murmures d’autrefois
le vent les ombre
et derrière moi les visages
couleur d’ombre

ombres sont mes nuits
couleur de morelle noire
ombres sont mes oeuvres
et moi aussi je suis une ombre
projeté vers l’avenir
par d’autres ombres
vers d’autres nuits
d’autres visages
de nouvelles oeuvres

ombres sont mes oeuvres

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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Indompté dans ce déluge de terre (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



 

Indompté
dans ce déluge de terre —
où finissent les semences
qui annoncent le proche — tu feras retentir
le choeur tonitruant
de la mémoire, et tu suivras
le chemin des yeux. Il n’est pas de route
plus longue pour toi : dès l’instant
où tu t’ouvriras les veines, les racines commenceront
de dire le massacre
des pierres. Tu vivras. Tu construiras
ici ta maison — tu oublieras
ton nom. La terre
est le seul exil.

(Paul Auster)

Illustration: Ai Xuan

 

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À l’abri de l’insistante grisaille du brouillard (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

À l’abri de l’insistante
grisaille du brouillard, la haine, criée
sur les toits, au long
du jour, t’est restée proche. Nous
savions que le soleil
s’était insinué par les carreaux fermés
dans l’ébriété
seulement. Nous savions qu’un vide plus profond
était construit
par les goélands à grand renfort
de cris. Nous savions qu’ils
savaient que l’accostage était un mirage.
Et attendait,
depuis la première heure
où j’étais venu vers toi. Ma peau,
frémissante sous la lumière.
La lumière, se brisant au bout de mes doigts.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Fléaux, la blancheur, les fleurs de la terre promise (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

Fléaux, la blancheur, les fleurs
de la terre promise : et tout
ce que tu entasses, se délitant à la lisière
du souffle. Pour un simple mot
dans l’air que nous n’avons pas respiré, pour une seule
pierre, éclatant avec la famine
en nous — colère,
issue des os dévastés, par quoi nous sommes proches
du ver. Le mur
est ton seul témoin. Séparé
de moi, mais ne prodiguant rien,
tu te vautres sur chaque page non écrite,
comme si ta voix s’était glissée
loin de toi : et pénétrait la blancheur
de la plainte.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Il existe un pays (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Bill Viola  vertebrae-horizontal-1_large

Il existe un pays, plutôt une frontière,
Où la lumière est douce et pratiquement solide
Les êtres humains échangent des fragments de lumière,
Mais ils n’ont pas la moindre appréhension du vide.

La parabole du désir
Remplissait nos mains de silence
Et chacun se sentait mourir,
Nos corps vibraient de ton absence.

Nous avons traversé des frontières de craie
Et le second matin le soleil devint proche
Il y avait dans le ciel quelque chose qui bougeait,
Un battement très doux faisait vibrer les roches.

Les gouttelettes de lumière
Se posaient sur nos corps meurtris
Comme la caresse infinie
D’une divinité – matière

(Michel Houellebecq)

Illustration: Bill Viola

 

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Le creux de ton cou (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018



Illustration: Anne Desmazures

    
« le creux de ton cou » appelle
un regard proche et dit
oui, mon amour

(Israël Eliraz)

 

Recueil: et tout cela pour dire ose
Traduction:
Editions: José Corti

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