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Poésie

Posts Tagged ‘procurer’

REPOS (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2018




    
REPOS

Les fleurs quand j’étais
fatigué me procuraient
du silence pour me reposer.
Tellement, qu’il ne leur échappait
un son jusqu’au matin.

Et même à l’univers
avec ses étoiles flottantes
le silence avait
(phénomène rare)
clos les lèvres.

Et ma mère retira
sa voix qui est,
même à présent que j’ai vieilli,
une musique douce
et continue :

« Dors, mon enfant « .

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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CINQ AUTRES CHOSES (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Johann Wolfgang von Goethe

    

CINQ AUTRES CHOSES

Qu’est-ce qui m’abrège le temps ?
L’activité !
Qu’est-ce qui l’allonge insupportablement ?
L’oisiveté !
Qu’est-ce qui te plonge dans les dettes ?
Attendre et patienter !
Qu’est-ce qui engendre le gain ?
Ne pas délibérer longtemps !
Qu’est-ce qui procure l’honneur ?
Se défendre!

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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SOLITUDE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Károly Ferenczy
    
SOLITUDE

Il y a dans la solitude un charme heureux
Un sentiment dont le monde ne connaît rien
Un vert délice que chérit l’esprit blessé
Une fois retranché de ce monde brutal
Dont la joie criminelle est de railler le bien
Sa verte geôle lui procure du plaisir
La renarde ne le fuit pas les oiseaux rient
Il vit en Crusoë de son champ dont les chênes
Abritent vert foncé son méridien loisir

***

SOLITUDE

There is a charm in solitude that cheers
A feeling that the world knows nothing of
A green delight the wounded mind endears
After the hustling world is broken off
Whose whole delight was crime — at good to scoff
Green solitude his prison pleasure yields
The bitch fox heeds him not birds seem to laugh
He lives the Crusoe of his lovely field
Whose dark green oaks his noontide leisure shield

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Vivement que je sois écrivain (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Vivement que je sois écrivain.
C’est mon voeu le plus cher.

Je ne sais pas
si c’est simplement
pour être connue et célèbre,

mais je sais
que le seul fait d’écrire
me procure un sentiment de bien-être.

(Hannah Senesh)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Jusqu’à la dernière minute de la Terre (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: David Caspar Friedrich
    
Jusqu’à la dernière minute de la Terre
il y aura un homme lié à sa vie par les veines du sang
et ses tempes minces comme du papier tangueront
avec le bruit que fait la goutte d’eau sur l’évier.

La lumière luira au fond de ses yeux
comme au fond des verres que le couchant renverse
pour se survivre un instant dans le monde,
la lumière luira sans autre soutien
que la grisaille d’un visage qui avance avec la nuit.

Avec toute la beauté du monde enfouie dans un seul regard,
il fermera la bouche sur la dernière grappe de ciel,
il tendra les mains vers des murs qu’il verra reculer
et son coeur ne sera plus qu’une taupe prise au piège.

La mort ne demandera pas leurs noms
à ceux qui tomberont, las de tourner sur place :
chaque cadavre s’enfoncera lentement dans le sol
avec autour de lui une foule toujours plus haute de vivants.

Comme entre deux portes,
l’homme aura traversé son existence
avec comme seule joie celle que procure
la fraîcheur de l’air sur les lèvres.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Fait accompli (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Illustration: Nicole Brousse

    
Fait accompli

Depuis quelque temps, j’ai un talent étrange:
je sais traverser les murs, tête la première.
Ce n’est pas sorcier.

Juste une certaine aptitude corporelle (ou spirituelle?)
qui survient parfois, selon mon attitude.

Je ne peux rien en dire de particulier.
Quand le moment est venu, je sens que je peux le faire et même que je dois le faire.
Cela me procure un sentiment de puissance et de liberté.

Je ne me casse pas la tête pour savoir pour quelle raison
et dans quel but il me faut passer à travers le mur.

Je passe tout simplement,
aller-retour.
Le Fait accompli
me suffit.

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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AU THÉÂTRE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



AU THÉÂTRE

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure.
Mais en pleine avant-scène.. Oh! j’ai mal conservé
Dans ma mémoire si l’on jouait de l’Hervé
Ou du Donizelti : je n’en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
Du désir s’enfoncer dans mon cœur énervé;
Et le désir croissait, de se voir observé.
Oh! l’âpre volupté que le danger procurât

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous,
Où j’aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux
Pour te porter au lit comme un enfant qu’on couche.

Mais ici, c’était fou! Tous ces yeux à l’entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
Et ce baiser valait toute une nuit d’amour.

(Jean Richepin)

Illustration: Eva Gonzalès

 

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Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2017



 

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure,
mais en pleine avant-scène. Oh ! j’ai mal conservé
dans ma mémoire si l’on jouait de l’Heré
ou du Donizetti : Je n’en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
du désir s’enfoncer dans mon coeur énervé
et le désir croissait, de se voir observé.
Oh ! l’âpre volupté que le danger procure !

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous
ou j’aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux,
pour te porter au lit comme un enfant qu’on couche.

Mais ici, c’était fou ! tous ces yeux à l’entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
et ce baiser valait toute une nuit d’amour !

(Jean Richepin)

Illustration: Antoine Picard

 

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Il n’y a pas de passé qui resurgisse (Pascal Quignard)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017


 


 

Ettore Aldo Del Vigo -   (36)

Il n’y a pas de passé qui resurgisse
qu’il ne procure une sensation de naissance.
[…]
la joie tragique d’avoir retrouvé le perdu.

(Pascal Quignard)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Ma sœur ô mon amie (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



Ma sœur ô mon amie

Ma sœur ô mon amie je ne te connais pas
Du fond du cœur pourtant je comprends ton alcool
Moi aussi j’ai suivi ton chemin pas à pas
Et je me suis plongé dans la jouissance folle

Que procurent la brume et tous les maëlstroms
De la bière et du vin délicieux nectars
Où l’on se sent enfin redevenir un homme
Et comme toi les nuits j’ai bu jusqu’à très tard

Se dressèrent alors les aubes de douleur
Aurores de souffrance et des atroces rêves
Un jour j’ai arrêté ce parcours de malheur

Ô mon amie ma sœur j’assécherai tes pleurs
Tout comme moi bientôt tu connaîtras les grèves
Et les plages d’amour où les soleils se lèvent

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Edgar Degas

 

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