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Posts Tagged ‘prodige’

Les prodiges de la liberté (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    
Les prodiges de la liberté

Entre les dents d’un piège
La patte d’renard blanc
Et du sang sur la neige
Le sang du renard blanc
Et des traces sur la neige
Les traces du renard blanc
Qui s’enfuit sur trois pattes
Dans le soleil couchant
Avec entre les dents
Un lièvre encore vivant.

(Jacques Prévert)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Histoires
Traduction:
Editions: Folio

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Le Vent frappe à ta porte (Saint-John Perse)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018




Le Vent frappe à ta porte comme un Maître de camp,
A ta porte timbrée du gantelet de fer.Et toi, douceur, qui vas mourir, couvre-toi la face de ta toge
Et du parfum terrestre de nos mains …

Le Vent s’accroisse sur nos grèves et sur la terre calcinée des songes !
Les hommes en foule sont passés sur la route des hommes,
Allant où vont les hommes, à leurs tombes. Et c’est au bruit
Des hautes narrations du large, sur ce sillage encore de splendeur vers l’Ouest, parmi la feuille noire et les glaives du soir …

Et moi j’ai dit : N’ouvre pas ton lit à la tristesse. Les dieux
s’assemblent sur les sources,

Et c’est un murmure encore de prodiges parmi les hautes narrations du large ….

(Saint-John Perse)

Illustration

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Souvent j’ai rencontré le mal de vivre (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Souvent j’ai rencontré le mal de vivre:
c’était le ruisseau étranglé qui bouillonne,
c’était la feuille qui se recroqueville,
desséchée, c’était le cheval terrassé.

Du bien je n’ai rien su, hors le prodige
éclos de la divine Indifférence:
c’était la statue dans la somnolence
de midi, et le nuage, et le faucon très haut qui plane.

***

Spesso il male di vivere ho incontrato :
era il rivo strozzato che gorgoglia,
era l’incartocciarsi della foglia
riarsa, era il cavallo stramazzato.

Bene non seppi, fuori del prodigio
che schiude la divina Indifferenza :
era la statua nella sonnolenza
del meriggio, e la nuvola, e il falco alto levato.

(Eugenio Montale)


Illustration

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Le premier pas (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



Tu dis «je vais à ta rencontre»
et tu marches vers toi-même.
Tu coules à pic dans le matin,
tentes un premier pas.
La fin du jour est tienne.

Semence cachée,
tu entres dans le désordre de ton village.
Tu ne reconnais plus ta nudité,
ni ce qui chuchote en toi.
Tu demeures là et tu pleures,
sans royaume, sans frontière,
dans le prodige de la nuit et du renoncement.

C’est cela le premier mot,
un endroit d’herbes longues,
de vipères, de coupures sur la peau.

Rien devant toi.
Le premier pas.

(Dominique Sampiero)


Illustration: John William Godward

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Pourtant (Marc Dugardin)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018




    
pourtant
ce n’est pas un tapis la neige
et l’oiseau n’est porteur d’aucun message

il n’y a que l’hiver tout simplement
le rouge-gorge plus familier dans les jardins

rien de tout cela n’est un prodige
et nul autre que nous ne met en scène
les personnages de nos rêves

pourtant
c’est toujours une visite inattendue
qui ouvre nos yeux sur la réalité du monde

(Marc Dugardin)

 

Recueil: Quelqu’un a déjà creusé le puits
Traduction:
Editions: Rougerie

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UNE FOIS SEULEMENT (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



 

 

UNE FOIS SEULEMENT

C’était en des temps si obscurs
Que nulle mémoire profane n’en garde trace

Bien avant les images et les couleurs
La source du chant s’imaginait
À bouche fermée
Comme une chimère captive

Le silence était plein d’ombres rousses
Le sang de la terre coulait en abondance
Les pivoines blanches et les nouveau-nés
S’y abreuvaient sans cesse
Dans un foisonnement de naissances régulières

L’oiseau noir dans son vol premier
Effleura ma joue de si près
Que je perçus trois notes pures
Avant même qu’elles soient au monde

Une fois, une fois seulement,
Quelque chose comme l’amour
À sa plus haute tour
Que se nomme et s’identifie

Le secret originel
Contre l’oreille absolue révélé
Dans un souffle d’eau
Candeur déchirante
Fraîcheur verte et bleue

Une fois, une fois seulement,
Ce prodige sur ma face attentive
Ceci, quoique improbable, je le jure,
Sera plus lent à revenir
Que la comète dans sa traîne de feu.

(Anne Hébert)

Illustration

 

 

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SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Claude Monet
    
SONNET

Vent d’été, tu fais les femmes plus belles
En corsage clair, que les seins rebelles
Gonflent. Vent d’été, vent des fleurs, doux rêve
Caresse un tissu qu’un beau sein soulève.

Dans les bois, les champs, corolles, ombelles
Entourent la femme; en haut, les querelles
Des oiseaux, dont la romance est trop brève,
Tombent dans l’air chaud. Un moment de trêve.

Et l’épine rose a des odeurs vagues,
La rose de mai tombe de sa tige,
Tout frémit dans l’air, chant d’un doux vertige.

Quittez votre robe et mettez des bagues;
Et montrez vos seins, éternel prodige.
Baisons-nous, avant que mon sang se fige.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES AMANTS (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018



LES AMANTS

Chaque matin, le nu de 7H01 traverse le couloir.
Lui, de la cuisine, tourne les yeux
afin de saisir au vol cet éclair.
Le prodige accompli, les empreintes
s’évaporant sur le carrelage, il boit son café
et n’a aucun mal
à imaginer Sisyphe heureux.

(Gérard Noiret)

Illustration: Camille Hilaire

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J’admets que l’intuition (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Illustration: Isabelle Plante
    
J’admets que l’intuition raisonne et dicte des ordres
dès l’instant que, porteuse de clefs,
elle n’oublie pas de faire vibrer le trousseau des formes embryonnaires de la poésie
en traversant les hautes cages où dorment les échos,
les avant-prodiges élus qui, au passage, les trempent et les fécondent.

(René Char)

 

Recueil: En trente-trois morceaux et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sérénité (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



Sérénité

Chaque matin, le nu de 7h01 file par le couloir.
Lui, dans la cuisine, tourne les yeux
afin de saisir au vol ce prodige. L’éclair passé,
les empreintes s’évaporent sur le carrelage,
il boit son café et n’a aucun mal
à imaginer Sisyphe heureux.

(Gérard Noiret)


Illustration: René Magritte

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